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11/17
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Portrait: IKE TURNER Dossier: VOCALION  
 


Interview
JERSEY JULIE


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Son répertoire est ouvert et plonge dans les racines de la musique populaire américaine, blues, rockabilly, bluegrass, boogie…        Le mot qui s’impose est dynamisme. Son trio est explosif, un véritable concentré d’énergie.

Blues Again : Qui es-tu Jersey Julie ?
Julie : Pour l’état civil je suis Julie Beth Goldstein. Je suis née à New York en 1970 et j’ai grandi à Matawan dans le New Jersey. J’étais la plus jeune de 3 enfants. Matawan est très proche de l’océan Atlantique et de ses baies et des cours d’eau qui coulent vers de New York ; un endroit idéal pour grandir avec le mystère, l’aventure, la liberté et l’espoir.  
Il y avait là beaucoup d'énergie et des familles pleines d'enfants, d'amour et de rires. Je me souviens que les gens étaient heureux, cherchaient à faire un monde meilleur, et cherchaient à devenir eux-mêmes meilleurs. Enfant, je ne pouvais pas rester assise. J’adorais les jeux rudes, courir dans les bois et les champs toute la journée, et la nuit si possible. J’ai commencé à réaliser des productions et à chanter des chansons, à créer des ballets et jouer de mon sax pour chaque voisin dans ma rue. Je voulais divertir les gens qui rentraient du travail dès qu’ils garaient leur voiture devant leur domicile. Il y avait beaucoup d'humour dans mon quartier et les portes étaient toujours ouvertes.
J’ai perdu mon père quand j’avais 6 ans, ce qui a apporté beaucoup de tristesse dans la famille, mais cela nous a appris à être forts, rapidement. J’ai beaucoup appris sur la nature humaine, sur la vie et la mort. J’ai appris que le monde est mystérieux et enchanté. J’avais l’impression que mon père était toujours avec nous, alors je me suis dit qu'il était dans les arbres ou dans une libellule ou un nuage différent des autres. Je ne voulais pas être triste, alors j’ai fait de mon mieux pour ne pas l'être.  
Maintenant, après des années d’aventures et de voyages sur les chemins comme musicienne ou simple touriste, je vis dans le sud de la France, à Béziers. Je suis mariée à un ours tout doux du nom d’Olivier Mas, qui joue de la guitare dans le Jersey Julie Band. J’adore Béziers et la France. Je voudrais pouvoir le crier dans la rue tout le temps, mais je pense que mes nouveaux voisins et amis Français pourraient penser que je suis folle. Ils savent déjà que je suis un peu extravertie. Après 29 années à chanter aux coins des rues, j’essaie toujours de divertir tout le monde, à la terrasse de mon café favori ou ailleurs. J’aime bien dire une blague ou danser dans la rue quand je pars et que je dis au revoir aux amis.

A quel âge as-tu commencé de jouer d’un instrument ?
A 8 ans, j’ai commencé à jouer du sax alto. Un modèle d'école Buescher. J’ai adoré ce sax. L'odeur de la mallette et de la graisse pour liège et le tissu en velours à l'intérieur. J’étais à l'école et j’ai levé la main en l'air quand les enseignants ont demandé qui voulait jouer d'un instrument. On m'a donné un sax pour essayer et c’était comme si mon destin était tout tracé.

Y a-t-il un musicien qui t’a impressionnée particulièrement ?
Pour être honnête, Piotr Ilitch Tchaïkovski. Casse-Noisette m’a fait rêver et danser. J’ai écouté tout ce que je pouvais à la maison. Quand j’ai entendu le LP de Casse-Noisette et que j’ai été assez grande pour utiliser la stéréo, qu’on m’a fait confiance pour ne pas rayer les vinyles de la famille, j’ai écouté Ella, Billie, Sarah, Duke, Count Basie, la musique des Zeigfield Follies, les Beatles, les Who, Bruce Springsteen, et chaque version des classiques de Broadway disponibles. J’adorais la voix de Julie Andrews. Cela peut sembler très éloigné du blues, mais ça ne l’est pas. Le blues c’est l'interaction, le brut, l’émotionnel, la vigueur et le désir. C’est ce qui fait que la musique est incroyable. Toutes les plus belles musiques ont ça. Sans cela, il y a juste du bruit. Toute la beauté que vous trouvez dans la musique que vous entendez, conduit à d'autres musiques que vous jouez.

Qu’écoutais-tu étant adolescente ?
J’ai déjà un peu répondu à cette question, mais je dois dire qu’une fois que j’ai découvert Stan Getz, Thelonious Monk, Dizzy Gillespie, Dexter Gordon et Charlie Parker, je suis devenue une personne différente. J’ai trouvé la vraie philosophie de la vie «tout est possible, laissez votre imagination courir librement, croyez en vos idées les plus folles ».

Premier blues ou rock qui t’a marqué ?
Le premier blues-rock c’était AC/DC ‘Highway To Hell’. Mes premiers blues, une collection de chansons de Big Mama Thornton sur une bande 8 pistes. Un ex-petit ami m'a donné une cassette 20 ans plus tard avec les mêmes chansons. Je chéris cette bande. J’adore Big Mama. Je pense toujours qu'elle est l'une des plus grandes voix du monde. Elle pouvait chanter doucement, avec force ou gémir. J’espère que là où elle est maintenant, elle sait que je suis avec elle.

Quelques musiciens ou chanteurs qui font l’unanimité dans le groupe ?
Ooooh - Spike Jones, Wild Magnolias, Dirty Dozen Brass Band, MC5, ACDC, Derek Trucks, Béla Fleck, The Meters et cela ne signifie pas que nous ne passons pas des heures et des heures à écouter Fats Waller, Ruth Brown, Albert King, Muddy Waters, Son House, Charley Patton, Mississippi John Hurt, Blind Willie McTell, Curley Weaver, Nina Simone, Howlin’ Wolf, Ella Fitzgerald, Dinah Washington, Sugar Pie DeSanto, Louis Prima et Keely Smith, Louis Jordan…

Quand as-tu décidé de devenir professionnelle ?
Quand j’ai eu mon premier chèque de paie à 12 ans, 100 dollars! Jusque-là, j’espérais juste que ça arriverait un jour.

La vie de musicien est-elle plus facile en France qu’aux USA ?

Oui et non! C’est l'une des questions les plus difficiles que je ne me suis jamais posée. C’est tellement difficile d’y répondre. Je suis venue en France parce que je rêvais de m’affranchir du système américain de « ce que le succès est censé être ». J’avais plusieurs emplois, je donnais des concerts le soir, j’étais complètement fauchée et, rêver d'entrer dans le bon cercle ou le bon système semblait une telle perte de temps. Je me suis dit que je ferais mieux de vivre, mourir de faim ou mourir de froid sous un pont à Paris. A cette époque, entrer dans le jeu du music business était bien au-delà de ma compréhension. Je vivais à Chicago avec des amis exceptionnels, créatifs dans tous les domaines artistiques, mais je ne voyais pas de bonheur dans ma vie. Je suis venue en France pour ouvrir mon esprit et sans autre prétexte que réussir à me sentir mieux. La France m’a permis ça. J’ai entendu plus de musique du monde entier. Je me suis fait de grands amis. Des portes se sont ouvertes, j’ai travaillé dur. Quand après 9 mois il a fallu envisager de tout abandonner, mes amis à Paris (pour la plupart Français, Tchèques, Américains) m'ont menacé de voler mon passeport. Trois mois plus tard j’étais en tournée à travers les USA et basée à Atlanta.
Les Etats-Unis me manquent pour ce que j’y ai appris et ce qu’y apprennent tous ceux qui mettent un pied sur le sol américain, mais ici, j’ai appris à croire que la peur de ce que je suis n’a pas lieu d’être. Je me sens vraiment libre. Tout simplement, oui, la France c’est aussi bien que les Etats-Unis, mais je pense qu'ici il y a un plus. La philosophie de la France qui est bien enracinée, c’est que la vie doit se goûter, se savourer, il faut en profiter et vraiment faire l'amour. La concurrence ne m’intéresse pas, mais l’amour oui. Pour la musique, c’est ce qu’offre la France. Moins de mercantilisme et plus d'amour. J’ai besoin de ça et je pense que les gens aussi. C’est le don de la France. Je me sens vraiment sacrément chanceuse d'être ici, mais je ne dois jamais cesser d'apprendre ou ne pas stresser. Les musiciens ici sont souvent comme les meilleurs desserts qu’on puisse goûter. Tant que tout le monde joue avec le cœur, la connaissance et l'âme...
La France est au top pour moi. Et j’ajoute que je suis honorée d'être intermittente du spectacle et d'avoir des services de santé et de sécurité sociale.

Présente-nous tes compagnons de scène…
Le groupe a été un trio durant les 4 dernières années, avec des invités quand l’occasion se présentait. Le band jusqu'à maintenant est composé de mon mari Olivier Mas, Stéphane Blanc et moi-même. Soit, guitare, contrebasse, sax et chant. Les gens disent qu’on sonne comme s’il y avait une batterie, mais il n’y en n’a pas. Je danse sur une planche, je  tape du pied, Steph fait percussions et slapping à la basse et Olivier a un groove différent. Dans un bar ou un club bondé, les gens complimentent toujours le batteur. J’en ris toujours de bon cœur.
Juste avant Noël, Stéphane a dû quitter le groupe pour des raisons familiales. Nous avions commencé à enregistrer un CD et étions sur le point de commencer une tournée en Suisse et en Allemagne. Nous avons passé de nombreuses et incroyables années ensemble, nous avons eu tellement de plaisir, d'aventures et d'amitié, mais rien ne dure éternellement. Il est impossible de s’accrocher à quoi que ce soit, la vie a sa part de hasard.
Nous avons débuté la tournée et nous allons commencer un tout nouvel enregistrement dans un autre style - c’est ma façon d’aller de l’avant.
Nous avons tellement de gens formidables avec qui jouer, mais la vie sur la route est difficile et exigeante, et tout le monde ne peut pas laisser sa vie derrière lui sans quelques graves répercussions. Nous avons la chance d'avoir le fabuleux Christian Bénard en tournée avec nous maintenant et probablement en mars et avril. C’est un ange, au piano comme au chant.

Comment s’est faite la rencontre entre vous ?
J’ai rencontré Steph, qui a enregistré et tourné avec nous ces quatre années grâce à Olivier qui le connaît depuis l'âge de 23 ans. Steph achevait une tournée mondiale avec Olivia Ruiz et il était prêt à faire quelque chose de différent et à créer en dehors d'une grande entreprise de production. Olivier l'a appelé, nous sommes allés lui rendre visite à son domicile et ça a été une amitié instantanée. Nous nous sommes sentis sur la même longueur d’onde dès les premières notes. Olivier a également connu Christian à 23 ans, il a été immédiatement pour moi un grand fan et un ami. Christian nous a rejoints sur le dernier album et un bon nombre de tournées.

Comment définis-tu le style du trio ?
J’ai longuement et souvent pensé à cette question, il est facile de dire ‘Rockin’ roots, rockabilly, blues, gospel, etc’. Mais aujourd'hui, comme nous répétions certains titres, j’ai réalisé que notre style est simplement libre. Notre style est ce qui arrive quand nous sommes sur scène. Aujourd'hui en répétant et en créant de nouveaux morceaux, nous avons eu 20 choix de formes et de tempos, d’idées et de pauses et nous avons continué à jouer jusqu'à ce qu’apparaisse évident ce qui nous convenait le mieux.

Répétez-vous beaucoup…
Nous ne répétons pas très souvent. Nous avons fait des centaines de concerts et nous travaillons des choses tout le temps sur scène ou le lendemain avant le spectacle. Nous avons tous un droit de parole égal sur ce que nous faisons dans le band. Si l’un d’entre nous sent qu'il a besoin de travailler sur quelque chose ou de fixer ou de créer, tout ce qu’il a à faire c’est de dire «Hé, les gars, sortez vos instruments, essayons quelque chose». Nous sommes déterminés à « frapper hors du terrain » (‘knock things out of the ballpark’ une référence à frapper un home run au baseball - sport que j’adore).

Où et quand avez-vous fait votre premier concert ?
Le Jersey Julie Band, avec Stéphane à la basse, a donné son premier concert à l’hôtel-restaurant San Michele à Arosio en Suisse. C’est dans la vallée de Malcantone, qui surplombe le lac de Lugano. Nous avons répété deux fois avant le concert. Moi, j’avais déjà joué dans cet hôtel environ 20 fois auparavant mais là c’était un spectacle extrêmement important pour moi, cette fois je présentais mon groupe, notre groupe, pour la première fois à ‘ma famille’ dans un lieu qui était comme une maison pour moi. Si Monica Buergin, la propriétaire, n’avait pas aimé, j’aurais été sévèrement grondée, et à juste titre. Elle a été ravie! Steph et Olivier ont pris beaucoup de repères par rapport moi avec de grands sourires et nous avons fait beaucoup de chansons ce soir-là pour la première fois. Ils étaient détendus et bien reçus, et cela a été le début d'un grand cheminement pour nous trois.

Combien de concerts par an ?
Je sais que nous avons donné environ 130 à 150 concerts par an, nous avons fait plus de 550 concerts depuis 2011. Je pense que je peux en ajouter 200 depuis que j’ai rencontré Olivier fin 2009 et environ 2000 de plus depuis 2001 pour moi-même.

Parle-nous du CD ‘Goosebumps’…
Je suis vraiment fière de cette collaboration qui a été partagée sur tous les titres originaux. Juste une idée, un plan, un avis ou un mot qui mène de la naissance à l’aboutissement d'une chanson.
J’aime les paroles de ‘Hope No Gal’ et pour beaucoup de gens, nos plus proches amis et compagnons de musique, c’est leur titre préféré sur le CD, mais quand nous l’avons enregistré nous étions vraiment prêts à le jeter au feu.             Cette chanson se différencie vraiment des autres sur ce disque. Je suis toujours étonnée par ce que des gens ressentent et s’approprient de plus intime sur un CD.  
Nous avons enregistré dans deux studios différents en France, ensuite nous avons mixé les pistes par téléphone et e-mails entre la France et les Etats-Unis et nous avons masterisé à Fort Worth Floride dans la maison d'un grand ami, Marc Ward. Il apporte plus que du talent dans un studio. Un mec super, simple et honnête, et nous avons eu la chance qu'il porte autant d'intérêt à ce projet. Faire le mastering avec lui était idéal. Pas d’artifices, juste le son. L’enregistrement a été une expérience incroyable. Nous avons travaillé avec Theo Manoni à Béziers du studio Infernal Machine. Il a mis beaucoup de cœur et d’âme dans notre enregistrement, et il a récupéré certaines pistes endommagées de notre premier studio à Mazamet. Manoni est pour moi un super ingénieur du son, doté d’une grande patience et d’un grand talent. Le CD s’est appelé Goosebumps (Chair De Poule) parce que c’était le plus merveilleux commentaire qui revenait toujours du public. Nous avons donné le frisson aux gens, fait qu’ils se sentent vivants et envie de danser.

Quand tu te retournes sur ton parcours, quels souvenirs reviennent ?
C’est une question difficile! Les souvenirs se bousculent dans ma tête. En voici quelques-uns parmi les meilleurs.
Tout d’abord, j’avais 8 ans et on m’a dit que j’étais née pour jouer du sax, je suis rentrée en courant à la maison et en faisant la roue et là, tout le monde m’a dit aussi que c’était une bonne idée. Ensuite à 16 ans, ma mère m’a fait la surprise en m’emmenant à New York pour m’acheter mon premier sax professionnel. Chez International Music sur la 47ème rue. Ils m’ont mis dans une pièce avec des centaines de saxophones et j’ai pu les essayer tous jusqu'à ce que je trouve le mien. Plus tard, à 37 ans, je chantais sur scène et quand après j’ai entendu la foule se déchaîner, j’ai senti comme un passage d’étoiles filantes. Et puis j’ai eu le bonheur d’entendre deux de mes héros dans le blues, Cootie Stark et Cora Mae Bryant, m’encourager alors que j’étais sur scène.
Mon pire souvenir a été de me sentir vraiment seule après 3 ou 4 ans sur la route (je jouais beaucoup avec des musiciens à travers les Etats-Unis et l’Europe, mais j’étais seule), quand avant un spectacle, dans la salle de bains j’ai été submergée par l'anxiété et la nervosité. Je ne pouvais même pas passer une brosse dans mes cheveux. J’étais pétrifiée, avec un grand sentiment de solitude. Puis je me suis souvenue des paroles de sagesse d'une guérisseuse. Elle m'avait dit de parler aux gens qui me manquaient et aux disparus qui m’étaient proches. Il m’est revenu qu'ils étaient toujours avec moi. Je me suis calmée, je suis allée sur scène et c’est ce soir-là qu’il y a eu les étoiles filantes.

Il y a sûrement eu de belles rencontres…  
Nous sommes traités comme des membres de la famille, on se sent vraiment aimés partout où nous allons. Que demander de plus. Je suis honorée par tout l'amour et la bonté que nous donnent à moi et au groupe les gens dans le public, sur la route, les propriétaires de salles, les organisateurs de festivals. Jouer de la musique pour vivre vous ouvre vraiment le cœur, si vous êtes prêt à recevoir toute l'excitation positive des auditeurs. J’entends beaucoup de compliments et d’histoires sur la façon dont un concert a changé la vie des gens lors d’une soirée incroyable, les avoir fait se sentir vivants et avoir dansé pour la première fois depuis 10 ans ou plus. J’ai un livre d'or qui se trouve à côté des CD mis en vente, il est rempli d’invitations à la maison et aux concerts, il est plein d’éloges pour le groupe, le spectacle et la musique. Le contact et les rencontres il n’y a que ça de vrai.
En ce moment nous sommes au sommet de montagne au-dessus de Lugano, un bel endroit (NDLR : l’interview s’est faite à distance). Nous sommes ici pour jouer à une fête d'anniversaire pour le propriétaire d'un grand hôtel restaurant. Il nous a demandé d'être ses invités pendant quelques jours avant la fête. L'hôtel est fermé et nous pouvons nous balader en pyjama et jouer de la musique toute la journée et regarder le soleil se lever sur le lac. Une pause agréable avant de charger notre bazar et parcourir la Suisse pour le dernier week-end de la tournée.

Quels sont les projets du groupe pour les mois à venir ?
Nous avons commencé l'enregistrement d'un CD et nous avons encore beaucoup de chansons, donc je pense que nous devrions continuer à enregistrer et peut-être faire un double CD de chansons en duo avec d'autres grands amis musiciens. J’aimerais embaucher quelqu'un pour nous aider à trier ce qui est paru dans les médias - photos, vidéos, coupures de presse. Nous avons beaucoup de travail à faire dans ce domaine ; il est très difficile de se concentrer sur tout un dossier de presse quand on a plus de bonheur à écrire et à jouer de la musique. Et puis les tournées continuent, bientôt nous irons jouer au Luxembourg et aussi en Pologne ce qui est vraiment un rêve pour moi.

Quels sont tes hobbies en dehors de la musique ?
J’aime regarder l'Atlas pendant des heures chaque semaine. J’aime acheter des tableaux et visiter des galeries d'art. Je suis une fanatique de cinéma. Je suis encore revenue à Hitchcock, ces derniers temps. J’adore bricoler... lampes brisées, planches disjointes, raccords de peinture, des choses qui ont besoin d'huile. J’aime le sport... tennis, natation, yoga, stretching, danse, pilates. J’ai trouvé le moyen d’en faire beaucoup l'été dernier et me suis promis de ne jamais plus perdre cet entrain ... mais depuis deux mois mon sport préféré c’est dormir entre les tournées. J’ai un peu honte, honnêtement. Je dois retrouver mon ‘Go Go Power'. Avec Olivier nous allons être  en vacances aux Etats-Unis pendant un mois et nous serons dans une classe de yoga et ferons du sport tous les jours. Il est prêt, même si le mot yoga lui donne des démangeaisons.

Pour le groupe, quel serait le rêve le plus fou ?
Le rêve le plus fou, être sélectionnés pour jouer dans le premier festival annuel mondial de la paix, parce qu’il n'y aurait plus de guerres dans le monde.
Sans mentir, je mourrais de bonheur si je décrochais un Grammy Award. J’aimerais que nous apparaissions dans un film de Woody Allen et qu’on recommande à Tarantino de nous appeler pour sa prochaine bande son originale. Ou encore, qu’une de nos chansons soit découverte par une grande agence de production qui nous ouvre la porte vers le sommet des charts et faire un pont vers d'autres genres musicaux, ce serait merveilleux.
Sérieusement, rendre le blues fort, rendre les autres musiciens qui sont en tournée et qui jouent le blues plus forts, et faire de la musique vivante et passionnée, et ne pas jouer seulement des standards. Y a-t-il quelqu'un qui puisse encore écouter la radio commerciale actuellement ?

Penses-tu un jour arrêter ou quitter la scène?
Etre sur scène toute une vie c’est dur mais j’adore ça depuis que je suis enfant. Depuis toute petite on m’a dit de persévérer. Ce sont des musiciens chevronnés, interprètes et acteurs qui m’ont dit ça dans les coulisses pendant que nous étions tous en train de nous maquiller et nous habiller pour un grand numéro de danse. Ils se produisaient à New York et dans le New Jersey, et disaient des choses comme « Kid, tu as ce qu'il faut, ne perds jamais ton point de vue super positif sur la vie ». Le nom de Jersey Julie m’a été donné par un groupe  de personnes de 50 à 60 ans  qui s’était pris d’une grande affection pour moi dans les clubs de Chicago. Vous vous donnez cœur et âme pour apporter l'amour et la chaleur dans une salle, vous donnez tout ce que vous pouvez, une sorte de magie et de célébration de la vie - un grand bonheur tout en acceptant le blues et la tristesse. Mais être sur scène et faire la route se paye au bout de nombreuses années. Les choses partent en lambeaux et vous risquez de vous éreinter, de perdre de l'énergie. Ce n’est jamais bon pour personne. Je trouverai bien toujours un moyen pour garder la forme, cependant parfois on a besoin d'une pause pour réparer les lampes brisées et refaire les parquets, pour se revivifier. Un peu de nettoyage de printemps et de bricolage maison c’est bon pour l'âme, pour tout le monde.

Gilles Blampain – Janvier 2015
www.jerseyjulie.com