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05/18
Chroniques CD du mois Interview: KING KONG BLUES Livres & Publications
Portrait: sNOOKS EAGLIN Dossier: SUN RECORDS Dossier: BORN TO BE A BLUESMAN
 


Interview
jerry t & the black alligators


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blues electrique bazar
BLUES neal black
blues jerry T
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Delta, swamp, Chicago, un soupçon de folk et de psyché… C’est avec la passion du style et le respect des anciens que le band envoie un blues sans retenue.
 

Blues Again : Faisons les présentations…
Jerry T : Je viens de région parisienne. Un port d’attache je n’en ai pas vraiment car depuis que j’ai 10 ans j’ai beaucoup déménagé, plusieurs régions, Nord, Centre, Sud. Mais disons que je me suis retrouvé chez moi quand j’ai habité dans le 78,BLUES jerry T et désormais dans le 92 qui est un endroit qui me plait bien. Nous répétons à la MJC de Rambouillet, c’est là, la vraie tanière des Black Alligators. J’écris, je compose, et j’arrange les morceaux pour le groupe. Je m’occupe des fiches techniques, supports de comm’ et démarches aussi. Nous sommes 6 membres. Nicolas à la basse, qui pratique la musique depuis des dizaines d’années, dans des sections rythmiques toujours irréprochables sur plusieurs styles. Fabien à la batterie, le dernier arrivé dans le groupe, suite à David qui est parti dans le sud pour des raisons professionnelles et qui est toujours notre ami. Fabien est aussi auteur et compositeur avec le groupe Onde, dans un registre pop/rock à la Française, et ses inspirations se ressentent également dans sa façon de faire de la batterie, ce qui est intéressant de pouvoir inscrire dans nos compositions blues. M Eric Jemm’s, saxophoniste de talent, avec une assise plus jazz qui vient lui aussi ajouter des couleurs différentes à notre répertoire. JP Harmo, harmoniciste depuis … pfou là ! 25 ans, et plus peut-être. Il a appris son instrument aux côtés des plus grands (Greg Zlap…) et est un mordu des jams en région parisienne, en France, et même partout dans le monde. Ensuite, M. Alex, tout simplement un des meilleurs guitaristes que je connaisse, un véritable amoureux passionné de l’instrument et capable d’en sortir le plus beau. Et pour finir, moi-même, Jerry T. au chant et à la guitare. J’ai fêté mes 10 ans de blues, de compositions et de concerts en novembre dernier.

Comment as-tu été accroché par le blues ?
Ah, la question du blues. C’est un livre qu’il me faut écrire pour te raconter cette histoire. Mais pour faire simple, fan de rock, et surtout de son image dans le show (le show c’est le plus important), et notamment des figures mythiques du combat contre le diable. Les légendes de Robert Johnson ou du Club des 27, rassemblant les plus grandes âmes de la musique occidentale. En gros, sous l’impulsion de films et de titres s’inspirant de ces légendes, j’ai démarré l’instrument à 20 ans. Sans aucune expérience, sans aucune éducation musicale, rien, juste la passion de ces plus grands titres. Puis le blues s’est très vite naturellement imposé à moi puisque c’est le seul type de musique où je prenais vraiment du plaisir à jouer/découvrir/interpréter. La découverte de Jimi Hendrix, puis de Stevie Ray Vaughan, Jack White, Buddy Guy et vraiment : John Lee Hooker, Muddy Waters et Howlin’ Wolf (qui pour moi sont les 3 plus grands tout court). C’était fini. C’était le blues. Un point c’est tout.

Comment le groupe est-il né ?            
J’avais écrit quelques compositions, que j’essayais d’incorporer dans des groupes de reprises avec qui je jouais. Puis, l’envie de prendre le temps de travailler ces compositions, d’en faire quelque chose et de leur donner une âme a été plus forte que le reste. J’ai quitté les précédents groupes. Et j’ai tout simplement mis une annonce sur des forums bien connus de musiciens. Et là, le miracle a opéré : une section rythmique me tombe directement dans la bouche.
David et Nico, 10 ans d’expérience de jeu ensembles sur différents projets. Des affinités, une entente unique entre eux, et une envie : celle de composer, avec un intérêt pour le blues et prêts à faire confiance à un petit jeune prêt à mouiller la chemise. Tout à démarrer comme ça. Je me souviens qu’on a beaucoup discuté avant de lancer quoi que ce soit, pour être sûrs du cadre du projet, tellement je ne croyais pas possible d’avoir l’occasion « juste comme ça » de jouer avec une section rythmique expérimentée et motivée par le blues.

Depuis quand le band existe-t-il ? Qui imprime la couleur musicale ?
Nous avons démarré avec David et Nico en Juin 2014. Sous la forme d’un power trio. Et ça a été comme ça la première année, avec quelques ajouts de musiciens que nous avions chacun en ami perso, qui venaient se greffer au projet quand c’était possible. Jusqu’à ce que ces amis, deviennent des membres à part entière. JP Harmo, puis Mr. Alex, Puis Eric Jemm’s. Ensuite David est parti dans le Sud, et nous avons fait entrer Fabien qui était déjà un ami. Donc le projet a vraiment pris forme au fil des années, et des lives. Cela fait maintenant 2 ans que la formule reste la même. Pour la couleur musicale, dès le début avec David et Nico puis à chaque entrée de musicien nous avons mis les choses au point : Pour toi c’est quoi le blues ? C’est quoi le son du Mississippi, le son de Chicago ? OK. Le son de Jerry T. & the Black Alligators, c’est ça, ça, ça. Les inspirations possibles c’est ça, ça, ça. Si les règles te vont, ça roule, sinon, pas la peine de travailler ensemble.

blues jerry T

Pourquoi le choix de ce nom ?
Au moment de démarrer ce projet, j’avais déjà fait la démarche de me trouver le nom de scène. Jerry T. J’ai été « baptisé » lors de mon premier voyage dans le sud des États-Unis, dans un bar de New Orleans, où le petit frenchy, jeunot tout coincé, a fini par mettre l’ambiance et faire chanter tout le bar avec juste une guitare acoustique et son chant. Le même soir, j’apprenais que « Jérôme » en anglais, ça se disait « Jerry ». C’était fini pour moi.
Puis, comme la tradition du blues le veut, la section rythmique doit se trouver son nom toute seule : The Teardrops, Double Trouble, The Blues Breakers, The Blue Team, etc…
Les deux membres de cette section rythmique originale David et Nicolas se sont donc mis d’accord pour trouver un nom. D’une part Alligator Blues, de l’autre The Black Dogs. Ne pouvant se décider sur ces deux derniers noms, on a coupé la poire en deux : The Black Alligators étaient nés. Et le meilleur, c’est qu’on en était encore seulement au stade des discussions, de se voir autour de quelques bières sur plusieurs rendez-vous, pour être d’accord sur le contour du projet. On n’avait même pas encore joué ensembles. C’est ensuite Nico et David qui ont voulu que l’on s’appelle Quelque chose And the Black Alligators. Je n’assumais pas trop ça à l’époque, depuis j’ai appris. Vu que je venais de terminer l’enregistrement de mes premières compositions en acoustique sur l’album produit et nommé Jerry T – The Roots » (tiré à 100 exemplaires, et à oublier complètement). On a choisi Jerry T. & the Black Alligators. Le nom est totalement dans l’idée et dans l’image que nous voulions développer. On a aimé ça tout de suite, et aujourd’hui, le nom nous inspire même encore plus.

Quelles ont été vos influences ?
Le travail de Robert Johnson, Muddy Waters, John Lee Hooker, Howlin’ Wolf et surtout Buddy Guy et son travail sur la dynamique et les nuances de la section rythmique sont la base de nos inspirations. La base de Jerry T. & the Black Alligators, pour composer, c’est tout cet esprit. Ensuite, chacun y apporte sa propre touche : Maceo Parker pour Eric Jemm’s. Greg Zlap, Brandon Santini et Sonny Boy Williamson II pour JP Harmo. Mark Knopfler ou Albert Lee pour Mr. Alex. Jean Louis Aubert et Bertignac pour Fabien. Calvin Russel, ZZ Top, et les Floyd pour Nico. Puis Jimi Hendrix, Gary Moore, et Buddy Guy comme exemples à la guitare pour moi. Et Son House, Muddy Waters, et John Lee Hooker pour le chant.

Où et quand avez-vous fait votre premier concert ?
Le premier concert c’était au Garden Ice Café de Montigny le Bretonneux, 3 mois après avoir vraiment démarré les répètes. Un endroit qu’on aime beaucoup. Tout s’est toujours super bien passé au Garden, qui affiche toujours plein à chaque concert que l’on y fait. C’est un peu devenu l’extension de notre salon, on s’y sent chez nous et on y est bien pour faire de la musique. Pour ce premier concert, David a eu un empêchement, c’est finalement juste Nico et moi en tant que musiciens du groupe et puis JP Harmo et Mr. Alex en guests qui n’ont pas joué sur tous les morceaux. Le tout sans batterie. Il s’en était dégagé une atmosphère particulière. Le fait de jouer sans batterie on avait déjà un peu les pieds dans le Mississippi. T’es à poil, sans rythmique, sans « maquillage » musical, donc on ne peut pas en faire trop, et il s’agit de faire ce que l’on sait faire. C’était beaucoup de guitare acoustique à l’époque, et du coup la couleur musicale était déjà proche du blues du Delta.

Maintenant combien de concerts par an ?
Maintenant, nous en sommes entre 12 et 15 concerts par an avec le groupe. Ensuite, chacun à des projets, des concerts, desblues jerry T jams à l’extérieur du groupe. Par exemple JP traine toujours dans les jams ou est invité en guests sur d’autres concerts. Alex, Fabien et Eric ont eux-mêmes d’autres projets qu’ils font vivre aussi. Moi, je joue parfois dans le métro pendant l’année, et dans les rues des villes du Sud en été, Cahors, Avignon, Millau, en plus d’avoir des occasions de faire des lives acoustiques en solo/duo. Donc le compte total est un peu vague, mais en ce qui concerne les Black Alligators au format habituel, c’est entre 12 et 15. On ne s’appartient pas, nous sommes des amis, et nos vies personnelles représentent un haut niveau de priorité pour chacun de nous. Par contre quand il s’agit de se retrouver pour un live, environ une fois par mois donc, en plus de la constance de présence et de travail pour les répètes, puis quand on a l’occasion de se monter une virée ou des évènements particuliers autour de notre association dont nous faisons tous partie. On donne tout pour ces moments !

Quelle a été votre plus belle expérience sur scène ?
Nous avons eu l’occasion de faire des belles scènes, des bons shows, avec des associations, des festivals de différents moyens. Mais rien ne remplace un concert plein à craquer de gens qui ont fait le déplacement pour venir voir le groupe. L’ambiance est complètement différente, et c’est dans ce moment-là qu’on se rend compte que la musique parle aux gens, et qu’en plus ils nous le rendent. On a même eu l’occasion de faire des beaux featuring sur scène, lors de nos concerts. Mais le plus beau jusqu’à maintenant, ça a été au Nouvo Cosmos de Paris XIII, cet endroit qui devient progressivement un des lieux incontournables du blues parisien. Le resto était plein à craquer pour un de nos lives, tellement plein, que trop de gens avaient réservé pour manger, l’équipe a dû aller chercher les tables et les chaises de la terrasse dehors pour les mettre, quasiment jusque sur la scène. Le bar était plein, et à l’entrée, les gens s’agglutinaient encore. Ça dansait, ça bougeait, c’était la folie. Les responsables de l’endroit nous ont dit n’avoir jamais vécu ça… et c’était la même chose pour nous. C’était grandiose, un vrai jukejoint plein de groove, de transpiration, et de sourires. Là on s’est dit qu’un jour on pourrait faire des salles un peu plus grosses et que les gens seraient au rendez-vous pour une expérience de dingue. Là, on s’est senti écouté et entendu avec notre musique et notre show. Puis… la même chose s’est répétée au Pitchtime, puis à l’Utopia. Des endroits uniques dans leur genre. La plus belle surprise, la plus forte expérience, c’était au Cosmos.

En quoi la scène est-elle indispensable ?
Je viens de développer un peu la réponse dans la question précédente. Mais, pour nous, le live, c’est le show, c’est la rencontre avec le public, c’est là où on peut dépasser le cadre juste des notes et des paroles. Amener avec nous les gens dans une histoire que l’on choisit de raconter, de proposer un contexte unique, au service du show, du son, et de l’ambiance. Le tout, bien sûr en direct avec les émotions du public. La scène c’est indispensable, magnifique, obligatoire. Puis, c’est là que l’on s’éclate le plus.

3 ou 4 musiciens de référence qui font l’unanimité dans le groupe ?
Muddy Waters et Buddy Guy, en gros la ligne directrice c’est eux. C’est tout simplement les meilleurs, avec tout ce qu’ils ont apporté de richesse et de puissance au style. John Lee Hooker aussi. Pour ses boogies que tout le monde dans le groupe aime.

Comment définirais-tu le style du groupe ?
Jerry T. & the Black Alligators, c’est du blues. Pur Blues, à la Française car nous sommes tous français et donc naturellement une partie de nos inspirations viennent de cette culture. Mais au-delà de ça, c’est la passion de ce style, et le respect de ses plus grands artistes, voire de cette philosophie, qui nous inspirent. Nous faisons du blues à la Jerry T & the Black Alligators, très empreint de Delta et de swamp, une partie de Chicago, une touche de British, et saupoudré de folk et de psyché. Le tout, interprété « avec liberté ». Le blues quoi.
Blues Again nous a qualifié de « Blues Débridé », et on aime beaucoup l’idée !

Comment est né le dernier CD Unleash the Beasts ? 
Les compositions… j’écris constamment, des grilles, des paroles, sur ce qui m’entoure et m’inspire. Vie de tous les jours, amours, déblues jerry Tceptions, petites ou grandes histoires, légendes, politique etc… Donc souvent, je ramène des nouveaux titres en répète. Une grille, un texte… peu importe. Puis chacun y apporte ce qu’il a à apporter. Tous les musiciens sont déclarés et co-compositeurs sur l’album. Et quand on fait tourner un morceau en répète, on sent bien ce qui le fait et ce qui ne le fait pas. Si besoin, on refait quelques arrangements, et si c’est bon pour être présenté au public, on y va. Sinon, il faut se rendre à l’évidence et passer à autre chose. C’est la même démarche pour les reprises. Du coup, lorsque One Last Before I Go est sorti, un an avant Unleash The Beasts, on venait d’intégrer au répertoire ‘I Put a Spell On You’, et ‘The Blues Had A Baby’. Notre version de ‘Voodoo Child’ était en gestation, et les évènements que je vivais m’ont fait écrire ‘Lovin’ In Vain’, ‘3 Girls On The Fryin Pan’, ‘I Wish I Could Freeze The Time’ et ‘When You Look At Me’ en peu de temps. On avait déjà la matière pour faire quelque chose de nouveau rapidement. Résultat : un an de travail sur ces arrangements, nouveaux titres, et compositions. Nous avons retravaillé avec Jeremy Bernard notre ingé-son avec qui nous avons l’habitude d’expérimenter les nouveaux records, et nous sommes allés démarcher les studios. Avec 3500 euros, le compromis ne se fait pas forcément pour le meilleur, en termes de temps, de qualité, et de mix. Mais c’est comme ça que nous voulions aller au bout de ce projet, à l’état actuel de notre parcours. C’est finalement le Studio Melodium à Montreuil qui nous a tendu la main et où nous avons eu une expérience inoubliable. L’album est autoproduit. C’est notre association « Les Ecailles du Blues » et mon entreprise « Jerry T Soundz » qui produisent et distribuent l’album. Il est à noter un travail important de la part de nos amis photographes, autour des projets photos et développement de notre univers. Cette fois, le thème a été la liberté, et la notion d’« Unleash » et donc de relâcher, découvrir sa liberté, et laisser exploser son potentiel. Sous la forme des bagnards, avec tous les clins d’œil que chacun veut bien y lire. Nous les remercions d’ailleurs encore une fois, nos photographes, qui nous ont permis de développer une image au plus juste de ce que nous souhaitions développer sur cet album.

Parle-nous un peu de tes belles rencontres depuis que le groupe se produit sur scène ?
Ah les belles rencontres ! Le blues c’est ça ! La rencontre de quelqu’un, qui vient s’intégrer, dire ce qu’il a dire, sur une matière qui ne lui appartient pas forcément, qui vient partager, et proposer sa propre personnalité et toujours avec respect. Avoir l’occasion de vivre ça, c’est super.
C’est un autre livre qu’il faut que je t’écrive là-dessus. Mais, un jour, alors que nous faisions un petit live dans le 12ème, un bluesman de Chicago (que j’avais été voir lors de son premier passage en France quelques jours plus tôt) débarque dans le fond de la salle. Au break, je me présente et il me demande d’emblée si on peut jouer ensemble. Suite à la jam avec les musiciens qui avaient fait le déplacement, j’ai fini par l’inviter sur scène. Il s’en est suivi 45 minutes absolument inoubliables. Il s’agit de Ladell McLin, qui joue à la Hendrix et qui maitrise le blues comme peu. C’était un honneur, rien que de le voir débarquer dans le fond de la salle. Mais alors, ces 45 minutes de live c’était grandiose. Il y a eu plusieurs suites à cette histoire, Ladell et moi nous sommes bien entendus, et nous avons eu l’occasion de réitérer ce partage de scène à l’Utopia (notamment pour un ‘Catfish Blues’ qui a fini dans un duel de guitares vraiment mémorable). Nous avons fait un live acoustique, en duo, typé Delta blues etc… Ensuite, j’ai eu plusieurs autres occasions de jouer sur scène dans des situations incroyables et enrichissantes. J’ai fait plusieurs voyages dans le sud des Etats-Unis, avec les membres de l’association France Blues, sur des voyages que je finance moi-même. Je me suis retrouvé dans des scénarios bluffants : jouer avec les membres de Cotton Belly’s, Vicious Steel, et Heather Crosse and the Heavy Suga à Clarksdale. Interpréter des titres de John Lee Hooker avec Sib et Heather Crosse de nouveau au Ground Zero, club Mythique du Delta du Mississippi. A Chicago, au jukejoint B.L.U.E.S, Corey Denison est venu chanter sur le ‘Stormy Monday’ que j’avais commencé. En Croatie, je suis monté sur scène devant 4000 personnes pour participer à un morceau avec Sunnysiders un groupe Croate plébiscité. Le même soir, j’ai eu l’occasion de jammer avec Eric Sardinas qui était en tête d’affiche de ce festival. A Montréal, j’ai pu jouer avec Alec McElcheran, bassiste qui intègre les groupes les plus prestigieux au Canada. Cette année, l’occasion de croiser quelques notes avec Aurélien Moro suite à leur expérience de Memphis, et surtout quelques jours plus tard nous avons eu l’occasion de jouer avec Mr. Sipp lui-même, dans son club de Magnolia dans le Mississippi. Tout ça, sur présentation de l’album et discussion autour du blues et de notre univers. Nous sommes friands et heureux de pouvoir faire ces échanges et ces partages. On verra ce que la suite donne !

Quels sont les projets du groupe pour les mois à venir ?
Coté album, on se calme un peu cette fois. Les 4 premiers The Roots, Down By The Swamp, One Last Before I Go, et Unleash The Beasts, ont été faits en 4 ans. Avec une cadence de un par anblues jerry T. Le prochain, on souhaite vraiment pouvoir prendre notre temps, et faire une belle production. Donc pour l’instant, pas d’album en cours, bien que certains titres soient déjà écrits (et commencent même à être rôdés en live, mais shhht !). Niveau projets, on a monté notre première vraie virée à six hors de la région parisienne, direction le Mont Dore pour plusieurs lives fin mars. Avant de revenir s’occuper de projets photos autour du groupe qui nous tiennent à cœur pour le mois d’avril et le mois de mai. Quelques concerts sont déjà prévus également sur cette période, et nous espérons ficeler une nouvelle virée dans le sud pour le mois de juillet. Mais tout n’étant pas concret, on n’en parlera pas plus pour le moment. Puis, des pistes pour des choses intéressantes pour la seconde partie de l’année, et même – déjà – début 2019. Stay tuned for more !

Quels sont tes hobbies en dehors de la musique ?
Je suis passionné par l’histoire de la musique, et en particulier l’histoire du blues et du rock, jusqu’au metal. Comme si je cherchais la réponse à « comment on en est arrivé là dans la musique mainstream aujourd’hui ? ». Et je choisis de porter la culture du blues en dehors de la scène : j’anime des émissions de radios, j’écoute et je chronique des albums, je fais partie de quelques medias francophones sur internet et papier pour lesquels j’écris, j’interview et je rencontre des artistes. je choisis de les mettre en avant parce qu’ils le méritent, et que cette culture musicale mérite tant d’être mise en lumière. Avec la déontologie nécessaire pour ne pas tout mélanger, je ne promeus jamais mon propre projet quand je choisis de mettre en lumière les autres. Parce que bien souvent, ils méritent tant, et même bien plus encore ! Je suis aussi passionné de photo, de cinéma, de culture de manière globale. Et surtout lorsqu’il s’agit de légendes au caractère bien prononcé.
 
Un lieu de prédilection où tu aimes te retrouver… 
The Goddamn Mississippi ! Les pieds dans la boue, à poil, avec une guitare à 4 cordes. T’as rien et tu dois te mettre à l’épreuve à chaque instant pour te prouver que tu existes. Lucky Peterson m’a un jour dit : « Le blues c’est la vie », et je le crois tous les jours qui passent. Mais on comprend encore plus pourquoi le blues c’est la Vie quand on est dans le Mississippi. Ça fait trois fois que je vais me perdre dans ces contrées et rencontrer les gens et l’esprit local. Comment toute cette culture a pu émerger de cet endroit scarifié ? À la fois je ne me l’explique pas, et à la fois, il suffit de respirer l’air du Mississippi pour s’en rendre compte. La vie et tout ce qu’elle a de bon comme ce qu’elle a de mauvais est contenu dans le blues. Et tout ça a été mis en mots et en notes là-bas. Chaque voyage me parait être le seul et le dernier.  Puis finalement… je finis toujours par y retourner.

Derniers coups de cœur musicaux…
Walter Trout ! Son dernier album est fabuleux. Le dernier album de Samantha Fish est très bon aussi. Et le Black Coffee de Bonamassa et Beth Hart est grandiose (ultra produit bien sûr et avec des moyens défiant tout le reste, mais grandiose !).blues jerry T
Les Cotton Belly’s, Manu Lanvin, et Gaelle Buswel pour les Frenchies. C’est le top !
Et attention, tôt ou tard, le monde du blues à la française ne voudra que lui : Kingfish !

Pour le groupe, quel serait le rêve le plus fou ?
Le rêve le plus fou du groupe, est écrit dans les bases du projet depuis le début : faire la première partie d’un grand bluesman. Que ça prenne le temps qu’il faut ou que ça se fasse à l’arrache d’une manière inattendue. Notre but c’est ça. Quand je vois des groupes comme Gaelle Buswel ou Flo Bauer qui ouvrent pour Jonny Lang, Bobby & Sue en première partie de Samantha Fish. Mountain Men qui ouvrent pour Paul Personne ou Manu Lanvin qui se retrouve sur scène avec Fred Chapelier ou Greg Zlap… Ce sont des exemples pour nous. Toute proportion gardée bien sûr, dans un rythme qui sera ce qu’il sera, notre rêve c’est ça.

Un dernier mot…
Au plaisir de vous retrouver en live, on vous attend, et... ÇA VA CHIER ! Autour du Blues, et d’une soirée comme on les aime, dans une ambiance comme il faut.

Gilles Blampain – mars 2018

https://jerrytandtheblackalligators.bandcamp.com/

blues jerry T