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09/17
Chroniques CD du mois Portrait: WILLIE MABON Livres & Publications
  Dossier: EXCELLO RECORDS  
 


Interview
JEFF TOTO blues


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Blues, rock, soul, avec une réelle aisance sa voix caverneuse et légèrement râpeuse fait swinguer ses mots dans une belle envolée et le rythme des mots va de pair avec la pulsation des notes.

Blues Again : Qui es-tu Jeff Toto ?
Jeff Toto : Tout d’abord bonjour et merci pour l'intérêt que vous portez à mon Blues. Je m'appelle Jean-François Thomas, Jeff Toto Blues sur scène, en rapport avec mes deux surnoms d'enfance, Jeff et Toto. Je suis né en Haute-Loire à Brioude en 1960 et j'ai grandi à Saint-Paulien, petit village pittoresque, toujours dans le 43. J'habite actuellement au lieu-dit Blannat, sur la commune de Domeyrat, en Haute Loire, dans une ferme de mes grands-parents paternels que nous avons faite rénover, ma femme et moi, depuis maintenant 15 ans. C'est un lieu idéal pour le calme, la quiétude et la tranquillité, à côté d'une rivière et surtout à 2 heures de Lyon, de Montpellier, 4 heures de Paris et de Bordeaux. Un véritable crossroads.

Parle-nous de ton éveil à la musique…
En fait j'ai commencé la guitare assez tard vers 16 ans quand j'étais animateur de centres de vacances. Puis ensuite j'ai fait du bal en Haute-Loire au début des années 80 avec mon groupe « Vent d'Est » ou l'on jouait des reprises de Téléphone, ACDC, Foreigner, Bijou, Deep Purple...  Après j'ai joué dans diverses formations de chansons françaises (Bain de minuit, Eclipse...) avant de me lancer définitivement dans le Blues que j'ai découvert véritablement en 1993 grâce à un cuisinier d'une colonie ou je travaillais.

Te souviens-tu du premier blues ou rock que tu as entendu ?
Oui c'était du AC/DC avec ‘The Jack’ et ‘Ride On’. Une claque. Ensuite j'ai découvert le blues avec Stevie Ray Vaughan et son ‘Mary Had A Little Lamb’, puis tous les standards et les bluesmen américains à l'instar de Muddy Waters, John Lee Hooker, Robert Johnson...

Quelles ont été tes principales influences ?
Mes influences sont multiples car étant jeune, mes parents regardaient les émissions de variétés à la TV avec Mike Brant, Sardou, Eddy Mitchell, Alain Barrière, Serge Lama et ensuite pendant ma période en faculté de Sciences Economiques, j'écoutais du Pink Floyd, Kansas, Styx, Foreigner, Pat Benatar, Chris de Burgh, America, Deep Purple et tant d'autres. C'est donc un mélange de tout ça qui fait que l'on qualifie mon blues de « Cocktail Blues ».

Quels musiciens entrent dans ton panthéon personnel ?
Je citer ai bien sûr Eric Clapton et Stevie Ray Vaughan sans hésiter et Cabrel et Lavilliers pour la chanson française.

Où et quand as-tu fait ton premier concert ?
Mon premier vrai concert je m'en souviendrai longtemps. Je faisais la première partie des Garçons Bouchers, en solo acoustique à Brives Charensac en Haute-Loire en 1997. Un moment de trac et mon premier vrai concert en Blues band, c'était la première partie de Patrick Verbeke en Lozère à Ispagnac en Février 1999 suivie de très près par la première partie de Tommy Castro à St Chely (Lozère) en Avril 1999.

Et maintenant, combien par an ?
Avec mon boulot de prof, j'essaie de combiner les deux, mais je fais environ 80 concerts par an. J'attends la retraite pour en faire beaucoup plus.

En quoi la scène est-elle indispensable ?
En fait c'est le contact avec le public qui me plaît et qui me manque vite. J'adore communiquer et la scène est vraiment idéale pour ça. Chanter mon blues en français devant un public qui répond, ça n'a pas de prix. Surtout quand les amis viennent te voir en concert et que tu partages ces moments magiques avec eux. La journée qui suit un concert est remplie d'étoiles dans la tête et le cœur. Un moment où tu as l'impression de flotter entre fatigue et bonheur.

Tu as dû faire de belles rencontres depuis que tu te produis sur  scène…
En fait mes plus belles rencontres, hormis les premières parties d'artistes français et américains (Lavilliers, Blankass, Fred Chapellier, Verbeke, Tommy Castro, Big Ed Sullivan, Colin Jones...), c'est ma rencontre avec les musiciens de Los Angeles et plus précisément Kelly Zirbes et Perry Robertson et tous les musiciens qui gravitent autour d'eux. C'est devenu ma famille américaine maintenant. Il y a également le bluesman californien Jim Roberts avec qui j'ai fait une tournée en duo acoustique, en avril de cette année en France. Un superbe souvenir avec un musicien de talent. En Californie j'ai pu côtoyer les musiciens d’Eric Burdon (Animals), le guitariste de Marianne Faithfull, Joan Baez, Sting entre autres et tant d'autres. Ce sont des artistes humbles et qui n'hésitent pas à partager s'ils sentent en toi la passion pour le Blues.

Un bon souvenir de scène…
C'est quand je suis allé jouer en Californie en Février 2015 et que je suis monté sur scène dans un club de blues, au VU de Newhall. Tous les musiciens qui assuraient la soirée (batterie, guitare, basse, claviers et un trio de cuivres) ont joué pour moi, mes propres morceaux en français et le public présent a participé comme jamais en dansant et tapant des mains. Quel souvenir à jamais gravé dans ma mémoire.

Et y en a-t-il de mauvais ?
J’en n'ai pas. Il y a toujours quelque chose de magique quand je monte sur scène quoi qu'il arrive. Et de tous mes concerts, je n'ai gardé que des bons souvenirs.

Parle-nous du dernier CD ‘Death Valley Blues’…
Alors là c'est une très belle histoire. J'ai rencontré Kelly's Lot et ses musiciens lors d'un show case dans un magasin de musique à Clermont-Ferrand en 2012 et depuis nous sommes très liés. Après avoir joué avec eux en France en formule trio acoustique ou en quintet en 2014 et 2015, je suis donc allé en Californie en Février 2015 pour jouer mes propres morceaux, accompagné par le band de Kelly et j'ai profité de cette aventure à Los Angeles, Hollywood, Las Vegas et la vallée de la mort, pour écrire de nouveaux morceaux, 12 titres, toujours en français. En Septembre 2015, Kelly, Perry et leurs musiciens (Matt McFadden à la basse et Bobby Orgel aux claviers) sont venus en France pour une tournée de concerts ensemble et ils ont profité de cette venue pour enregistrer leurs parties dans le studio La Vallée à Chambezon (43), le studio de Martial Semonsut, le batteur qui joue sur mon CD. Ensuite j'ai envoyé le mixage en Californie pour le mastering, chez Sonic Vision Mastering. Voilà une belle histoire qui se termine bien. Dans l'album, il y a également Kelly et Donna Lee Orgel aux chœurs, Martial Semonsut à la batterie, Eric Courier à la basse et Mo Aljaz sur deux titres à l'harmonica.

Quelles sont tes sources d’inspiration pour écrire et composer ?
La vie de tous les jours. J'écoute beaucoup tout ce qui se passe autour de moi, la radio en voiture, les jeunes lors de mes cours et j'en fais des chansons. Ce n'est pas autobiographique, à part certaines bien sûr. Car souvent on vient me voir après un concert en me disant : « vos chansons sont belles mais tristes. Vous devez avoir des malheurs dans votre vie ». J'en ai bien sûr comme tout le monde mais mes chansons de rupture amoureuses ne sont pas personnelles car l'histoire d'amour avec ma femme dure maintenant depuis plus de 35 ans. Je rassure les gens. J'écris, il est vrai, des chansons nostalgiques et souvent tristes car c'est la vie qui veut ça avec tout ce qui se passe autour de nous

Comment définirais-tu ton style ?
Je ne sais pas mais les textes ont beaucoup d'importance pour moi. Même si je ne veux pas faire des poèmes mais plutôt des paroles faciles à reprendre en chœur mais avec une certaine sensibilité, je me considère comme « guitariste-chanteur ». Ni l'un, ni l'autre mais les deux à la fois. En fait mon style varie en fonction des périodes. J'ai eu une période plus électrique mais en ce moment je me tourne plus vers l'acoustique et le dobro. Ma musique est au service de mes textes. Je fais du Jeff Toto Blues tout simplement. Je laisse parler mon cœur et mes mains.

Sur quel genre de guitares joues-tu ?
J'ai un dobro national style O, une Martin HD28V, une Larrivée électro-acoustique, une guitare électrique Tokai montée et révisée par un ami et une Gibson ES335.

Tu as élaboré un spectacle destiné aux enfants, Toupie Blues, peux-tu nous en dire plus ?
En fait j'avais écrit ce spectacle il y a maintenant 5 ans et je l'ai joué que quelquefois sans développer le truc. J'ai eu une bonne expérience avec Vincent Bucher (harmonica) pour des écoles primaires en Dordogne. J'ai vu que le concept accrochait bien. J'ai une longue expérience dans l'animation (BAFA, BAFD, DEFA, enseignant) et mon épouse travaille en crèche. Donc je connais le monde des petits et je sais me placer par rapport à eux. Ce projet a végété et j'ai rencontré Eric Courier, qui joue de la basse dans le nouveau Jeff Toto Blues et sa compagne Corinne. Cette rencontre a reboosté le projet car ce sont deux artistes qui viennent compléter et développer l'aventure. Nous avons lancé un financement participatif qui est arrivé au bout et donc nous avons réalisé un CD, un DVD et les décors du spectacle que nous allons jouer partout on l'on pourra le faire. C'est un spectacle interactif pour les enfants des écoles primaires principalement, (mais pas que) avec un véritable travail en amont pour les enseignants qui le souhaitent. Il s'agit de faire découvrir l'histoire du Blues, sa culture, sa musique et ses instruments (dobro, harmonica, kazoo, bottleneck....) et surtout de montrer qu'il y a autre chose que The Voice ou la Nouvelle Star. Les jeunes doivent connaître cette musique pour la partager et pour aller voir les concerts dans les salles.

Quels sont tes projets pour les mois à venir ?
Beaucoup de choses en fait. La promo du spectacle Toupie Blues et des interventions dans les écoles, médiathèques, associations, comités d'entreprises...  des concerts de Jeff Toto Blues en solo, duo, trio ou quatuor, une tournée en Californie en juillet-août 2016, accompagné par des musiciens de Los Angeles et j'espère d'autres festivals en France. Ensuite sûrement un album acoustique avec le dobro bien sûr et d'autres instruments.

Quels sont tes hobbies en dehors de la musique ?
Je fais beaucoup de sports. Course à pieds avec mon épouse, du VTT, de la musculation, encore un peu de boxe (je suis un ancien boxeur en boxe anglaise) et des moments conviviaux de partage avec tous les amis quand je fais mes pizzas-maison dans mon four à bois. Nous avons la chance de vivre en pleine nature et d'en profiter tous les jours.

Quel est ton lieu de prédilection ?
Mon Auvergne avec ses lacs, ses montagnes, son climat, sa faune, sa flore. Je suis bien ici et pour rien au monde j'en partirais.

Quels ont été tes derniers coups de cœur musicaux ?
Je n'ai plus comme avant des coups de foudre ou coup de cœur pour tel ou tel album ou tel ou tel musicien. Je suis plus dans l'émotion du moment, un morceau écouté et partagé entre amis. Ça peut être le dernier Sugaray Rayford ou encore le dernier Clapton. Seule compte pour moi le ressenti de l'instant présent.

En dehors du rhythm’n’blues, de la soul, du rock, apprécies-tu d’autres styles musicaux ?
La chanson française avec des artistes comme Cabrel, Le Forestier, Lavilliers, Yves Jamait, Arno mais j'écoute aussi des vieux morceaux du répertoire français avec Brel, Piaf, Georges Chelon...

Quel serait ton rêve le plus fou ?
Je crois que je suis en train d'accomplir mon rêve en jouant mon blues en France et aux USA, en rencontrant des artistes américains humbles et avec un grand cœur et un grand talent et en continuant à partager des moments d'échange et de partage avec les amis. C'est tout ce que je demande.

La question que je n’ai pas posée…
Pouvoir jouer dans les festivals et montrer ce que je sais faire. Car dans tous mes concerts, les gens sont heureux quand ils repartent. J'aimerais qu'on continue à me faire confiance pour chanter mon blues en français. J'ai eu la chance et la malchance de faire des festivals très tôt dans ma carrière de bluesman et je n'avais pas encore l'assurance et le vécu d'aujourd'hui. C'est pourquoi je  veux continuer à jouer mon blues dans les lieux qui mettent en exergue cet art de vivre, de penser et d'aimer. Et merci et longue vie à votre mag qui met en lumière les artistes...

Gilles Blampain – mai 2016

https://jefftotoblues.bandcamp.com

 

 

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