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09/17
Chroniques CD du mois Portrait: WILLIE MABON Livres & Publications
  Dossier: EXCELLO RECORDS  
 


Interview
JEAN PAUL PAGNON
Tout un univers un peu patiné par le temps…


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Blues Again : Qui es-tu Jean Paul pagnon ?
Jean Paul Pagnon : Je suis peintre-plasticien. J’ai 52 ans. Je vis à Malakoff,  près de Paris. J’ai  deux grands pôles d’intérêt : depuis l’enfance une passion pour  le dessin et la peinture et depuis l’adolescence, une passion pour la musique (à écouter, et à jouer : batterie puis guitare).

Zone de Texte:Comment es-tu venu au dessin, à la peinture ? Quel a été ton parcours artistique ?
J’aime dessiner depuis l’école maternelle. Plus tard, j’ai été intéressé par le graphisme, le lettrage.  Je faisais les affiches du groupe de rock dans lequel je jouais de la batterie. J’ai crée des logos pour des sociétés. J’ai fait des pochoirs sur les murs (édités en cartes postales),  des peintures décoratives. Tout ça de façon autodidacte. Puis j’ai passé 5 ans aux Ateliers de Beaux-Arts de la ville de Paris (dessin puis peinture de modèles vivants). C’est dans ces ateliers que j’ai découvert et tout de suite adoré la peinture à l’huile ! 

Comment as-tu découvert la musique noire américaine ?
Ce sont les British  (les  Stones puis Clapton) qui m’ont fait remonter aux sources et découvrir Robert Johnson, Big Bill Broonzy…Et là, grande claque! 

En blues comme en jazz, as-tu une préférence ou peu importe le style, c’est selon l’humeur ?
En blues selon l’humeur: Delta, Texas, Swamp, et beaucoup de Chicago blues. En jazz, j’aime Billie Holiday, Nat King Cole, Sarah Vaughan, Kenny Burrell, Wes Mongomery, Monk, entre autres…

Quelques musiciens qui entrent dans ton panthéon personnel ?
Il y aurait : T. Bone Walker, les trois King, Robert Johnson, Buddy Guy, Mississippi John Hurt, Duane Allman,  Lightnin’ Hopkins,  j’en oublie plein…

Y a-t-il d’autres musiques que tu affectionnes ?
J’aime les Cubains de Buena Vista Social Club. Django Reinhardt , la country (Emmylou  Harris et ses premiers albums), Ry Cooder, Town Van Zandt,  Jorma Kaukonen , la  Slack Key hawaïenne de George Kahumoku, Paul Personne, Dr John…

Comment est né cette idée ou ce désir de peindre des bluesmen, des jazzmen et leur environnement ?
Le point de départ de ce voyage en peintures au pays du Blues a commencé un jour où je feuilletais un magazine de guitare. Il y avait un article sur John Lee Hooker, illustré par une photo de profil avec sa gueule incroyable en noir et blanc. Ça m’a inspiré et j’ai fait une peinture assez sombre. Puis j’ai fait un portrait de Charlie Christian (belle gueule cabossée aussi !) pour le site d’un copain. Puis un portrait inspiré par Muddy Waters. Au fil du temps j’ai intégré des éléments de décors qui me tiennent à cœur et qui évoquent pour moi les années 40 et 50, le Sud des Etats-Unis. Les idées se sont enchaînées naturellement, sans y penser !

As-tu toujours fait des portraits ?
Oui, j’ai toujours peint ou dessiné des gens. J’ai une passion pour les visages avant tout. C’est une source d’inspiration sans fin. La rue, le métro, sont un spectacle toujours renouvelé où je trouve plein de visages terriblement expressifs.

Sur tes toiles, on peut reconnaître certains artistes comme Junior Wells, Lightnin’ Hopkins, Muddy Waters, Mance Lipscomb, Nat King Cole, mais la plupart de ces portraits sont de pures créations. Tous sont également le reflet d’une époque passée, tes peintures font penser aux affiches d’antan. Est-ce la nostalgie d’un temps révolu ?
Zone de Texte:  Oui je suis nostalgique d’une époque que je n’ai pas connue et que j’idéalise. Je me fabrique une Amérique d’un temps passé avec mes couleurs à moi. Dans « Mes couleurs du Blues », je  remonte le temps et je mets tout ce que j’aime : des bluesmen avec des chapeaux et des vieilles Gibson , des morceaux de vieilles publicités, ou d’affiches,  des  micros Shure des années 50, des filles avec des fleurs dans les cheveux…Tout un univers un peu patiné par le temps…Et tout comme le blues peut être gai ou triste, je donne à ces compositions, selon mon humeur une tonalité gai ou plus sombre, mais toujours un peu  « old time ».

Depuis combien de temps te consacres-tu à ce genre de portraits et est-ce l’essentiel de ta production ?
Ça fait une dizaine d’années que je fais ces portraits de musiciens. Oui c’est l’essentiel de ma création.

Ton style se rattache-t-il à un courant particulier ?
Mon style est figuratif, parfois naïf peut-être. On m’a dit aussi que mes certaines des mes peintures faisaient penser à la BD. Ça me convient très bien.

Quel retour as-tu sur ton travail, par rapport aux critiques, aux amateurs ?
J’ai de très bons retours. Qui viennent d’amateurs de blues et de jazz, mais pas uniquement.

Comme pour les musiciens, quels peintres sont ceux qui te font le plus vibrer ? Et pourquoi.
J’aime depuis longtemps Van Gogh (j’aime la puissance de sa touche, sa façon de composer) et Gauguin (ses mystérieuses Tahitiennes). Tout deux très attachés au portrait. L’Art Nouveau avec Mucha, Guimard. Edouard Manet aussi. Au Etats-Unis, j’aime vraiment beaucoup Edward Hopper. Sa façon de mettre en scène ses personnages, sa palette, ses lumières, les ambiances  me plaisent beaucoup. J’aime aussi depuis longtemps les vieilles affiches de ciné, les anciennes pubs en plaques émaillées. Et aussi Elvgren, Vargas, Petty pour leurs magnifiques pin- up…

Zone de Texte:  Peins-tu d’après photos ou as-tu d’autres sources d’inspiration ?
Quand j’ai commencé à peindre ces musiciens, je travaillais d’après photos en m’appliquant à être fidèle. L’idée c’était d’être ressemblant mais original aussi. Je le fais encore parfois.  Mais au fil du temps je me suis amusé à inventer des personnages.  Ça me laisse beaucoup plus de liberté. Je m’appuie sur des photos pour démarrer et après je fais mon truc personnel.
Et pour la représentation des femmes dans mes peintures, j’utilise Marie, ma sexy girl, comme mannequin « détail ». Ainsi je peux composer de petites scènes originales.

En combien de temps réalises-tu une toile ?
Il me faut entre quinze jours et un mois pour réaliser une toile.

Sais-tu combien tu en as fait à ce jour ?
Entre 60 et 70 je crois.

Où exposes-tu tes œuvres ?
J’expose mes peintures dans les clubs de jazz, au Cahors Blues festival, dans les restaurants…bientôt dans des médiathèques.

De quelles dimensions sont tes tableaux ?
Le format qui revient le plus souvent c’est 61 x 50 cm. Mais j’ai fait des toiles beaucoup plus grandes, de plus petites aussi.

Qui achète tes toiles, des particuliers, des clubs, des théâtres ?
Ce sont les particuliers, des collectionneurs.

Est-ce que ça se vend bien ? Combien vaut une de tes toiles ?
Mes peintures se vendent bien, oui ; le prix moyen est de 450 euros.

L’exposition de ton travail sur ton site web génère-t-il beaucoup de contacts et de ventes ?
Mon site web est une vitrine qui permet de montrer mon travail et de nouer des contacts dans tous les coins de France et du monde. Ça c’est vraiment génial !  Et ça génère des ventes en plus des lieux d’exposition.

As-tu jamais pensé à faire de l’illustration de textes consacrés au blues ou au jazz (biographies, chroniques, catalogues…) ?
Si bien sûr! Aussi affiches, logos, CDs,  il y a plein de directions excitantes.

Quels sont tes projets pour les mois à venir ?
Coucher sur la toile les idées qui fourmillent dans ma tête et exposer mes peintures dans des festivals de blues.

Quel serait ton rêve le plus fou en tant que peintre ?
Je ne sais pas si c’est fou, mais j’aimerais que mes peintures soient connues et reconnues aux Etats-Unis. Certaines de mes toiles ont déjà franchi l’Atlantique et je n’en suis pas peu fier.

Qu’aurais-tu aimé faire si tu n’avais pas été peintre ?
Etre un bon guitariste de blues.

Gilles Blampain - 2011     

www.jeanpaulpagnon.com