Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash

11/19
Chroniques CD du mois Interview: NICO CHONA Livres & Publications
Portrait: SUGAR PIE DESANTO Interview: YELLOW DOGS Dossier: ANN ARBOR 1969
 


Interview
JACQUES GARCIA


KING KONG BLUES
king kong blues
king kong blues
blues rosemude
blues jacques garcia
BLUES JACQUES GARCIA



Le blues a désormais une Maison et un Musée qui lui est dédié en Centre Val de Loire. Rencontre avec celui qui a concrétisé le projet.   

Blues Again : D’où viens-tu Jacques ?
Jacques Garcia : J’ai grandi dans un petit village au sud de Vienne dans l’Isère, à quelques pas de Salaise sur Sanne. BLUES JACQUES GARCIAJ’ai baigné très très jeune dans la musique car mes parents étaient de formidables danseurs et ils m’ont toujours emmené avec eux dans les bals, sur le porte bagage de leur tandem. J’ai toujours habité dans des villages autour de cette zone, jusqu’à notre départ dans le Loir et Cher en 2012. Quand j’avais 8-10 ans, au début des années 60, je passais mes vacances d’été avec mon transistor à écouter toute cette évolution musicale, le rock anglais étant très présent. Je fus très vite fan des Stones, de Vince Taylor et de tous les groupes de rock français, comme les Chaussettes Noires… et un peu plus tard vers 1966, de Canned Heat, Creedence Clearwater Revival, de Jimi Hendrix, des Doors, de Led Zeppelin et des albums Atlantic avec Otis Redding, Percy Sledge, Ray Charles, Wilson Pickett…
 
Quel a été ton parcours ?
Mon parcours s’articule autour du blues, cette musique que j’adopte définitivement au début des années 70. Mes activités de promotion du blues débutent à Salaise sur Sanne en 1984, avec la proposition de monter un Mois du Blues avec Memphis Slim, Paul Personne et Benoit Blue Boy. Puis j’ai programmé deux nuits du Blues et nous sommes passés au Salaise Blues Festival en 1987. J’en ai été le programmateur pendant 8 ans. Cette expérience a débouché sur la création d’une association avec Jean Luc Suarez en 1987, Rhésus Blues Association et sur une entreprise de productions deux ans plus tard, Rhésus Blues Productions. Nous organisions la venue de groupes américains et montions des tournées en Europe. Parmi les artistes avec qui nous avons collaborés, il y avait Johnny Shines, R.L. Burnside, Jessie Mae Hemphill, Otis Grand, Phillip Walker, Joe Hughes, Eddie C. Campbell, Carey Bell, Joe Louis Walker, Phil Guy, Joe Houston, Smokey Wilson, Franck Goldwasser, Maurice John Vaughn, les Hollywood All Stars, Hubert Sumlin, Louisiana Red… Nous créerons le label Broadway Records pour enregistrer les premiers CD d’Otis Grand, de Lenny Lafargue, de Tao Ravao et Vincent Bucher ainsi qu’un album de Phil Guy. En 1995, nous stoppons nos activités en revendant les deux entreprises (ce fut un choix des deux créateurs, ne souhaitant pas prendre de risques face à une obligation de développement). Ce fut une merveilleuse expérience qui m’a rapproché de nombreux bluesmen, et en 2004, pour la première fois nous partons pour les Etats-Unis et nous faisons notre rencontre avec RL Burnside chez lui à Holly Springs. Nous enchainerons les voyages chaque année, le plus souvent dans le sud. En 2009, avec Anne Marie, nous ouvrons un Juke Joint dans le sous-sol de notre maison à Ampuis (quelques kilomètres de Vienne) que nous gérons pendant 3 ans. Des raisons professionnelles vont nous amener à se rapprocher de Paris en 2012 et nous nous installons dans le Loir et Cher. Après un temps d’adaptation, nous commençons à regarder où nous pourrions développer un nouveau projet, après quelques pistes qui n’aboutiront pas, nous jetons notre dévolu sur la Commune de Châtres sur Cher.

Comment as-tu découvert la musique noire américaine ?
Comme je le disais précédemment, ce fut d’abord les enregistrements Atlantic de rhythm’n’blues. Je travaillais en usine en 68 avec un peintre maghrébin qui me dit un jour : « Tu connais Otis Redding, il chante comme une chèvre, mais c’est génial ! Ecoute ça !». Le qualificatif n’était pas très beau mais Otis apportait un nouveau style avec cette voix tellement spéciale, qui ne laissait personne indifférent.
Mais avant cela, début des années 60, j’ai vu les images à la télévision des mouvements pour les droits civiques et civils aux Etats-Unis, des répressions policières et de la haine blanche par rapport aux afro-américains, ces images m’ont marqué à jamais et j’ai toujours gardé cette empathie pour le peuple Noir, défendu les opprimés et lutter activement contre le racisme.

En blues comme en jazz, as-tu une préférence ou peu importe le style, c’est selon l’humeur ?
Dans les années 90, j’ai beaucoup écouté de jazz, mes artistes préférés sont les contrebassistes Charlie Mingus et Charlie Haden, les pianistes Brad Mehldau, Amad Jamal et Esjborn Svenson, les saxophonistes James Carter et Joshua Redman, pour ne citer que ceux-là.
En blues, j’aime tous les styles à condition que ce soit bien joué. Le Delta blues, le West Coast blues et le Chicago blues sont mes préférés.

Y a-t-il d’autres musiques que tu affectionnes ?
J’aime toutes les musiques, je garde beaucoup d’attaches au rock, cette émanation du blues qui a bercé toute ma jeunesse.

Quelques musiciens qui entrent dans ton panthéon personnel ?
Il y en a beaucoup mais pour le blues, Muddy Waters tient la corde, vient ensuite Lightnin’ Hopkins, Jimmy Johnson, Albert King. Pour le rock, les Stones et Led Zeppelin (que j’ai pu voir en 1974 à Lyon, un concert gravé dans ma mémoire) sont mes deux groupes préférés et j’adore aussi le reggae de Bob Marley.

Parle-nous de la Black Jack Association…BLUES JACQUES GARCIA
Cette association est née en 2009, quand j’ai créé le Club « Au’’MI’’Lieu du Blues » à Ampuis, j’avais besoin d’un support administratif et j’ai donc monté cette association. Nous l’avons gardée et simplement changé les adresses. A Ampuis, en dehors du club de blues qui proposait des concerts toutes les deux ou trois semaines, nous avons organisé deux Nuit du Blues à la salle des fêtes et monté un partenariat avec la commune de Ste Colombe (face à Vienne), pour y organiser des grands concerts et notamment cet hommage à Robert Johnson pour son 100ème anniversaire avec la présence de Steven Johnson, petit-fils du maitre et honorable chanteur. J’avais monté un tribute composé de 8 musiciens internationaux. David Evans avait assuré la première partie et animé une conférence sur Robert Johnson avec Steven.

Comment est né cette idée ou ce désir de La Maison du Blues ?
Quand nous sommes arrivés dans le Loir et Cher en 2012, nous avons après une année d’adaptation et de travaux, regardé ce que nous pourrions monter du côté de Vendôme, mais les différentes rencontres avec élus et privés n’ont pas abouties. Depuis une dizaine d’année, j’avais dans la tête de créer un Musée du Blues, car j’avais cumulé depuis toutes ces années une importante collection. Anne Marie pensait qu’il fallait avoir un lieu vivant en lien avec le Musée et elle était plus favorable à remonter un club. Nous avons fait la synthèse en décidant de trouver le lieu idéal où nous pourrions développer les deux projets qui sont complémentaires.

Pourquoi t’être implanté à Châtres sur Cher ?
Nous cherchions ce lieu idéal et trouvé une annonce qui présentait cet ancien café restaurant situé à Châtres sur Cher à l’autre bout du département du Loir et Cher. Il était vendu aux enchères, plutôt en bon état et complètement adapté à notre projet. L’association en fait l’acquisition en 2016, les travaux sont réalisés et nous avons ouvert le Club de Blues en avril 2017. Ensuite nous avons fait une étude scénographique pour le Musée, réalisé les travaux et la scénographie, pour cette inauguration en avril 2019. Avec le recul, nous trouvons que même blues jacques garciasi ce fut le hasard, notre implantation est judicieuse car la situation géographique est intéressante. Aux portes de la Sologne, au bord du canal du Berry et du Cher, le tourisme vert y est important. Nos spectateurs viennent aujourd’hui de Romorantin et Vierzon en priorité, mais aussi de Blois, Bourges, Châteauroux, Orléans et Tours. Nous sommes aussi sur le passage touristique des vacanciers qui utilisent l’axe nord-sud et ouest-sud, ce qui est intéressant pour le Musée.

Ta compagne est partie prenante dans l’aventure du Musée, n’oublions pas de la présenter ?
Pour ce type d’aventure qui engage beaucoup de temps, mais aussi de l’argent, il vaut mieux être bien accompagné et surtout avec la même détermination à vouloir faire aboutir un tel projet. Sans Anne Marie, ce projet n’aurait jamais vu le jour. Quand nous nous sommes rencontrés en 1988, elle ne savait pas ce qu’était le blues, depuis elle a pu l’apprécier, le connaitre et être une solide fondatrice du projet. Nous venons tous les deux du travail social, elle a fini sa carrière au Ministère des affaires sociales à Paris et de mon côté j’ai été directeur de Centre Social pendant 10 ans. Nous partageons ce gout du lien social et notamment en milieu rural. Nous pensons que c’est là que des projets importants et intéressants doivent se développer, les populations rurales sont tellement demandeuses de projets collectifs pour continuer à faire vivre ces villages.

As-tu des partenaires privés ou associatifs ?
Nous avons trouvé dans cette Région Centre Val de Loire, des partenaires publics enclins à soutenir nos initiatives. Nous avons obtenu 140 000€ de subventions, entre la Région, l’Europe et la Communauté de Communes. Mais le projet global n’aurait pas pu exister sans les dons de privés, plus de 40 000€, et la mobilisation de personnes adhérentes qui nous ont aidé à la réalisation de certains travaux. Personnellement nous avons investi 15 000€ et fait don de notre collection à notre Fondation « Blues Preservation & Project, Jacques et Anne Marie Garcia ». Ceux qui souhaitent encore soutenir le projet qui n’est jamais terminé peuvent nous adresser leurs contributions. Il nous reste encore trois façades à refaire, une climatisation à installer dans le Club…

Comment s’est fait ta rencontre avec Bobby Rush parrain du musée ?
Nous avons rencontré Bobby Rush à Clarksdale en 2007 pour la première fois. Nous avions déjà apprécié sa simplicité, son talent et ce lien relationnel incroyable qu’il a vis-à-vis de son public. C’est une vraie idole dans le Mississippi auprès de la population noire. Ensuite nous nous sommes revus plusieurs fois en France et dans le Mississippi, chez lui en 2010 et en 2017. Nous nous sommes très vite rapprochés, nous partageons des valeurs communes, sur l’histoire du blues et des Droits Civiques. C’est ce qui a favorisé sa décision de nous soutenir dans notre projet de Musée et de s’engager à être présent à son inauguration. Avec l’association nous avons pu mettre en place 3 dates de concerts pour sa venue avec ses musiciens et sa prestation à Romorantin a beaucoup été appréciée par nous et nos adhérents qui ont été très fiers de le rencontrer.

Sais-tu s’il y a eu des échos de la création de ton musée du côté du Mississippi ?
Nous avons beaucoup communiqué sur cette ouverture du Musée Européen du Blues, le seul en France, le second à l’époque en Europe (Nottoden en Norvège vient de fermer), donc un événement notoire sur la planète Blues. Lors de nos voyages aux Etats-Unis, nous avons pris beaucoup de contacts avec d’autres Musées et acteurs de la vie touristique dans le sud. Des contacts existent et j’espère que nous pourrons les développer et réaliser des actions concrètes.

Le musée inauguré en avril dernier présente quelques pièces rares qui valent le détour, comment les as-tu acquises ?
Ce sont au fil de nos voyages et de nos rencontres avec des bluesmen que nous avons accumulé des instruments, des objets, des posters, des peintures… La mise en scène du Musée et la création d’une rue du Mississippi avec ses boutiques ou espaces apportent un plus en créant un univers particulier. Ça parle de blues évidemment mais aussi de l’esclavage, des luttes pour les droits civiques et l’on peut y découvrir des artistes qui ont fait partie de notre parcours. On peut y passer entre 1h30 et 2h, avec les espaces audio et vidéo. Les visiteurs sont unanimes pour dire que c’est une très belle réussite, qu’ils s’immergent dans un autre univers et qu’il est incroyable de trouver ce type de réalisation à Châtres sur Cher. De notre dernier voyage à Chicago, nous avons fait l’acquisition d’une guitare à pois de Buddy Guy, dédicacé au nom du Musée Européen du Blues.
BLUES JACQUES GARCIA
Depuis 2 ans que le lieu est ouvert peux-tu dresser un premier bilan ?
Nous organisons des concerts tous les week-ends, les samedis ou vendredi-samedi ou samedi dimanche suivant les disponibilités des groupes. Les fréquentations sont en constante progression pour les concerts. Le club est associatif et nous enregistrons à ce jour 500 adhérents avec leur carte annuelle et 250 avec une carte à la soirée. Les groupes sélectionnés sont à 90% des professionnels, nous sommes très vigilants sur la qualité de la musique. Nous accueillons des groupes internationaux, USA, Grande Bretagne, Espagne, Argentine…et de très bons groupes français.
Le bar associatif a été mis en sommeil pendant les travaux du Musée, mais nous devrions de nouveau proposer des animations dans ce cadre à la rentrée prochaine.
Concernant les expositions, nous n’avons actuellement plus suffisamment de place pour en réaliser à la Maison du Blues, mais nous travaillons avec la mairie pour envisager des expositions éphémères quelques fois dans l’année. Pendant le festival, plusieurs artistes sont venus exposer au Château de Douy le 6 juillet 2019 de 11h à 21h.
Même si on nous a pris un peu pour des extra-terrestres, quand nous avons présenté notre projet à la Mairie de Châtres, les élus nous ont fait confiance et surtout les habitants nous ont largement soutenus en adhérant en masse à l’association (117 adhérents pour 1100 habitants). Aujourd’hui de nombreux bénévoles renforcent l’équipe pour tous les concerts et autres manifestations. Je rappelle qu’aujourd’hui encore nous ne fonctionnons qu’avec le bénévolat.

Comment se fait la programmation ?
Je commence à être un peu connu dans les réseaux blues et les 3 années de programmation à Ampuis, font que je suis beaucoup sollicité. Je contacte les groupes quand je découvre des formations qui jouent particulièrement bien. Des amis tourneurs me proposent régulièrement des bluesmen américains en tournée.

Si un musicien ou un groupe souhaite se produire chez toi, comment doit-il s’y prendre ?
Très facile, il faut qu’il m’envoie par mail, (lamaisondublues@gmail.com) la présentation de son groupe, des vidéos et c’est l’écoute et la vision des vidéos qui sont décisives. Je réponds en principe à toutes les demandes que ce soit positif ou négatif. Ma première préoccupation c’est la qualité !

Il y a également des ateliers et des conférences, comment ça se passe ?
Nous avons organisé des ateliers « Jazz & Blues » avec mon ami Dominique Aslanides, dans lesquels nous présentions des enregistrements faisant découvrir artistes, styles de différentes époques.
Concernant les conférences, elles sont organisées suivant les propositions et la programmation. Nous avons accueilli Ladell McLin qui avait participé au film documentaire « La Route du Blues » de Michel Viotte, là nous avons diffusé le film et organisé un concert. Jean Paul Levet, que l’on ne présente plus dans le milieu du blues, est venu donner une conférence de très grande qualité « Une Autre Histoire du Blues ». Daniel Léon est venue présenter son dernier roman Charly n’est Pas Mort En Vain.

Existe-t-il des vidéos des concerts passés ?
Un formidable DVD est sorti suite au concert que nous avions monté à la Pyramide de Romorantin en 2017. C’était un concert hommage à John Lee Hooker pour le 100ème anniversaire de sa naissance (1917) avec la participation de son neveu Archie Lee Hooker et d’un excellent band que j’avais réuni pour l’occasion. Nous avons fait un tirage en 100 exemplaires et ils sont en vente à la Maison du Blues. Ce DVD a été conçu par Ti & Bo Productions de St Etienne, un travail très soigné et je vous invite à découvrir les très nombreux portraits de bluesmen qu’ils ont produit ses dernières années.
Sur notre site vous pourrez découvrir les vidéos des concerts, réalisées par Martine, une bénévole de l’association.

Comment est organisé le Blues club (horaires, nombre de spectateurs…) ?
Notre Blues Club est totalement associatif, donc il faut une carte d’adhésion pour avoir accès aux concerts et au bar associatif. Si vous êtes adhérents et que vous voulez amener amis et famille découvrir le lieu, nous mettons une adhésion à 5€ pour la soirée. Toutes les entrées aux concerts sont à 10€. On peut prendre un verre et avoir accès à une petite restauration. Les ouvertures du club sont à 19h, les concerts à 21h.
La salle contient 65 places assises et il est préférable de réserver soit par téléphone 06.24.77.71.58 ou par E-mail : lamaisondublues@gmail.com  

Des stages musicaux ont lieu à la Maison du Blues, comment peut-on y participer ?
Nous n’avons organisé à ce jour qu’un seul stage guitare et deux master-class. Quand nous aurons un peu plus de temps, je pense que l’on pourra en organiser d’autres.

Quelle a été ta plus belle expérience au fil de toutes ces années (avant et depuis La Maison du Blues) ?
Je pense que la réalisation de ce Musée Européen du BluesBLUES JACQUES GARCIA sera la plus belle expérience, puisqu’elle concrétise et fait la synthèse de toutes ces années consacrées au blues.
La seconde fut certainement la création de Rhésus Blues Productions et les tournées que nous avions organisées.

Quels sont tes projets pour les mois à venir ?
Nous essayons de nous remettre de ces mois très chargés précédent l’inauguration du Musée et notre nouvelle organisation. Donner une dimension internationale à ce Musée sera notre préoccupation principale pour les prochains mois. Nous souhaiterions mettre en place un jumelage avec une ville du Mississippi. Bobby Rush a beaucoup apprécié la petite tournée que nous lui avions préparée et l’accueil que nous lui avons réservé lors de l’inauguration du Musée, il souhaite revenir jouer en France et travailler avec moi sur une prochaine tournée en 2020 ! A suivre…

Quel serait ton rêve le plus fou ?
Que Mick Jagger, qui a un château pas très loin d’ici, vienne visiter la Maison du Blues.

Gilles Blampain – juillet 2019

museedublues.free.fr/

BLUES JACQUES GARCIA