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03/17
Chroniques CD du mois Interview: CHICKEN DIAMOND Livres & Publications
Dossier: BLUES & FLAMENCO (suite) Portrait: BIG JOE WILLIAMS Interview: MOJO BRUNO
 


Interview
HUBERT # 06
Sauvage et débridé


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Seul sur scène avec sa guitare, ou soutenu à la rythmique par son producteur Yarol Poupaud, il embarque l’assistance avec ses riffs ravageurs et ses compositions efficaces, en français ou en anglais. Il a deux amours. L'une est née en 1959, l'autre en 1965. La première se nomme Gibson ES 330, la seconde Hummingbird Blonde.

Vocation…
J'avais une dizaine d’années. A la télé… Johnny Winter sur un tabouret de bar, sa Gibson Firebird, un chapeau, sa voix. Complètement fasciné par toutes ces notes qui sortaient d’un seul instrument. Par la suite : Stones, Yardbirds, Them... Le morceau fondateur, qui m’a décidé à me consacrer uniquement à la forme la plus crue, c’est ‘Can’t Be Satisfied’ de Muddy Waters. Pour moi le début d’une vocation. J’ai cherché frénétiquement à jouer ce morceau, ce qui m’a entrainé sur la voie des open-tunings et du slide. Je suis remonté aux musiciens ayant enregistré seuls dans les années 40, 30, 20 : John Lee Hooker, Mississippi John Hurt, Skip James et bien sûr l’immense Robert Johnson.
Zone de Texte:Plus proche de nous, il y a bien sûr cette vieille crapule de Keith Richards. Je le suis à la trace depuis mon enfance. A 14 ans il m’a donné envie de jouer de la guitare, plus tard de monter un groupe, plus tard de m’accorder en open et de jouer du blues. Je continue à nourrir une passion tenace pour Peter Case, ex-nerves, ex-Plimsoul, maintenant en solo. Il est un des premiers à m’avoir donné envie de jouer seul sur scène.
Je suis quasiment un gamin pour le blues, je viens à peine de dépasser les quarante ans ! Je suis à Paris depuis une vingtaine d’années. J'ai sévi dans diverses formations niçoises puis parisiennes, dont les Jumpin’ Cadors, premier groupe à 18 ans, un rockabilly sauvage et  débridé. Au fil des ans, mes compositions lorgnaient de plus en plus vers la soul, le rhythm’n’blues. Cette évolution m’a amené petit à petit aux sonorités qui m’obsèdent aujourd’hui, le blues le plus rustique que je pratique seul avec ma guitare et une chaise.

Les concerts…
Pour rester vivant le blues doit se mêler à d’autres genres, c'est grâce à ça qu'il est devenu ce qu’il est. Tout en gardant son identité bien sûr. J'ai plaisir à trimbaler mon one-man-show dans des endroits où on ne s’attend pas forcément à entendre du blues. Des publics venus pour d’autres styles, qui se prennent de plein fouet la violence et la force émotive du blues.
Je garde un souvenir ému de ma première prestation solo, seul sur scène avec ma guitare. C’était en 2004 à Paris, j’ouvrais pour mes amis les Groovers. Un retour à la musique, suite à une méchante blessure à la main qui a bien failli me priver de guitare à vie. C’était une renaissance, dans une formule jusque là inédite pour moi, le one-man-band. Un grand moment, la naissance de Hubert # 06 ! Je m’appelle vraiment Hubert, et c'est un petit clin d’œil à une époque où les surnoms des musiciens étaient souvent liés à leur lieu d’origine. 06, c’est Nice. Va pour Hubert # 06, ce qui fait plus de sens que Mississippi Hubert, Memphis Hub ou John Lee Hubert!



Les instruments…

Essentiellement la guitare, acoustique, électrique, en slide et dans un peu tous les accordages imaginables. Une affection particulière pour l’Open de Sol (que les pionniers appelaient spanish tuning) et qui est incroyablement plus riche qu’il n'y paraît au premier abord. Je joue également un petit peu d’harmonica, du ukulélé et du piano, mais ça reste anecdotique. Citons aussi comme instrument le micro que je glisse dans ma botte pour amplifier le son des battements de pieds. Il faut parler de mes deux guitares préférées. La première est bien évidemment mon emblématique Gibson ES 330 de 1959, date de lancement du modèle. Elle est tout simplement magnifique et a un son phénoménal. J'ai pour elle un attachement sentimental énorme. Je l'ai depuis que j’ai 18 ans, elle a été de toutes les aventures, depuis les Jumpin' Cadors jusqu’à aujourd’hui. En deuxième, c'est un rêve de gosse que j’ai réussi à concrétiser : une magnifique Gibson Hummingbird Blonde de 1965. N’oublions pas également ma ES125TDC de 1965, qui est celle qui m’accompagne sur la route et qui fait parfaitement la paire avec la 330 quand je peux me permettre deux guitares sur scène. !

Les enregistrements…
Zone de Texte:  Mon premier album, One Man Delta Blues Show, sorti en 2009, a été voulu, produit et réalisé par mon ami Grégoire Garrigues. Il est composé essentiellement de vieux traditionnels, que je me suis appropriés au cours des années en les réarrangeant et en les jouant sur toutes sortes de scènes avec toujours la même foi. J’ai également participé à une compilation Tribute To The Dum Dum Boys en duo avec mon ami Little Victor. En 2010 a vu l’avènement du projet The HUB. Le projet est né de la rencontre avec Yarol Poupaud (ex FFF, Mud, Ultra Orange, patron de label et véritable référence du rock français). Yarol a tout d’abord été intéressé par mes techniques de guitare du Delta (fingerstyle, slide, open tunings en tout genre, alternate picking) puis par mes compos. Il a décidé de produire mon album et le sortir sur son label Bonustrack Records. Au fil des séances et des concerts, le projet The Hub s’est défini, précisé, pour aboutir en 2011 à ce  premier album The Hub/A Sleepless Night, toujours disponible en téléchargement légal (notamment sur Itunes). L’album comporte 14 compositions originales en français et en anglais. La production de Yarol, tout en étant très respectueuse de l’esprit roots Delta, de la matière première, est extrêmement riche et variée, démontrant à la fois son talent de multi instrumentiste mais aussi sa créativité de producteur ainsi qu’une vaste et profonde culture de la musique traditionnelle américaine. Au final je suis très heureux du résultat, mes compositions sont mises en valeur par une production solide et nuancée couvrant bien mon univers musical : Delta-blues, mais aussi rock, soul, country-blues, et même gospel !

Les bons moments…
Mes premières parties des Wampas, remarquables humainement et musicalement, mais aussi quelques premières parties mémorables comme celle de Manu à l’Elysée Montmartre, ou plus récemment delle de Madjo à la Cigale ! Le public, venu assister à un concert de pop-rock, qui découvre une première partie blues solo sur une chaise. Après quelques mesures de défiance, rush vers la scène, tapement de mains et refrains chantés avec moi, des sensations ultra-fortes quand on est seul sur scène !
Une de mes plus belles rencontres : Little Victor. Il m'a transmis beaucoup de son savoir à la guitare, en slide, en open-tuning, sa culture est impressionnante, et à l’harmonica c’est un véritable virtuose. Je lui dois beaucoup pour m’avoir transmis le blues tel que lui l’a appris de grands noms tels que Louisiana Red, RL Burnside ou Robert Lockwood Jr ou David Evans il m’a appris des choses qu’on ne trouve pas dans les livres !.Evidemment la rencontre avec Yarol Poupaud a été déterminante (voir plus haut le projet The Hub et l’album A Sleepless Night La rencontre la plus improbable fut avec le grand Mickey Baker dans une soirée semi privée. Une guitare tournait et il était surpris qu’un petit blanc-bec joue un style et des plans  que lui-même appelait « les plans des ancêtres », marrant de la part d’un Monsieur de presque   80 ans ! Citons également mon ami Steve Verbeke, virtuose de l’harmonica et grand bluesman avec qui nous avons fait un bon bout de chemin ensemble…

Ton rêve le plus fou…
Le plus fou? Partir un mois ou deux à Tucson, Arizona, enregistrer un album dans le repaire de Calexico, produit par eux. Ou avoir une mini-tournée organisée pour moi aux Etats-Unis, dans des petites salles, arriver le soir, faire mon show et repartir le lendemain matin. Tourneurs américains, contactez la rédaction qui transmettra J !

Gilles Blampain

www.myspace.com/hubert06music