Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash

11/17
Chroniques CD du mois Interview: THE NIGHT CATS Livres & Publications
Portrait: IKE TURNER Dossier: VOCALION  
 


Interview
ELECTRIC BAZAR Cie
On conçoit nos concerts comme une longue montée en intensité


blues deraime
blues electrique bazar
blues electric bazar
blues electric bazar
blues electric bazar




34 ans d’âge moyen, dont quinze années sur l’asphalte. Gens de cirque et de larsens, mais aussi grands connaisseurs de la musique populaire centre-européenne, les quatre de l’Electric Bazar trouvent le moyen de faire briller toutes ces influences d’un seul éclat, dans une sorte de rock’n’roll ottoman. La fusion du psychobilly et du rebetiko, l’idée est originale, encore faut-il savoir la faire sonner. Ce cinquième témoignage discographique le confirme une fois encore : eux, ils savent. Le disque se présente sous la forme d’un EP six-titres 100 % vinyle : Seamen & Travellers. Ils se sont repliés sur Douarnenez : Etienne Grass (chant principal, guitare et bouzouki), Rowen Berrou (batterie et chant d’appoint), Jonathan Caserta (basse et contrebasse), Guillaume Le Guern (clarinette et saxophone baryton).

Blues Again : L’album est bref, même pour un 33-tours. Ce serait plutôt un 25 cm d’ailleurs, non ?
blues electric bazarRowen Berrou, batteur d’Electric Bazar Cie : Oui, c'est un 10" sur lequel on peut graver 25 minutes de musique en 45 t/mn. Plus simplement, c’est un EP six-titres. Ça fait des années qu'on veut sortir un vinyle. Comme le format est court, ce support s’imposait presque. Le marché du disque s’effondre, on prend ça de plein fouet, alors autant se faire plaisir avec un bel objet. On l'a sorti en 500 exemplaires. Tout devrait être vendu d’ici deux mois, quand aura pris fin la première tournée.

Vous avez une stratégie commerciale particulière ?
L'idée c’est de sortir un disque tous les six mois, un an, plutôt qu'un album tous les deux ans comme on faisait auparavant. Ça permet d’être toujours sur la brèche pour composer, malgré les tournées et les différents projets des uns et des autres. Et puis la qualité sonore est meilleure en 45 t/mn qu'en 33. C'est la raison pour laquelle pas mal de groupes publient leurs albums en deux dix-pouces plutôt qu’en 33-tours douze-pouces. On a beaucoup travaillé sur le son, on voulait vraiment que la qualité physique du disque soit au rendez-vous. Et c’est aussi la raison pour laquelle on propose le téléchargement en FLAC ainsi qu'en MP3.

Où en êtes-vous dans votre discographie ?
C'est notre quatrième album studio. On a commencé avec Retire Tes Doigts en 2005. C’était l'ancien nom du groupe. Ont suivi : Tamboo en 2007, puis un live en 2009 – intitulé : En Concert – et Psychotiko en 2010…

Quel bon disque !
… Ensuite, on est parti sur un projet de spectacle, parallèleblues electric bazar à l'activité du groupe : Avolo, avec le collectif des Actifs Toxiques. On a adapté des musiques traditionnelles de Colombie, de Grèce, du tango, du turbofolk, du bal-musette, plus quelques compos originales. Et on s’est enfin concentré sur Seamen & Travellers. C’est un peu la suite de ce spectacle.

Seamen & Travellers… Le titre évoque l’aventure, le voyage...
Ça cause d'errances et d’escales. Les chansons parlent donc logiquement de voyageurs, de marins solitaires… et de nos expériences de tournées. ‘Rose’ renvoie à une tradition propre à Ouessant. Lorsqu'un marin mourait en mer, les îliens organisaient une procession vers la maison de la veuve avant la veillée funèbre. ‘Back Home Blue’ décrit ce décalage qui te tombe dessus, de retour de tournée. ‘On Your Own’, c’est un marin qui cherche son amour perdu dans tous les ports du monde...

Vous venez du cirque de rue, n’est-ce pas ?
Effectivement. D’ailleurs cet EP a un rapport avec le cirque. Pour lancer le disque, nous avons monté une tournée sous chapiteau. On est parti sur trente jours non-stop, mais on s’est rendu compte qu'on serait mort avant la fin ! Du coup, on étale ça sur deux mois avec des bonnes sessions le weekend. On arrive le matin, on plante le chapiteau, on monte les décors qu'on a construits, la sono, le bar, et on joue pendant trois ou quatre heures, on boit un coup, on démonte, on essaie de dormir un peu et on recommence le lendemain dans une autre ville. Les anciens petits cirques fonctionnaient ainsi. Quelques-uns d'entre nous ont connu ça dans leur famille. On a voulu marquer le coup en faisant notre propre première partie : un cabaret forain avec fakir, dresseur d'animaux, trapèze, etc. Tout ça à neuf personnes. Il faut tenir la billetterie, le bar, la régie lumière et son, tout le monde joue dans le spectacle, tout le monde monte et démonte le chapiteau. Le but, c'est une première partie complètement décalée et marrante pour mettre les spectateurs dans une bonne ambiance, propice à faire décoller le concert bien comme il faut !

Ce disque est plus carré, moins touffu, moins foutraque que Psychotiko, il rentre davantage dans les clous du rock. Les influences orientales sont toujours là, mais les titres ont l’air moins exotique. Es-tu d’accord avec ces commentaires ?
Oui. Ça tient beaucoup au format EP aussi. On a pas mal réfléchi en amont de l'enregistrement (ça nous change !). On a cherché une couleur plus homogène. On avait une grosse envie de rock'n'roll, un son plus épuré, mais assez sale, distordu, avec beaucoup d'ambiance, d'où ce nouveau line-up à quatre. Insérer des thèmes traditionnels n’était pas la priorité du départ. En même temps, on joue du rock avec un bouzouki, de la clarinette, du sax baryton... Bref, on a encore casé des rythmiques étranges, on ne se refait pas !

Ces influences centre-européennes sont-elles toujours du rebetiko ?
Rebetiko ou rembetiko. Deux morceaux en viennent franchement, ‘On Your Own’, dans lequel on a injecté un vieux thème de Rosa Eskenazi, la chanteuse star du rembetiko, couplé à un autre thème composé par Guillaume (clarinette et saxophone). Il adore cette musique. Et ‘The Streets Of Rethymnon’, qui part d'un riff de bouzouki orientalisant et devient un titre de surf music. D'ailleurs Dick Dale ne fait pas autre chose en popularisant ce style, lui qui est libano-polonais et qui mélange ses influences au rock américain. D’où la couleur spéciale d’un tube comme ‘Misirlou’.

Ça se trouve où, Rethymnon ?
En Crête. Rethymnon, c'est la rue dans laquelle Etienne a acheté son bouzouki !

blues electric bazar

On a du mal à concevoir que tous les membres du groupe soient à la fois versés dans le psychobilly et le rebetiko. Qui apporte cette touche orientale ?
On écoute tous beaucoup de vieilles musiques roumaines, bulgares, albanaises, turques ou grecques. Jonathan et Guillaume ont participé à la Kreizh-Breizh Academy (l'Académie du Centre-Bretagne), un groupe initié et dirigé par Erik Marchand. Il est clarinettiste et surtout chanteur, un pionnier du mélange des musiques traditionnelles bretonnes avec, entre autres, les tarafs roumains. Et dans les disques de Marchand, Dor par exemple, ça marche sacrément bien... Jérôme Soulas, l'accordéoniste avec lequel on a joué pendant une dizaine d'années, est un autre grand spécialiste des musiques roumaines ou serbes. Mais Electric Bazar Cie s'éloigne quand même beaucoup de ces canons stylistiques. On les triture, ces styles, on ne les joue pas de façon académique. Le fait est que tous les membres du groupe ont été amenés à s'y frotter de plus ou moins près, ne serait-ce que pour tâcher d’en comprendre les rythmiques. Un Français les trouvera alambiquées mais, quand tu bois un coup dans un bar en Turquie ou en Macédoine, tout le monde frappe dans ses mains sur des musiques incompréhensibles. C’est une sensation bizarre, tu te sens complètement neuneu ! En parallèle, Guillaume joue dans une fanfare nommée Burek, dont le répertoire serait plutôt macédonien. Burek accueille souvent des musiciens de fanfare qui sont célèbres de là-bas.

Y a-t-il une revendication intrinsèque, du fait de cette couleur particulière ? La volonté d’attirer l’attention des auditeurs sur un problème précis, ou est-ce uniquement festif ?
On veut faire pleurer dans les chaumières sur le sort des Roms en Europe centrale, on incite les gens à donner du fric aux banques grecques, à partir s'installer en Macédoine pour y faire la démonstration de la puissance industrielle française ! Non, blague à part, on a commencé comme un groupe de rue. Pour arrêter les gens, se faire un peu de pognon, leur vendre nos démos gravées, on se roulait par terre en hurlant. Ensuite on a continué à faire ça sur scène. Et puis on s’est rendu compte qu'on avait une sono, et qu’on pouvait creuser la musique sans être obligé d'envoyer sans cesse du poum-tchac à fond la caisse, qu’on pouvait aussi varier les ambiances et passer du tout au tout. On a des morceaux très différents, dynamiquement très contrastés. Ceci dit, on conçoit nos concerts comme une longue montée en intensité, on laisse le public entrer dedans tranquillement, et on le chope pour le conduire jusqu'au final, en furie rock'n'roll. Alors non, ce n’est pas uniquement festif, mais on aime partager cette intensité et cette joie avec les spectateurs. C'est très important pour nous que notre musique ne soit pas que contemplative.

blues electric bazarComment compose-t-on des thèmes aussi précis que ceux de l’album ?
Généralement Etienne (chant et guitare) arrive avec une trame, paroles, rythmique, accords. On écoute. On mélange avec ce qui nous vient en tête, ce qu'on a dans notre besace, nos réserves de petits plans composés ici et là. On établit l'ambiance qu'on veut créer, les couleurs. La plupart du temps, on modifie beaucoup la proposition initiale. Elle a souvent, d’abord, une inclinaison très blues ou rock. Normal, ce sont les influences principales d’Etienne. On y colle des rythmiques plus complexes. Une valse peut se transformer en un truc à dix temps, comme ça a été le cas pour ‘Rose’. On enrichit les grilles d'accords, on varie les ambiances, on trouve des cheminements, on essaie trente structures différentes, on maquette tout ça et on bosse chacun de notre côté… avant de remettre tout en commun.

Ce que vous jouez sur scène ressemble-t-il à ce qu’on entend sur le disque ?
En concert on colle de très près à ce qu'on a enregistré, mais on libère des plages d’improvisation. Certaines parties ne sont pas figées, on adapte aussi certains morceaux. Forcément, avec le nouveau line-up on a dû retailler pas mal de choses pour que ça fonctionne à quatre au lieu de cinq. On va vers plus d'épure.

Connais-tu d’autres groupes qui pratiquent un mélange aussi spécial des deux mondes, rock’n’roll et musique d’Europe centrale ?
Je pourrais citer Kirika, un groupe turc d'Izmir. Ou Farmer's Market, même si on a une couleur plus rock'n'roll. Les Rageous Gratoons...

Dirais-tu qu’Electric Bazar est un groupe de rock alternatif ? Type Négresses Vertes pour la touche méditerranéenne, et Mano Negra pour le son un peu rockab’…
C'est vrai qu'on peut toujours se classer là-dedans, s’il faut se classer quelque part.blues electric bazar

Vous êtes donc basés en Bretagne… C’est là-bas que vous avez enregistré ?
On a posé notre QG à Douarnenez, dans la grande baraque où on a enregistré le disque. C’est aussi là qu’on maquette les nouveaux titres. Il y a un gros brassage de musiciens en Bretagne, on a des liens forts avec Brest et Douarnenez, où la scène rock est incroyable. Il y a quelques années nous étions dispersés à Nantes, Rennes, Paris, Toulouse. Maintenant, on habite tous dans le Finistère, c'est plus simple. Comme dirait Chirac : « C'est loin mais c'est beau » !

Ça se passe comment pour l’enregistrement ?
Julien Le Vu, l’ingé-son avec qui on travaille depuis dix ans sur les concerts et les albums, a apporté son studio mobile à la maison. On s'est posé chacun dans une pièce avec des micros d'ambiance collés aux vitres, disséminés un peu partout. On a enregistré en quatre ou cinq jours. On jouait live au maximum, les voix souvent posées en même temps. Quelque re-re pour les chœurs, un clavier, quelques percus, pour empiler une guitare de plus, pour peaufiner un solo. Julien a mixé dans la foulée, puis le mastering, et zou ! à l'usine. Du début des compositions à la sortie du disque, il a dû s’écouler un peu plus de quatre mois.

Aviez-vous une idée précise de ce que vous vouliez en poussant la porte du studio ? Le résultat est-il conforme à ce que vous imaginiez a priori ?
Oui, on avait une idée précise. Pour la première fois, on s’est livré à un exercice de pré-production, on a pu ainsi être efficace en studio, ne pas perdre de temps, savoir ce qu'on devait mettre en boîte. Le gros objectif, c'était creuser l'histoire du son. On voulait donc un son sale avec de belles distorsions, comme je te disais. On n'a pas cherché à gommer le couinement des pédales de batterie (à la Led Zep !), ni les souffles de l'ampli. Le résultat nous va tout à fait. En plus, tout ça est gravé dans le vinyle. On était impatient d'écouter ce que donnait le médium plastique. Et ça marche !

Que changerais-tu à l’album, si tu en avais le loisir ?
Rien ! J'aime autant ses imperfections que ses passages nickel.

La pochette est particulièrement réussie. Celle de Psychotiko l’était également. On sent que c’est important pour vous, que ça fait partie du concept. On sent un album bien gambergé, bien écrit, soigneusement emballé, qui véhicule vraiment une image…
Ben, merci. C'est Guillaume qui va être content. En plus de jouer de la clarinette et du saxophone, il fait pas mal de graphisme. Ça aide pour fabriquer des décors, les enseignes en bois du spectacle, lettrage fait main. Pour Tamboo et Psychotiko, on a eu affaire à un graphiste qu’on adore, Martin Infanger. C’est un Suisse qui travaillait pour des majors. Il bosse à présent pour Voodoo Rhythm, le label de Luzern dont on suit quasiment toutes les sorties. Pour Seamen & Travellers, on est revenus à un do-it-yourself total. On a la main sur tout, on est en autoproduction depuis le début. Bon, on ne crache pas sur les coups de main, sur l’avis d’un directeur artistique de temps en temps, mais ce sont des personnes qu’on choisit.

Considères-tu ce groupe comme un… concept ?!?
Le groupe n'est pas un concept, non. Mais le graphisme illustre bien notre univers, et ça joue des deux côtés : le graphisme peut nous influencer musicalement. D’où, peut-être, cette impression de cohésion.blues electric bazar

Y a-t-il un leader ?
Aucun. On fait avancer la Compagnie ensemble, chacun avec ses compétences.

Tournez-vous beaucoup ?
On a beaucoup tourné entre 2003 et 2010. Parfois, 80 concerts par an. En quinze ans, on a dû aligner 700 ou 800 concerts avec Electric Bazar Cie. On a écumé une bonne partie de l'Europe. Une bonne douzaine de pays. De la rue et des squats, aux grands festivals français et étrangers. Enormément de festivals étaient organisés par des associations.

… Dans le circuit de la musique trad ?
Rarement. On ne rentre pas dans le moule. Dans les SMAC non plus.

… Hors-frontières ?
Au début, on s'entassait dans le camion et on partait jouer en République tchèque, en Pologne, en Espagne. On jouait surtout à l'étranger avant de nous professionnaliser. En 2003, on s'est mis sérieusement sur l’histoire, et à plein temps. Depuis quelques années, c'est vrai, c’est plus dur. La plupart des assos sont moins subventionnées et ne peuvent plus se permettre de programmer des coups de cœur. Elles doivent remplir les festivals et les salles avec des têtes d'affiche. On s’est donc un peu diversifié, on a plusieurs groupes, on fait de la technique, du DJ'ing, du ciné ou de la régie. On joue deux fois moins qu'avant, c’est aussi pour ça qu'on organise nos propres tournées.

Est-il facile de trouver des concerts avec une touche aussi spéciale ?
En gros, les programmateurs aiment bien ce qu'on fait mais nous trouvent difficiles à programmer. On a du mal à comprendre, ça se passe toujours hyper-bien, et on joue devant tous types de public. On retrouve des gens qu’on connaît des concerts, qui viennent exprès au festival, des gens qui nous ont vus au début, des squatters, des punks mais aussi des plus âgés. Bon, beaucoup moins quand même ! Ils nous restent fidèles, ils viennent constater l’évolution de la musique. On le voit avec le système de souscription, quand on fait un disque. Beaucoup de monde nous soutient à chaque fois, ça permet de sortir des disques sans se ruiner en fabrication. On commence à être connu, surtout en Bretagne.

Cherchez-vous à vendre des disques, ou ne sont-ils qu’une façon d’occuper le terrain, l’essentiel de votre carrière se déroulant sur scène ?
Un disque, c'est toujours un moment important qui permet de renouveler le répertoire, donner de nouvelles directions, nous inspirer, changer l'ambiance des concerts. Mais, c'est sûr, nous restons un groupe de scène avant tout. Le répertoire du concert prend toute sa dimension quand on pioche dans nos différentes époques, dans tous nos disques, et qu’on en fait un grand patchwork.

blues electric bazar Avec quels groupes ou artistes êtes-vous potes ?
Ah, la liste est sans fin. On a eu une très belle rencontre avec les Ogres de Barback et les Hurlements d'Léo, à l'époque de leur tournée sous chapiteau en Europe. Ils nous inspirent toujours aujourd'hui. Les Madeleines aussi, du côté de Perpignan. Les Rageous Gratoons bien sûr. Enorme influence pour nous, ainsi que les défunts Georgette Michaux. Les Yog Sothoth (rest in peace as well) et puis, chez les gens qu'on adore : Fantazio, Farmer's Market, Kirika, Tom Waits, Kabuki Buddah (énÔÔÔrmes), les Dead Brothers, Reverend Beatman, Screamin' Jay Hawkins... J'arrête ici pour arrêter quelque part…

Quel est votre monde et votre milieu ?
Euh... le monde de tout un chacun. En plus fatiguant, peut-être. Et le milieu du bistrot. Le bistrot du coin. Ou notre famille, pour ceux qui en ont une… si jamais il nous reste un peu de temps pour nous.

Autoproduction, donc. Un distributeur ?
Irfan. C'est le bébé des Ogres de Barback. Ils ont monté leur propre label et, en même temps, leur structure de distribution. Ils nous filent un ÉNORME coup de main logistique depuis le premier album. Du coup, nos disques sont distribués chez tous les disquaires, les plates-formes de vente numérique, et également disponibles sur www.CD1D.com, une association de labels indépendants fédérés.

Quelques questions stupides, pour finir en beauté. Quel est ton album préféré ?
Comme tu dis ! Ça change tout le temps. Mais, bon… De la Soul, 3 Feet High And Rising pour le matin. Attack And Release des Black Keys, en souvenir d'une matinée ensoleillée à Genève. Je me baladais avec eux dans le casque, et dans un état second.

Ta chanson préférée?
Jay-Jay Johansson, ‘So Tell The Girls That I Am Back In Town’. Nancy Sinatra & Lee Hazlewood, ‘Some Velvet Morning’.

Le concert le plus impressionnant qu’il t’ait été donné d’entendre ?
Secret Chiefs 3 à Dunkerque, fin de carnaval, sur une scène-remorque de mairie, avec des lumières de kermesse bleu, blanc et rouge. Les gars zonent sur scène. Le saz électrique s'est cassé dans l'avion. Trey Spruance joue sur une Strato de loc. L'ingé-son est une Indienne magnifique, avec une chevelure de jais jusqu'aux fesses. Je sors de scène avant eux et, juste avant nous, un groupe de surf excellent (zappé le nom). Et donc, ouais, les Secret Chiefs 3 enchaînent. Pas l'air trop pressé. Le bassiste et le batteur se regardent (les deux gaziers qui jouent avec Marc Ribot). Et blam ! Premier coup à l'unisson. Assourdissant. Déluge sonique. La moitié des spectateurs s'en va. Ça monte, monte, monte en intensité, en beauté. Suis resté là, scotché, à me demander jusqu'où ils pouvaient monter comme ça. Qu'est-ce qu'il se passe ? C'est juste magique. Je ne les connaissais pas. On m'en avait parlé. Pas été déçu ! Magnifique musique, mélange moyen-oriental et surf rock. Indescriptible en concert. Indescriptible !

Le saz électrique ?
C’est une sorte de bouzouki.

Et en dehors de ta chanson préférée, quelle est celle qui te vient à l’esprit, malgré toi, quand tu marches dans la rue par exemple ?
Shallow’ par Clouds (un remix de Joanna Newsom). Elle me vient à l’esprit surtout quand je suis dans le métro. De la musique urbaine et éthérée…

Christian Casoni - Avril 2013

www.electric-bazar.net