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04/17
Chroniques CD du mois Interview: BERNARD SELLAM Livres & Publications
Dossier: BLUES & FLAMENCO (suite) Portrait: CHUCK BERRY Interview: DARIOS MARS & THE GUILLOTINES
 


Interview
DO THE DIRT


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BLUES Mr. Hardearly




Le blues est une question de feeling, et assurément Do The Dirt a la réponse. Le récit ancestral se prolonge avec Nicolas Moulin au chant et à la guitare et Guillaume Arbonville en maître du tempo.

Blues Again : D’où venez-vous ?
Nicolas:
J’ai grandi en banlieue parisienne à Noisy-Le-Sec et vis à Paris dans le 18e maintenant.
Guillaume: Je viens des Ardennes, là-haut près de la Belgique, je vis à Paris aussi.

Comment votre duo est-il né ?
N: J’ai joué seul dans le mblues dothe dirtétro quelques années; j’avais pas mal de morceaux de blues dans mon répertoire, et Guillaume, avec qui je jouais déjà dans Lena Circus (groupe de noise/ambient) m’a proposé de monter un groupe de blues ensemble.
G: J'aime le blues et quand j'ai entendu jouer et chanter Nico, je me suis dit qu'on avait la même idée du blues, donc le duo était parfait.

Pourquoi le choix de ce nom ?
G:
Un nom de groupe, ça vient comme ça, à mon avis, si on se prend la tête à chercher, c'est mauvais signe! C'est venu d'un titre des Meters, sur lequel il y a deux batteries!

Depuis quand existe-t-il ? Qui imprime la couleur musicale du groupe ?
N:
Le duo existe depuis un peu plus d'un an.  
G: La couleur, c'est bien sûr la voix et la guitare. Moi, j'essaie d'apporter ce que j'aime dans le blues, la simplicité et un son qui colle au duo, un son ouvert, avec pas mal de résonances. Il n'y a pas de basse, alors ça laisse de la place!

Comment s’est fait la rencontre entre vous ?
N:
Lena Circus était à la recherche d’un batteur. C’est par petites annonces que nous avons rencontré Guillaume. Ça ne fait pas très rock’n’roll, mais c’est comme ça!
(NDLR : Lena Circus est créé en 1999 par Antoine Letellier et Nicolas Moulin. Ensemble ils enregistrent 9 EPs publiés à l’origine comme des ‘mensuels’ chez différents disquaires indépendants. En 2003, Guillaume Arbonville rejoint le groupe. En trio, Lena Circus enregistre deux albums.)
Parlez-nous de votre éveil à la musique, votre parcours musical…
N:
J’ai été bercé par les disques de mes parents: les Beatles, Neil Young… Un Noël, quelqu’un a offert une compilation d’Hendrix. Ça a été pour moi une révélation, et j’ai très rapidement piqué le disque! C’est ce qui m’a donné envie de jouer de la guitare. J’ai appris en autodidacte. Puis je me suis mis à écouter tous les bluesmen dont parlait Hendrix dans ses interviews.
G: J'écoutai les disques de mon grand frère, Led Zeppelin, AC/DC entre autre, puis je me suis mis à la batterie plus tard, vers 17 ans, assez tard en fait. Je suis professionnel depuis 2002.

Vous souvenez-vous du premier blues ou rock que vous avez entendu ? 
N:
 ‘Red House’ d’Hendrix, et mon premier disque de blues « pur et dur », c’était Elmore James. Le premier « rock » dont je me souvienne, c’est une compilation de John Lennon en solo. J’adorais le morceau ‘Cold Turkey ‘ quand j’étais petit!   
G: les blues de Led Zeppelin, et d'AC/DC, plutôt du blues-rock donc, mais le blues était là.

Quelles ont été vos principales influences ? 
N:
En blues, Skip James avant tout, mais aussi John Lee Hooker, Lightnin’ Hopkins, R.L Burnside, Robert Johnson.
G: Pour la batterie dans le blues, pas facile, d'autant plus que j'écoute surtout des blues sans batteurs, mais bon, les batteurs de Johns Lee Hooker (Ken Swank, David Francis) pour les modernes, et surtout les batteurs d'orchestres de rhythm’n’ blues des années 30/40. Hors du blues et du jazz, évidemment, les incontournables John Bonham, Mitch Mitchell, Joseph Modeliste, Al Jackson, Carlton Barrett, Aynsley Dunbar, Ralph Humphrey, Terry Bozzio, bon je m'arrête là!

Quels musiciens entrent dans votre panthéon personnel ?
N:
Tous styles confondus: Skip James, Jimi Hendrix, John Coltrane, Billie Holiday, Sonic Youth, Nirvana, Daniel Johnston.
G: Tous les bluesmen du Delta, tous les jazzmen des années 40 à 60. Je les différencie de la liste précédente, parce que eux, ils ont tout inventé. Les autres ont continué, mais le jeu de batterie était inventé, tout était dit.
blues do the dirt

Où et quand avez-vous fait votre premier concert ?
N:
Le premier concert de notre duo, c’était à Mains d’Œuvres à Saint-Ouen, le 5 Février 2016 si je ne dis pas de bêtise.

Et maintenant, combien de concerts par an ? 
N: Notre duo n’a qu’un an à peine, nous n’avons pas encore fait énormément de dates. Reposez nous la question l’année prochaine!

En quoi la scène est-elle indispensable ? 
N:
Le blues est une musique faite pour le live, c’est très naturel. Même notre disque a été enregistré en condition live, il n’y a aucun re-re, aucun montage ou retouche d’aucune sorte.
G: C'est une musique simple, basée sur l'émotion, il n'y a que la scène pour faire sortir ça.

Parlez-nous un peu de vos belles rencontres depuis que vous vous produisez sur  scène?
N:
Nous avons joué à Troyes, chez un petit disquaire, The Message. Le patron se souvenait que je lui avais apporté un de mes premiers disques, alors qu’il bossait à la Fnac au rayon indépendant/autoprods, il y a plus de 15 ans, c’était assez dingue! The Message, c’est un lieu super, l’accueil y est très sympa: c’est à la fois un disquaire et un bar qui organise des concerts. Vivement conseillé!

Un bon souvenir de scène…
N:
Nous ne faisons pas une musique très festive, mais ça arrive que les gens se mettent à danser sur certains titres, ça m’amuse à chaque fois!
G: Plusieurs fois, des gens sont venu nous dire que la musique les avait profondément émus, qu'ils avaient été très touchés par le concert, et des gens qui n'écoutent pas de blues. Ça veut dire qu'on a passé notre message, qui est la musique, de la meilleure façon, c'est notre idée du blues.

Et un mauvais…
N:
Mon ampli qui tombe en panne en plein concert. Embarrassant…!

Comment est né le CD ‘Black Snake’ ?
G: On ablues do the dirt enregistré chez et avec un ami (Julien Jacquin, qui est aussi à la console sur les scènes), dans le salon, tranquilles, une quinzaine de titres, puis on a fait un choix de huit titres, assez variés, même si c'est quand même très dépouillé et qu'il n'y a qu'une guitare, un chant et une mini batterie (grosse caisse, caisse claire, un tom basse et une cymbale). On a enregistré live, bien sûr, avec la même installation qu'en concert, la même disposition, c'est comme ça qu'on conçoit cette musique, du Delta blues électrique. C'est autoproduit, on n'a pas trouvé de label intéressé, et on vend les disques lors des concerts, car il n'y a bien sûr pas de distributeur! On peut aussi acheter l'album en nous écrivant, et on l'envoie, à l'ancienne!

Quelles sont vos sources d’inspiration pour écrire et composer ?
N:
Notre répertoire n’est quasiment composé que de reprises de vieux blues que nous réarrangeons de manière personnelle. 
Le blues peut avoir un côté « musique de genre »  qui ne m’intéresse pas en tant que musicien. Ce qui m’intéresse, c’est l’esprit du blues mais pas forcément la forme. Quand j’écoute Robert Johnson ou Skip James, j’entends des chansons, de vrais morceaux, et pas juste « du blues ». C’est ce que j’essaie de faire ressortir, à ma manière. J’ai également beaucoup d’admiration pour Boubacar Traoré. Ce qu’il fait, ce n’est pas du blues, c’est « son » blues. Il y a aussi dans sa musique un côté très mélodique, envoûtant… J’espère que notre musique a un côté comme ça. Cette influence sera encore plus marquée sur notre prochain disque avec notre reprise de ‘Crow Jane’ qui n’a plus grand chose à voir avec l’originale. Lors d’un de nos derniers concerts, une personne du public nous a dit qu’on faisait du blues méditatif, ça me plaît bien!
G: En n'étant que deux, on doit creuser là ou un groupe plus nombreux ne va pas. Dans les dynamiques, les durées de notes, de coups, les silences, et tirer un maximum de sonorités des instruments. La grosse caisse a un rôle de basse, chaque note est très importante, et finalement, on n'en joue que très peu. Le silence est une réelle source d'inspiration.

Comment définiriez-vous votre style ? 
N:
Du blues roots électrifié, dépouillé, primitif. 
G: Delta blues électrique ?

Quels sont vos projets pour les mois à venir ? 
G:
Préparer de nouveaux titres et faire des concerts, le plus possible, dans tous types de lieux, du bar aux scènes plus importantes, avis aux programmateurs!

Quels sont vos hobbies en dehors de la musique ?
N:
 La lecture. En ce moment, les écrits politiques de George Orwell.
G: Je lis aussi beaucoup, quand je ne joue pas.

Quel est votre lieu de prédilection ? blues do the dirt
N: Les expos d’art brut de la Halle St Pierre, 2 bars « blues » du 18e: Le Point Bar et  Chez Camille.
G: Les villes, ou villages. Quand je voyage, j'aime passer du temps à me balader et regarder les gens et les habitudes de vies qui sont différentes des nôtres. Je fais ça le plus souvent possible!

Quels ont été vos derniers coups de cœur musicaux ? 
N:
On est très loin du blues, mais Besoin Dead, un one-man band noise-rock. C’est également un grand fan de blues! 
G: Titi Robin, un musicien qui joue une musique assez universelle, avec des musiciens des nombreuses cultures différentes (Turquie, Maghreb, Inde, Europe...)

En dehors du rhythm’n’blues, du rock, appréciez-vous d’autres styles musicaux ?
N: Jazz, free jazz, beaucoup de musiques traditionnelles africaines, asiatiques, indiennes, du noise, musiques improvisées/expérimentales/indus, un peu de rap aussi… Quasiment tout sauf de la musique électronique, je n’y connais pas grand-chose.
G: Des musiques traditionnelles du monde entier, du jazz, de la musique orchestrale, en fait, toutes les musiques non ‘post produites’ et jouées live.

Quel serait votre rêve le plus fou ?
N:
Jouer le plus possible est mon seul souhait!
G: Une tournée aux USA.

La question que je n’ai pas posée… 
N:
Quand est-ce qu’on boit une bière ensemble ?
G: Une question sur le matériel, et t'as bien fait!
Gilles Blampain – septembre 2016
https://dothedirt.bandcamp.com/

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