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Interview
DARIO MARS AND THE GUILLOTINES


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BLUES DARIO MARS
blues dario mars
blues dario mars


C’est définitivement l'un des groupes à suivre actuellement sur la scène belge. Rencontre sur les lieux de leurs méfaits, le Studio Chênée Palace dans la banlieue liégeoise.

The Last Soap Bubble Crash, deuxième essai dans lequel se sont fortement investis Renaud Mayeur (guitare, batterie, chant), David Kostman (basse, claviers, guitare acoustique) et Bineta Saware (chant), est en tout cas une belle réussite, mixant allègrement diverses influences pour aboutir à un tout cohérent. Compte tenu du patronyme, le chroniqueur paresseux (mais ce n'est pas le genre de la maison !) pourrait user de métaphores faciles, du genre guitares tranchantes, riffs acérés, mais c'est en fait bien plus que cela, comme on le verra ci-après.

Blues Again : Commençons par les présentations... votre parcours. Renaud, il y a d'abord eu La Muerte. 
Renaud Mayeur : Il y a eu d'autres groupes avant, mais bon c'était anecdotique. Il y a eu Knife Clatter, un groupe punk-rock au début des années 90, et puis La Muerte, oui.

Puis Hulk avec un album enregistré au Rancho de la Luna (haut lieu du stoner) avec des gens comme Jesse Hughes (Eagles of Death Metal) ou Brant Bjork (Kyuss). Qu'est-ce que ça t'a apporté de travailler avec eux?
R.M. : C'était la récré, c'était ludique, on travaillait sous influence, on buvait... C'est des Ricains, à cinq heures on sort le bourbon, et donc on était bien détendu du gland. Sinon c'était très sérieux, un mélange de récré et d'armée, en fait. Ces mecs étaient hyper carrés, mais on s'amusait, on enregistrait et on bossait la nuit. Ça m'a changé des expériences que j'avais eues ici, c'est clair.

dario marsOn dit que vous avez dû changer de nom pour des problèmes avec les ayants droit.
R.M. : Pas vraiment, non. Quand David a rejoint le trio de base en tant que deuxième guitariste, c'était un nouveau départ pour le groupe. On avait envie de marquer le coup par un changement de nom. Ces histoires avec les avocats de Marvel étaient pure invention.
Bineta Saware: Buzz!
R.M.: Enfumage complet!

 

Et Toi, David?
David Kostman : Moi c'est des parents musiciens, très tôt une formation classique. Mon parcours a été parsemé de différentes expériences, j'ai toujours voulu toucher un maximum de choses, apprendre un maximum de langages différents au niveau musical. Depuis que je travaille avec Renaud, je me suis trouvé un environnement qui me parle à différents niveaux, créativité, musicalité, énergie, etc. Et donc ça m'a donné envie de mettre tous mes œufs dans le même panier, comme on dit. Jusque-là, mon avantage c'était la polyvalence, mais l'inconvénient, c'était de n'être spécialiste de rien. On a deux univers différents, on est multi-instrumentistes, avec des capacités musicales et des influences différentes, mais surtout complémentaires. C'est ce qu'on a découvert au fil des années, et je n'ai pas l'impression d'être proche du but.
B.S. : Moi j'ai toujours été fan de musique. Au début c'est aussi un parcours classique, les années de solfège, de chorale. Mais j'ai toujours chanté, au départ avec une amie que je cite toujours, et qui est ma référence, Fatou, qui est devenue DJ, avec qui on a toujours trippé musique. A dix ans, on se retrouvait l'après-midi pour jouer des morceaux, elle au piano, on chantait, peut-être pas spécialement juste, mais on prenait un pied phénoménal. Je ne me suis jamais dit que je ferais de la musique un métier, mais ça a toujours fait partie de ma vie, de manière assez intense. J'ai fait des chœurs pour pas mal de gens, ensuite j'ai eu un groupe qui s'appelait OK Cowboy, avec qui je me suis éclatée pendant quelques années, et qui m'a vraiment appris la scène en tant que lead singer. Dans ce parcours, il y a surtout les potes, et donc la rencontre avec Renaud dans la vie privée, et lui qui vient me chercher...
R.M. : Elle était mon témoin de mariage !
B.S. : Donc voilà, il m'a proposé d'écouter sa musique. J'ai aimé beaucoup de choses, mais j'avais quelques réserves dans le sens où on se retrouve sur beaucoup de points, mais on n'a pas les mêmes influences. Connaissant son parcours, je me disais « Qu'est-ce que je vais pouvoir apporter? ». Ce qu'il faisait était déjà super, mais j'avais quand même un doute. Et au final, je crois qu'on ne s'est pas trompé. On se marre bien, et je pense qu'on peut être fiers de ce qu'on fait. On bosse, on se marre, on est focus sur notre projet. Pour le reste, on verra !

Dario Mars, c'est qui? Ça vient d'où?
R.M. : Il faut voir ce nom de groupe comme un titre de film, ça évoque des images. Avant c'est vrai, c'était mon pseudo, c'est parti de là.
blues dario mars
Les Guillotines, c'est pareil?
B.S. : Bien sûr... Ce qui est chouette avec ce nom, c'est qu'après, on se le raconte comme on veut. Dario Mars, est-ce que c'est un chanteur? La guillotine? On ne sait pas. Ce sont des consonances un peu Django, un peu gitan, un peu cosmique. Qu'on retrouve au final dans la musique, donc c'est assez cohérent. Même si c'est une fille qui chante... Moi j'aime cette surprise.
R.M. : C'est elle qui conduit le live. Avec son corps, sa façon de bouger. Et les arrangements qu'elle amène vont dans le même sens, danser, bouger. David et moi on est plus cérébraux, on a plus un bâton dans le cul.

Passons à l'album. Il y a une vidéo sur Youtube où on vous voit en studio, elle date de plus d'un an. L'accouchement a été difficile?
R.M. : Une petite année.
B.S. : C'est pas si long que ça.
D.K. : Ça dépend du point de vue, pour certains c'est rapide, pour d'autres pas. En tout cas pour Renaud et moi, le période de composition a été assez rapide, parce qu'on avait différentes ébauches. On s'est réuni pour les jouer en groupe, voir dans quelle orientation on pouvait aller. A partir de là, ça nous a pris quatre mois pour finir de les composer, les arranger. L'enregistrement a duré un mois, puis c'était terminé. Le reste c'est la phase de développement, le mixage, la mise en place de la promo, la stratégie commerciale.
B.S. : Neuf mois, le temps d'une grossesse !

La composition des morceaux... Qui amène quoi, qui compose?
R.M. : C'est un peu 70-30, 60-40 avec David.
D.K. : Oui, ça dépend, en tout cas cette fois-ci, on a eu beaucoup plus d'échanges avec Renaud, qui m'a beaucoup sollicité pour participer, ne serait-ce que pour proposer des bases de morceaux. On a développé l'échange, avec évidemment toujours l'orientation initiale qu'il proposait. Avec beaucoup plus de participation de ma part, notamment mes influences classiques. On a fait énormément de ping pong, on s'envoyait des idées, on réagissait, parfois ça a complètement remis en question les arrangements, et au final, l'album est le résultat des différents échanges.
R.M. : Oui, mais pas seulement. On a voulu passer aussi par le prisme de ce qu'est le groupe live, pour le refaire sur disque, ce qui est un exercice complètement différent. Mais sur scène, ça reste beaucoup plus animal, plus chaud.
D.K. : On s'est inspiré de l'énergie qu'on s'est découvert ensemble sur scène, en la pratiquant pendant deux ans.
R.M. : Si on n'avait été que deux, ç'aurait été un album glacial. De par l'apport de Bineta, il y a un côté beaucoup plus... Je ne vais pas dire dance... organique.
B.S. : Voilà. C'est plus organique. Le premier album avait été conçu par Renaud, on est entré dans son univers avec plaisir, mais il y a avait une différence avec ce qu'on produisait sur scène. C'était une remarque qu'on nous faisait, pas spécialement positive ou négative, mais c'était une remarque. Pour cet album-ci, pour garder la cohérence, on s'est dit qu'on allait travailler en commun. Même si je ne suis pas à la base des morceaux, il y avait de la part de Renaud une totale ouverture par rapport à ce que je pouvais amener. Le premier album était déjà bien, mais il nous a cette fois permis d'ajouter notre patte personnelle, et au final c'est ce truc en commun qui fait l'album, et qui fait que le live est une transe. Donc venez nous voir ! (rires)

blues dario marsUne chose m'intrigue : sur la pochette vous êtes trois, Renaud est crédité à la batterie, et puis il est question d'un percussionniste (Vincenzo Capizzi). Vous n'avez pas de véritable batteur?
R.M. : En fait on s'est séparé du précédent batteur pour diverses raisons...
B.S. : ...Qui ne sont pas des raisons personnelles. Ce mec était formidable !
R.M. : Tout à fait, mais je suis batteur aussi, et je pars du beat pour composer des morceaux, c'est très important pour moi. Tu ne peux pas te contenter du premier beat qui te vient, sinon tu te retrouves à faire des choses évidentes. Donc c'était important pour moi de partir chaque fois d'un beat. J'ai enregistré des maquettes, et puis on a été pris par le temps, j'ai dit Ecoute, j'enregistre cette batterie.
D.K. : Il était avec nous quand ça s’est passé, mais on était dans un élan, tout s'est passé assez vite. Il a participé, mais en tant que percussionniste, nous on savait ce qu'on avait entre les mains, et comment l'exprimer. On s'est dit le plus simple, c'est de faire comme ça.
B.S. : Quand on parle de cette atmosphère, qui a influencé l'album, il en fait complètement partie. Je ne suis pas sûre qu'on aurait réussi à avoir les mêmes moments de transe si ça n'avait pas été Vincenzo. La décision a été dure, c'était plus pour des aspects techniques. On peut le remercier, parce que c'est grâce à lui aussi qu'on a obtenu cette couleur. Voilà maintenant on joue avec quelqu'un d'autre, mais je crois que c'était important à dire.

C'est un album où on retrouve pas mal de nuances, jusque dans les titres, d'ailleurs. 'Summer Ice', par exemple, ça semble paradoxal. Vous attachez de l'importance aux paroles?
D.K. : Paradoxal, c'est un mot qui est revenu souvent. Renaud et moi, on a des personnalités assez différentes, et plus on a avancé dans la composition du disque, plus on s'est rendu compte que ça apparaissait à beaucoup d'autres niveaux. Pour ce qui est des paroles, qui sont essentiellement composées par Renaud, ou des titres, je lui laisse le soin de...
R.M. : Les paroles, c'est beaucoup d'images, assez contradictoires, du ressenti... C'est sauvage et léché en même temps.
B.S. : Les mots s'associent à une mélodie, ça forme un tout, un tempo, tout doit être cohérent.
R.M. : Les textes, c'est aussi de la musique.
B.S. : Tout à fait. Une mélodie, le choix des instruments, un tempo, un texte, pour moi ça forme un tout. Sinon quand on arrive sur scène, ou en studio, on ne sait pas quoi raconter, et alors ça sonne faux. Je pense qu'une des qualités de Dario Mars, c'est l'honnêteté. Si on dit ‘tristesse’, c'est tristesse et on y va. Si je raconte juste que je suis allée chercher du pain, que le facteur est passé...

'Strange Happiness', le paradoxe encore...
R.M. : Ce sont des mots que la musique m'a évoqués, il n'y a pas forcément un sens clair dans ce morceau. Les mots sont de la musique.
B.S. : 'Strange Happiness' est de nouveau cohérent par rapport au reste de l'album, mais pour moi il est particulier, parce que là je chante vraiment seule, en tout cas dans l'intro, il y a beaucoup de place pour l'interprétation. Je suis prise par les mots, c'est un morceau intense, tant à interpréter qu'à l'écoute...
D.K. : Cet orgue qui constitue un peu la colonne vertébrale du morceau est parti de cette idée un peu classique et dramatique que Renaud m'a demandé d'apporter. C'est la dernière composition originale de l'album, c'est comme une conclusion, un constat. Un résumé de tout ce qui a été évoqué dans les morceaux précédents.
B.S. : C'est less is more, c'est un morceau où il y a très peu et beaucoup, et je me dis que parfois, c'est un peu ce qui manque actuellement à beaucoup de groupes
R.M. : Comme ces connards de... (rires)

'Gone With Sorrows' : le sens paraît plus évident.
R.M. : Oui, ça parle de la difficulté d'aimer, tout simplement. Le reste est dans les paroles, faut écouter. Le texte est en adéquation avec la musique, c'est assez sombre.
B.S. : Le texte dit tout, hein !
D.K. : Même si la plupart des textes peuvent inspirer quelque chose de spécifique, on a quand même essayé de les laisser un maximum ouverts à différents niveaux d'interprétation, pour que chacun puisse s'approprier ce qu'on raconte à sa façon, même s'il y a une idée précise, ou pas, derrière.
B.S : L'amour, ça peut être ton compagnon, ça peut être familial...
D.K. : Tout dépend du ressenti. C'est toujours délicat d'expliquer ce qu'on a voulu exprimer. L'essentiel, c'est de faire ressentir des choses aux gens, de manière générale.
R.M. : En fait c'est une histoire d'amour qui m'a été inspirée par la disparition de mon frère. C'est de ça que je parle dans la chanson, mais ça peut s'appliquer à n'importe quelle histoire d'amour qui est partie en couilles.

'Hold On', par contre...blues dario mars
R.M. : Pour 'Hold On', on a plaqué un thème un peu musique de film, sur un rock/soul un peu enlevé. On l'a composé dans ce gîte où on était enfermé une semaine, faut dire qu'on était bourrés... Le refrain est sorti un moment comme une évidence. 'Hold On', c'est quatre mots et une phrase.
D.K. : Voilà, et toujours dans cet esprit less is more, être le plus condensé, le plus efficace possible. Et le sujet est venu de toutes ces choses que l'actualité nous inspirait en termes d'émotion, c'est ce mélange qui a fait le morceau.
B.S. : C'est vrai que c'est assez drôle, enfin drôle... Renaud disait à l'époque qu'on devrait être plus engagés dans les textes, parce que tout de même, il se passait pas mal de choses dans les medias, au niveau du climat, les petits rigolos qui faisaient péter des bombes un peu partout, de plus en plus proche de nous, et ce texte parle de religion, de plein de choses. On a cherché ce titre pendant des heures, bourrés au genièvre dans la cuisine, parce qu'on voulait des mots forts. C'est le premier morceau qu'on a chanté à la télévision, ça avait d'autant plus de sens qu'on sortait de la période lock down, menace de niveau 4 à Bruxelles. On était tous enfermés chez nous, et le présentateur nous a proposé de jouer ce morceau dehors. C'était fort, ça faisait des jours qu'on restait enfermés en se demandant si ça allait péter ou pas. Pour moi ce morceau a beaucoup de sens, au-delà du politique, de l'engagement, ça a été une sorte de respiration, de défouloir, et les gens étaient contents d'être dehors, ensemble, autour de nous. C'est là que ces mots ont encore pris plus de sens, 'Hold On', on tient bon.
D.K. : De manière générale, que ce soit politique, culturel ou social, globalement on a la sensation d'être dans une période plutôt sombre. C'est le constat du morceau, et le slogan qui en ressort pour moi, c'est plus ‘the evil is done and cannot be undone’, et la réponse à ça qui dit ‘tenez bon’, parce que ça ne sert à rien de se focaliser sur la fatalité des choses.
B.S. : Ensemble, surtout !
R.M. : Et puis Trump arrive ! Il y a aussi deux morceaux dont je compte m'inspirer pour la suite, c'est 'Vertigo' et 'Soulless', qui ont des rythmiques un peu jazz, pas traditionnellement rock. Ça donne un résultat assez brutal, mais les rythmiques sont soignées, les atmosphères sont particulières. Et ça, ça fait partie du parcours, aussi bien les musiques de films que ce que j'écoute. Ce sont des choses qui nous ont influencés tout au long de notre vie. Pas seulement des emprunts aux Stooges, à MC Five, Hendrix. C'est surtout de ça que je suis fan, les sixties, le rock sauvage, mais à côté il y a beaucoup d'autres choses, le jazz, les musiques de films...

Justement, tu as composé des musiques de films (pour Bouli Lanners, entre autres), ça a nécessairement influencé ta façon de composer.
R. M. : Enormément ! Je me suis rendu compte qu'avec un accord et trois notes tu pouvais déjà raconter énormément de choses : c'est un peu la recette de ces morceaux : de la sauvagerie, dans un contexte un peu magique, de par le son, de par les arrangements.
B.S. : Moi je retiens surtout 'Far From You', même si ça a été laborieux.
R.M. :blues dario mars C'est la neuvième version qui figure sur l'album.
B.S. : Neuvième, dixième version ! On l'a faite un peu pop, parce que je ne crache pas du tout sur la pop, j'adore Robbie Williams ou Beyonce par exemple, et on a réussi à donner un aspect dansant, tout en restant du Dario Mars. Et 'Soulless', c'est une transe, c'est vaudou, et ça nous ressemble d'autant plus.
D.K. : En tout cas, tous les titres qu'on a cité ont en commun ce côté mystérieux, hypnotique.  Personnellement je n'arrive pas à sortir un morceau du lot, parce qu'on s'est tellement immergé dans tout ça, on a tellement voulu que chaque morceau soit aussi bon qu'un autre que je n'ai pas de préférence.
R.M.: (ton mélodramatique): En gros, transporter du rock sauvage dans des régions inexplorées. Tu es dans un film, avec de la fantaisie, ça donne plein d'images.
B.S. : C'est très visuel. 
R.M. : Et danser !  

Il y a aussi la reprise assez inattendue d' 'I Wanna Be Loved By You'. Qui a eu l'idée?
D.K. : C'est moi. J'essayais de rentrer dans le processus d'arrangement de Renaud. Il m'a beaucoup guidé, et avec celle-là, j'ai pour une fois tapé dans le mille, si je peux me permettre.
R.M. : C'est une version glacée.
B.S. : Quand j'ai écouté cette reprise pour la première fois, ça m'a retourné. On voit toujours Marilyn chanter poo poo pe doo pour allumer un homme, mais moi je vois ça comme une forme de désespoir, et je trouve que c'est comme ça que tu l'as arrangée.
D.K. : On a parlé de paradoxe. La version originale n'aurait pas du tout correspondu à notre tempérament. Enfin, même pour elle, c'est une reprise. Le morceau n'a pas été écrit pour elle, il date de bien avant, mais je pense que cette interprétation est associée à elle d'une manière telle que ça reste un hommage à sa personnalité et à sa complexité, prise entre la réalité et les médias. Je me suis imaginé, en relisant son histoire qui est plutôt sombre, la face cachée de Marylin. Comment elle pouvait la chanter avec son ressenti réel, et pas avec l'image de la starlette. Les personnes qui ont écouté le morceau et qui connaissent son histoire m'ont souvent dit que c'est sans doute la face réelle de Marilyn. Voilà ce qui m'a inspiré : un personnage très sombre, face à la solitude.
R.M. : Grosse (rires)
B.S. : Moche !

Passons à toi, Jean-Charles. Ton rôle exact dans cet album?
Jean-Charles Cremers : J'ai travaillé dans le passé avec Renaud, on avait fait un six titres avec Hulk, et Renaud m'a recontacté pour cet album. Au départ on devait simplement enregistrer les basses-batterie, et puis de fil en aiguille, j'ai bien accroché et finalement j'ai proposé de mixer l'album. Et puis j'ai essayé de mettre ma petite touche par moments. Quand on travaille avec un groupe comme ça, on a beaucoup de possibilités. Je veux dire que les chansons évoquent pas mal de choses, et donc on a de multiples choix quant à la direction à prendre. J'ai essayé d'apporter ma petite pierre à l'édifice... Tout à l'heure ils parlaient d'émotion, c'est directement ce que j'ai ressenti dans leurs chansons. Il y a une vérité là-dedans, et moi ça m'a touché. J'ai vraiment eu envie de participer au truc.

Ce n'est pas trop dur de tenir un studio à l'heure actuelle?
J.C.C. : C'est clair, il a fallu se remettre complètement en question. Avant, l'enregistrement était payé par les ventes de disques, le budget studio était fonction de ce qu'on espérait vendre. A l'heure actuelle, comme on ne vend plus beaucoup, il a fallu trouver d'autres moyens. Donc c'est assez compliqué, surtout si on veut continuer à faire de la qualité. Le matériel, la production studio coûtent cher, ça mobilise pas mal de moyens, de temps, d'énergie. Alors on essaye de trouver des solutions, des chemins qui permettent quand même de continuer à sortir de bonnes choses dans de bonnes conditions, mais c'est plus compliqué qu'avant, c'est sûr.

Un mot sur l'album ?
J.C.C. : Je suis particulièrement content d'avoir participé à ceblues dario mars projet. Renaud et moi on s'est connu il y a une grosse quinzaine d'années, et déjà à l'époque quelque chose s'était passé, artistiquement et humainement. J'ai donc été très heureux quand il m'a recontacté. On s'est retrouvé comme ça, après quinze, dix-sept ans, on avait l'impression qu'on s'était quitté trois semaines avant. C'est quelqu'un avec qui j'établis facilement une connexion, et puis j'ai rencontré David, et Bineta, et je me sentais très à l'aise avec eux. Le rapport humain, finalement, c'est toujours ça qui prime...

La suite du programme : une tournée, j'imagine…
R.M. : On a d'abord sorti l'album dans le Bénélux, on a déjà une série de dates en Belgique, en Hollande, Ensuite on le sort sur d'autres territoires.
B.S. : On a prévu une sortie pays par pays, plutôt qu'une sortie globale.
R.M. : Le premier album était sorti dans le monde entier, on a eu de super critiques de Grèce, du Mexique, mais ensuite, aucune équipe sur place pour travailler. C'était perdu, et cette fois on n'a pas voulu ça. On doit encore trouver notre public. Toutes ces critiques du Portugal, d'Amérique latine, d'Angleterre, on n'a pas pu les exploiter. C'est une chose qu'on a voulu corriger.
D.K. : Une  tournée, c'est aussi le résultat d'un travail promotionnel. Pour l'instant on est plus sur le promotionnel.

Une conclusion…
R.M. : Il faut venir nous voir en live, parce qu'il se passe vraiment un truc. On est les premiers surpris de ce qui se passe sur scène. C'est le premier groupe avec lequel je jamme sur scène, où on prend des libertés, où les morceaux se transforment. Ils sont à géométrie variable, et c'est vraiment excitant.
B.S. : On est étonné de la manière dont ça peut toucher les gens.
R.M. : Et pour ceux qui ont déjà vu le concert, le suivant ne sera pas pareil. C'est chaque fois différent.
D.K. : c'est un bon résumé. Vu que l'album s'inspire de l'énergie de la scène, il faut venir nous voir, c'est le meilleur endroit.
B.S. : Il faut acheter l'album, aussi, il y en a qui aimeraient payer leur loyer le mois prochain !

Marc Jansen – mars 2017

https://dariomarsandtheguillotines.bandcamp.com

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