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Interview
DADDY MT & THE MATCHES
On en arrive vite aux racines !


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Un band qui envoie un blues vigoureux dont le turbo est alimenté par les courants d’air de la Windy city. C’est vif, plein d’énergie et de bonnes vibrations. La scène, les rencontres, le CD… Daddy MT nous présente l’affaire.

Blues Again : Qui es-tu Daddy MT ?
Daddy MT : Mon nom est Mathieu Tessier, j’ai 37 ans, j’habite à Vienne en Isère et je suis originaire de Tours. J’ai commencé la musique à l’âge 6 ans au conservatoire en étudiant le piano jusqu’à 15 ans. Je me suis détourné de la musique classique sur les conseils avisés de mon grand frère Fabien qui m’a mis une basse et le Best Of des Blues Brothers dans les mains et qui m’a dit : « Tu veux apprendre à jouer ? Bosse toutes ces lignes de basses notes à notes ». J’ai découvert le blues avec mon premier groupe, puis le chant parce qu’il fallait bien un chanteur et que j’avais fait pas mal de chorale au conservatoire, et enfin je succombe à la puissance obscure de la guitare aux alentours de 18 ans. J’ai ainsi fait partie de plusieurs groupes de potes comme beaucoup alternant la basse, la guitare et le clavier jusqu’au jour où j’ai estimé avoir les moyens de monter des projets en tant que chanteur et guitariste.
En ce qui concerne mon rôle de leader dans le band, il fait partie entière de mon projet, de l’esprit et de l’histoire de cette musique. J’ai une idée relativement précise de la manière dont les morceaux doivent sonner à mes oreilles et les Matches ont le talent de le comprendre (ce qui n’est parfois pas si simple) et surtout de le faire !

C’est donc le blues qui t’a accroché…
Comme je le disais, j’ai découvert le blues lorsque j’étais au lycée. A cette époque, j’apprenais à jouer de la basse et j’ai rencontré un guitariste fan de Hendrix et de SRV, Pierre-Louis Labonne, qui est d’ailleurs devenu mon meilleur pote, comme quoi la musique... J’en profite pour le remercier parce que c’est lui qui m’a fait faire mes premiers pas sur la six cordes. On a commencé à jouer ensemble, et au fil du temps on s’est intéressé aux influences et inspirations de Mr Vaughan, puis aux influences de ses influences… et voilà comment on en arrive vite aux racines !

Qui trouve-t-on dans ton panthéon personnel ?
Alors, je ne te les donne pas dans l’ordre de préférences (parce que j’en suis incapable…) mais dans l’ordre chronologiques des artistes que j’ai adulé : Stevie Ray Vaughan, Albert King, Lucky Peterson, BB King, Buddy Guy, Albert Collins, Robben Ford, Mighty Joe Young, Freddie King, Lurrie Bell, Luther ‘Guitar Junior’ Johnson, John Primer et Magic Slim. Bien sûr il y en a beaucoup d’autres mais ce sont les principaux.

Sur quel genre de guitare joues-tu ?
Je joue sur une Sabre de 78 (MusicMan) dans un ampli MusicMan 112. Ce sont des guitares peu connues mais d’une qualité exceptionnelle et qui offrent une palette de sonorité que j’adore et qui correspond à ce que je cherchais. Si vous en avez l’occasion, amis guitaristes, je vous conseille d’en essayer une…

Qui sont les Matches ?
A la guitare, c’est Christophe Oliveres avec qui j’avais déjà joué il y a quelques années. C’est le premier que j’ai contacté au lancement du projet (qu’il a accepté avec plaisir) et c’est lui aussi qui m’a proposer des musiciens pour la section rythmique en fonction de ce que je cherchais. Christophe est certainement le plus éclectique parmi nous, la musique l’accompagne sous toutes ses formes depuis tout petit, que ce soit la musique classique, le rock, le blues ou le jazz… Professeur de guitare, directeur pédagogique du CFPM (centre de formation professionnelle de la musique) à Villeurbanne, il manie la six cordes dans deux autres groupes, Back Roads et Les Mégaphones.
A la basse, c’est Olivier Lombardi. Olivier a commencé à apprendre la musique en autodidacte jouant ainsi dans des formations aux styles très variés (rock, soul, afro, jazz, etc.). Il intègre le CFPM en 2010 où il fait la connaissance de Christophe. Aujourd’hui professeur de basse, il assure aussi le groove du groupe Réservoir Soul. 
Et enfin à la batterie, c’est Nicolas Ammollo. Nicolas a commencé la batterie à l’âge de 14 ans avec des potes dans un univers musical très différent (punk-rock, métal). Il intègre le CFPM en 2008 et c’est l’occasion pour lui de découvrir de nouveaux univers, tels que la funk, le jazz et bien évidemment le blues. Nicolas est professeur de batterie, il fait aussi fureur au sein d’autres groupes, tels que Back Roads et Réservoir Soul. 

Comment le groupe est-il né ?
Le groupe est né l’été 2011. J’avais travaillé sur ce projet depuis un moment de mon côté. Je savais quels instruments de voulais, quel type de jeu et j’avais une quinzaine de compositions prêtes. J’ai contacté Christophe pour lui proposer le projet qu’il a tout de suite accepté, il m’a ensuite proposé Olivier et Nicolas pour la section rythmique, et il a mis dans le mille !

Pourquoi ce nom : Daddy MT and the Matches ?
Daddy MT est le nom que les gars m’ont donné suite à la naissance de ma fille en novembre 2011 qui correspond aux premiers pas du groupe. Pour les Matches, on cherchait un titre qui pouvait les qualifier tous les trois, quelque chose qu’ils pouvaient avoir un commun. Il se trouve qu’ils font tous deux têtes de plus que moi et qu’ils sont tous les trois fins comme des allumettes, et voilà…

Le son du band vient de Chicago, quelles ont été vos influences ?
En ce qui concerne le son du band, l’influence principale est clairement les Teardrops du regretté Magic Slim. C’est dans ce sens par exemple que je recherchais un batteur ayant une culture rock permettant de développer suffisamment d’énergie et de puissance.

Cite-nous 3 ou 4 musiciens qui font l’unanimité dans le groupe ?
Pas simple parce qu’on vient tous d’univers différents, et on a finalement peu de références communes… Ce qui est certain, c’est qu’on est tous d’accord sur quelques stars du blues comme Magic Slim, John Primer ou encore Buddy Guy.

Où et quand avez-vous fait votre premier concert?
Le premier concert du groupe était en septembre 2012, un an après le lancement du projet, au festival des Grosses Guitares à Vaugneray (69) en première partie de Wishbone Ash. On a fait une quinzaine de concert la première année. On est dans la deuxième et on est parti pour en faire autant. Et pour les quelques mois à venir, notre projet est de jouer, aller à la rencontre du public et d’autres artistes…

La scène, il y a les bons et les mauvais côtés...
Le meilleur souvenir c’est à l’unanimité le bar Le Bienvenu où on a joué lors du Festiblues de Montréal l’été dernier. On sortait d’un premier concert sur une grande scène en extérieur. On est arrivé dans ce club très sombre, un peu glauque, des machines à sous au fond, un peu surprenant sur le coup. On s’installe, et on attaque le concert… de la folie ! De la première à la dernière note, le public était debout dans une ambiance de dingue, c’était autant incroyable qu’extraordinaire pour nous ! On se serait cru dans un club de Chicago.
Les mauvais côtés… on n’a pas de mauvais souvenirs de scène, et c’est tant mieux ! Il y a toujours des concerts qui se passent mieux que d’autres, mais on prend toujours énormément de plaisir sur scène et si jamais quelque chose se passe mal, on en tire les leçons pour éviter que ça se reproduise.

Souvenir d’une belle rencontre…
Lors du Tremplin Blues sur Seine 2012, on a eu la chance d’assister à un concert surprise de Magic Slim, qui fut d’ailleurs un de ses derniers. Les Teardrops sont arrivé en milieu d’après-midi et je suis allé voir Jon McDonald, le guitariste. C’est un homme d’une grande gentillesse avec qui on a passé 2 heures à discuter en toute simplicité, que du bonheur !

La scène lyonnaise : les groupes, les clubs, le public… 
J’habite dans la région Lyonnaise depuis 4, 5ans alors je ne suis certainement pas le mieux placé pour t’en parler. Ce que je peux dire c’est que j’ai toujours été super bien accueilli aussi bien par le public que par les organisateurs. En ce qui concerne la vie du blues dans la région, je te citerais quelques artistes comme Neal Black, Tomek Dziano, Jack Bon, Gérard Herzhaft, Sophie Malbec, les festivals de Jazz à Vienne, Sathonay-Village et Salaise-sur-Sanne, le Grésiblues, Les Grosses Guitares. Et bien sûr pas mal de clubs et de bars qui offrent une programmation régulière comme le Hall Blues Club à Pelussin, ou encore Le Prisca à Villeurbanne…

Let’s Strike The Match est le premier album du band. Satisfait du résultat?
Oui, c’est mon premier album, autant te dire que j’en suis fier ! C’est une autoproduction, on l’a enregistré en novembre 2013 en quatre jours au studio NOISEFIRM à Ambérieu-en-Bugey. Il présente 11 titres dont 9 compositions. Il n’est pour l’instant qu’en vente sur notre site et bien sûr lors de nos concerts, il n’est pas (encore ?) distribué. Alors, très chers amis distributeurs, vous savez quoi faire… 

Tu signes la grande majorité des titres du CD. Quand et comment composes-tu ?
Il n’y a pas de règle précise. Pour la composition, en général, je pars d’une idée de ligne de chant ou de riff qui me vient en jouant seul ou avec les gars. En ce qui concerne l’écriture, je pars souvent d’une situation de vie (qu’elle m’appartienne ou pas d’ailleurs) et j’essaie d’exprimer dans les sentiments, les ressentis qui s’en dégagent. L’inspiration vient donc de la vie quotidienne, des histoires de cœur, de boulot, d’argent… en général se sont des sujets qui semblent banals mais qui touchent tout le monde, et c’est en ça que le blues est universel, il parle à tous.

Parle-nous de l’association Avec Le Blues…
Avec ma femme Marlène nous avons créé l’association Avec Le Blues en 2010 avec deux objectifs : gérer nos projets musicaux (« Daddy MT & The Matches » et notre duo « Blues In Veins ») en leur offrant un cadre administratif et avoir la possibilité d’organiser des manifestations autour du blues, mais pour l’instant nous n’avons pas eu l’occasion de nous pencher sur ce dernier point.

Quels sont tes hobbies en dehors de la musique ?
Entre ma famille, la musique et le boulot, je t’avoue que je n’ai pas beaucoup de temps à consacrer à autre chose. Sans parler de hobby, j’adore me poser devant un bon film ou une bonne série TV avec un plateau !

Pour le band, quel serait le rêve le plus fou ?
Je crois que ça serait d’avoir l’occasion d’aller jouer aux USA et en particulier à Chicago. 

Quels ont été tes derniers coups de cœur musicaux ?
J’ai récemment découvert l’album Round Like An Apple de Smokey Wilson. Pour te dire, je ne le connaissais pas mais j’aime beaucoup !

En dehors du blues, de la soul, du rock, apprécies-tu d’autres styles musicaux ?
Pour être honnête, je n’écoute pas de musique en dehors du blues et de la soul.

Un dernier mot avant de se quitter…
Je vends une superbe guitare MusicMan StingRay de 1977 Walnut, à saisir ! Vous pouvez me contacter via notre site… et, à très bientôt sur l’un des chemins qui mènent au blues !

Gilles Blampain – mai 2014

http://daddymt.wix.com/home