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03/17
Chroniques CD du mois Interview: CHICKEN DIAMOND Livres & Publications
Dossier: BLUES & FLAMENCO (suite) Portrait: BIG JOE WILLIAMS Interview: MOJO BRUNO
 


Interview
BOBBY & SUE


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Le Télégramme de Brest les appelle « le talentueux duo douarneniste ». Ils ont écumé tous les juke joints de la péninsule. Mais quand il appuie sur le côté breton, l’apprenti journaliste se fait gentiment rembarrer. Ce sont les « Bobby & Sue ».

Blues Again : Ce que vous jouez n’est pas estampillé blues ou jazz américain, je trouve que c’est profondément breton…
Bobby & Sue : Je suis ablues bobby & suemoureux de la Bretagne, mais je le porte pas comme un étendard, ça me fait penser à la chanson de Brassens « les imbéciles heureux qui sont nés quelque part ». On n’a jamais vraiment revendiqué aucune appartenance, ou terre d’adoption. On n’a jamais essayé de se faire passer pour qui on n’est pas. Evidement que c’est la musique américaine qui nous inspire, mais au-delà on espère exister par nos propres compositions, par notre propre écriture. Par rapport à la Bretagne, on y vit donc notre inspiration vient aussi de là. Mais on ne veut pas être identifié à une sorte de Blues breton, ou dépeindre la Bretagne avec nos instruments. C’est juste un mélange Amérique-Bretagne.

Le concert est théâtralisé. Sur scène ce ne sont plus Brendan et Violaine, mais l’incarnation de vos doubles « Bobby & Sue »…
Ce sont des tableaux différents, avec des lumières, des ambiances à chaque chanson. Le spectacle est très écrit. C’est théâtralisé, de façon mesurée. Bobby & Sue, on les incarne quand elle chante, quand je joue. Ils peuvent être des personnages différents en fonction des chansons. Et peut-être que les gens repartent avec en tête différentes idées de Bobby & Sue. Les thèmes des chansons sont différents. On ne va pas se comporter pareil d’un morceau à l’autre, parfois pendant 3 morceaux on va ne pas du tout se regarder, et pour d’autres tout va se jouer dans la complicité, à se chercher l’un l’autre en permanence.

L’alliance entre la voix extrêmement expressive de Violaine et le côté multi instrumentiste de Brendan dégage une intensité, une émotion incroyable…
Ça nous touche parce que la technique ça nous fait ni chaud ni froid. Quand on nous dit qu’il y a de l’intention, qu’on a été ému par une de nos chansons, ça nous fait plaisir, parce que c’est ce qu’on cherche. On cherche à s’émouvoir nous-mêmes, et quand on a ce retour on se dit que notre chanson a fonctionné.  ‘Charlie Boy’ c’est mon fils Charlie, c’est une chanson écrite pour lui. C’est un accordage de guitare très particulier, très employé en musique celtique, et par Jimmy Page. ‘West Country Blues’, ça parle de la Bretagne mais avec du recul. C’est un jeu sur les clichés : la mer, le vent, la pluie…

blues bobby & sue

Quel est votre processus créatif ?
On fait toujours notre popote à deux, pendant les périodes de composition, qui sont assez rares parce qu’on tourne beaucoup. Cet album-là on l’a écrit en trois mois, mais en ne faisant que ça. Et c’était y a deux ans, donc là on est fébriles. Y a plein d’idées dans le téléphone. On est en train de tout archiver. Les chansons ont muri sur scène, en studio, elles ont suivi leur chemin. On a travaillé les lumières, le son. On est arrivé en studio avec des chansons rodées.

On sent qu’il y a un frémissement autour de l’album Spinning Mind, le doux parfum d’un succès naissant…
C’est aussi grâce à Kristell Arquetoux. Elle nous suit, elle a produit l’album, elle nous trouve des super dates, la première partie de Bettye Lavette. Y a une dynamique autour de la sortie de l’album. On veut faire des belles dates, des festivals, faire voyager nos chansons.

Tous les titres sont en anglais…blues bobby & sue
La langue anglaise sonne bien avec notre musique. On utilise la langue comme un instrument, pour sa musicalité. C’est notre parti pris. On n’est pas animé par le désir de la langue française. On n’est pas attiré, même si je suis fan de Brel, Bashung, Léo Ferré. On nous demande même parfois « pourquoi vous ne chantez pas en breton ? »

Quelle est la musique que vous écoutez ?
On écoute tout, mais on est érudits en rien. Stones, Beatles, The Who, tout le swinging London des années 60. Mais aussi Gainsbourg, du Hip Hop, The Roots. On a commencé par faire des reprises de standards, mais on est très heureux de s’en être détachés. On n’en fait plus que deux ou trois par concert, pas plus. L’artiste qui nous colle à la peau c’est Ella Fitzgerald, depuis que j’ai acheté une compilation 5 francs chez Continent.

Blues Again : Encore une idée reçue qui s’envole : je croyais qu’il n’y avait que des Leclerc en Bretagne. Sur la scène du Sunset, le concert de Bobby & Sue vise le public au cœur. Brendan jongle avec les guitares, un banjo, s’assoie parfois au piano, joue avec énergie et précision.  Le chant de Violaine évoque Karen Dalton, la chanteuse mi-Irlandaise, mi-Cherokee. Comme un lien secret et inconnu d’eux-mêmes.

Cranberry Gordy – mars 2016
www.bobbyandsue.com/

blues bobby & sue