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09/19
Chroniques CD du mois Interview: JACQUES GARCIA Livres & Publications
Portrait: JIMMY ROGERS Interview: GEOFFREY LUCKY PEPPER Dossier: LESLIE
 


Interview
BIG BRAZOS


KING KONG BLUES
king kong blues
king kong blues






Depuis plus de 20 ans entre blues et folk le trio distille des atmosphères légères pour soutenir des propos qui ont du sens.   

Blues Again : Que devient le band ?
Jérôme : Présentons rapidement la fratrie : il y a Etienne Brazos à la basse et au Dobro « square neck » ; André Brazosblues big brazos : à l’harmonica, et Jérôme Brazos à la guitare, nous chantons tous les trois…
André : Quand on est passé de 4 à 3, on a  d'abord laissé un nouveau centre de gravité se trouver naturellement et on a retrouvé l'harmonie. 
Jérôme : Nous continuons à jouer dans les bars principalement, la sortie de notre album La Part des Anges est l’occasion de rappeler que nous sommes toujours là ! Le répertoire reste éclectique entre reprises blues, folk et compos.

Après 23 ans d’existence peut-on faire un bilan ?
André : Les liens musicaux se sont construits et développés sur l'amitié, elle-même se développant ; je n'aurais rien vu de durable et de réellement fort sans l'amitié.
Musicalement on en est qu'au début j'ai l'impression, d'autant qu'on est d'évolution lente ; on a encore 200 ans de musique devant nous !

Y a-t-il eu des regrets au cours de ces années ?
Jérôme : Pas réellement de regrets mais il reste encore des endroits où nous aimerions nous produire, certains festivals …
 
Le plus beau souvenir ou le plus cocasse… 
André : Cahors, avec le séjour dans ce magnifique hôtel restaurant plein centre, le concert pile devant sur la place du marché, et le tout en famille et entre potes ; la première partie de Bill Deraime à Saint-Saulve aussi ; sans oublier le Maindron où on a cru se faire tirer dessus. 
Jérôme : Oui le Maindron reste un must … c’était vraiment Chicago dans le 14ème arrondissement de Paris… Je me rappelle aussi de la bouteille de Calva dans les loges du festival Quai des Blues à Regnéville-sur-Mer. Nous avions partagé la scène avec Napoléon Washington, la communion entre public, bénévoles et musiciens était totale et si chaleureuse que nous en avons fait des chansons pour notre premier disque Je L’emporterai Au Paradis.
Etienne : Je rajouterais bien les repas animés et festifs du Méphisto à Cahors. 

Comment définiriez-vous le style du groupe ?
Jérôme : Nous avons amené chacun nos influences. Une grosse cuillère de blues, une pincée de bluegrass et un trait de folk. Le style s’est patiné et j’espère, bonifié au fil des années, la nostalgie est souvent un de nos signes particuliers. En live, l’harmonica et le Dobro sont les instruments signatures. 
André : Et on laisse une belle part aux voix.  
Etienne : Difficile de trouver une définition précise, peut être effectivement le croisement de nos trois univers musicaux pas si éloignés que ça les uns des autres.

Quelles sont vos sources d’inspiration pour écrire et composer ?
Jérôme : On travaille avec ce que nous trouvons autour de nous, on chope ici ou là des bribes, ça peut être en regardant un film, une réplique entendue dans la rue, les expressions populaires sont une mine d’or. Le plus excitant est de croiser des idées directrices dans une chanson pour obtenir plusieurs niveaux de lecture. C’est pour ça en partie que nous choisissons d’écrire en français.
Le premier vers est prédominant, il reste le détonateur pour la suite de l’histoire. On essaie ensuite d’y associer une idée de riff ou une grille harmonique comme I, IV, V toujours inspirée du blues ou du bluegrass … et… ça peut prendre deux heures comme 5 ans voire plus ou carrément finir en pièces détachées pour d’autres titres.

Si les rapports amoureux comme les faits du quotidien vous inspirent, l’écologie semble être un sujet qui vous tient à cœur… Sans totalement transposer les textes originaux…
André : Ben ouais, même si on est plein de contradictions (on a des bagnoles, ...)
Jérôme : Il faut garder un peu de distance avec ces sujets surtout ne pas donner de leçon ! Les titres ‘Dakota’ ou ‘Palissandre’ expriment toute cette contradiction. Pour ma part, je reste convaincu que c’est la Nature qui sauvera l’humanité et non l’inverse… Nous en sommes incapables. Le titre ‘Échappés’, lui est une forme de prière pour tous les migrants à la manière de ‘Down To The River To Pray’ … Ça résume bien le blues de l’époque, non ?
 
Si le band avait une devise, quelle serait-elle ?
Jérôme : Nul besoin d’étiquette ! Les années 40 et 50 sont des périodes musicales très riches, les songsters s’en sont donnés à cœur joie ! Il y avait, à mon avis, moins de clivage musical. Noirs et Blancs se partageaient souvent leblues big brazos même répertoire. Doc Watson et Mississippi John Hurt pour ne citer qu’eux chantaient pour le peuple, des paysans, des ouvriers. Nous cherchons toujours une synthèse autour de chanson que je qualifierais de « Mother » ou protosong, elles sont à l’origine de tout : ‘Dink’s Song’, ‘Make Me a Pallet On Your Floor’, ‘Look Up Look Down That Lonesome Road’ en sont de beaux exemples. 

Vous avez sorti il y a quelques mois La Part Des Anges. Comment et où se sont fait les enregistrements ?
Jérôme : Un travail artisanal avec nos moyens, je me suis équipé d’un petit home studio et j’ai pris quelques cours… Ensuite, nous avons échangé des pistes soit en enregistrant chacun de notre côté ou en studio de répétition avec un Ipad et un micro Apogee. D’ailleurs, sur certaines pistes d’harmo nous entendions au mixage la basse du groupe Elise and the Sugarsweets qui répétait juste à côté dans le studio voisin, (rires…) Hé ! un peu moins fort les mecs… et la fille… (rires)… Au final, nous avons pu peaufiné le mixage et le mastering sans budget … 3 ans de travail !

 Vous restez attachés à une expression francophone, mais sur cet album vous reprenez JJ Cale dans le texte. Pourquoi lui ? 
Jérôme : Un musicien qui fait l’unanimité chez nous et quand on parle de style ! Cette reprise de ‘Drifters Wife’ a été très importante quand nous nous sommes retrouvés en trio, notre premier enregistrement… Il faut y voir ici un modeste hommage.
Etienne : Parce-que il est sûrement juste au croisement de nos trois univers musicaux. 

En dehors de vos engagements personnels, travaillez-vous sur d'autres projets en collaboration ? 
Jérôme : Oui, j’anime le site Docteur Blues avec quelques passionnés.

Combien de gigs par an ? Les prochains rendez-vous importants ?
André : Pas assez, d'ailleurs on est preneur de toute aide.

En quoi la scène est-elle indispensable ?
André : Totalement indispensable : adrénaline, drogue, c'est fantastique ce qu'on ressent quand on voit qu'on fait plaisir aux gens, on aurait presque l'impression d'être utile et ça crée des souvenirs.
Etienne : C’est la concrétisation du « travail » fait en amont mais c’est surtout générateur de moments de partages, de convivialité, et l’occasion de belles rencontres.

Avez-vous une anecdote à propos de rencontres agréables ou bizarres faites en tant que musiciens ? 
Jérôme : Toujours sympa de croiser des musiciens avec qui nous sommes connectés, ils se reconnaîtront ! J’ai quelques images… comme ce clarinettiste, musicien de rue, qui à la fenêtre de l’Artpuce Café, nous accompagne sur ‘San Francisco Bay Blues’, nous ne l’avons jamais revu…
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Quels sont vos projets pour les mois à venir ?
Jérôme : Je profite de cet interview : Il faut absolument que nous trouvions des dates ! On veut jouer en live ! Nous sommes organisés en Association et le créneau « Off festival » nous va très bien.

Quels ont été pour vous les musiciens les plus marquants ces dernières années ?
André : Impossible à cerner, YouTube est une telle mine d'or que chaque nouvelle recherche fait rencontrer une nouvelle référence ; actuellement pour moi Brendan Power.
Jérôme : Robert Cray et Keb Mo restent des songwriters qui se détachent dans le blues. Steve Earle, The Mastersons et la fusion des disques de Calexico sont impressionnants et en ce moment je découvre David Rawlings.

Parmi 3 ou 4 musiciens ou chanteurs de référence, quels sont ceux qui font l’unanimité dans le groupe ? 
Sonny Boy Williamson II, Allman Brothers, Allison Kraus & Union Station et … JJ Cale.

Pour passer à autre chose, en dehors de la musique quels sont vos hobbies ?
André 
: Le vin, la montagne.
Jérôme : Oui à trop fréquenter André j’ai chopé le virus de l’œnologie, et les grands espaces à découvrir en rando.
Etienne : Le sport, la nature.

Quel est votre lieu de prédilection ?
André : Un bar avec mes amis Brazos ; un coin de Savoie après une journée de marche.
Etienne : Un petit fort côtier dans le nord Cotentin.
Jérôme : Ça me va !

Pour le band, quel serait le rêve le plus fou ?
André 
: Un concert à la Romanée Conti, avec un partage en symbiose du vin et de la musique.

Un dernier mot…
Jérôme : Merci de mettre en lumière notre travail autour de la sortie de La Part Des Anges.  A écouter sur les plateformes de streaming ou à télécharger sur les stores.

Gilles Blampain – décembre 2018

www.bigbrazos.fr/

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