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06/17
Chroniques CD du mois Interview: MAGIC BUCK Livres & Publications
  Portrait: ROBERT NIGHTHAWK Interview: PAUL MCMANNUS
 


Interview
ALEXX & THE MOOONSHINERS
Quand on a trouvé un nouveau jouet, faut pas s'en priver !


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Lune ascendante ou descendante, toutes les expériences sont permises. Du hard blues à la dynamique metal jusqu’aux ballades éthérées, les MoOons, sorciers du rythme, alchimistes du son, reviennent et frappent fort.

Blues Again : MoOonset MoOonrise Pourquoi ?
Lionel Riss : Simplement pour titrer sur le double aspect de l'opus : le lever de lune tranquille et le coucher blues alexxde lune violent. Un double album avec deux faces bien distinctes, qui représentent la même entité mais pas au même moment.

Est-ce un album concept ou plutôt un album déconceptualisé ?
Lionel Riss : Ce n’est pas un concept album, enfin je ne crois pas, même si y'a plusieurs fils conducteurs qui lient l‘ensemble.
On a eu l’immense chance aussi d'avoir beaucoup de temps pour faire nos conneries et essayer plein de trucs, ce qui lui donne ce coté « fignolé » , et une certaine cohérence malgré la diversité des idées. Par contre, cet album, je ne le trouve pas tant que ça hétéroclite comme beaucoup me le dise. Pour moi, à deux ou 3 titres près, c'est 100% blues. C’est un disque de blues où je ne me suis pas interdit grand-chose. C'est vrai aussi que j'avais des tonnes d'idées, des tonnes de trucs à essayer, des tonnes d’envies et du temps, beaucoup de temps. Royal ! On n’allait pas bouder notre plaisir ! On a fait aussi un gros travail sur le son : Didier Le Marchand, notre magicien du son, a fait des miracles et c’est bien amusé aussi avec nos enfantillages sonores.

Pourquoi avoir scindé le lot en deux chapitres ?
Lionel Riss : L'idée des deux disques, c'est de trier les morceaux en fonction de l’état d'esprit du moment de l'auditeur, le loud quand t'es bien réveillé et que t'as envie de mettre un disque fort, et le cool plutôt genre le matin au réveil, le soir avant de te pieuter ou même en fond quand tu discutes tranquillement avec des potes ou que t'invites tes voisins à boire un coup. Après, je ne voulais pas qu'il y ait un disque 1 et un 2, alors le cool fini violent, et le loud fini acoustique (y'a même plus du tout de MoOons qui jouent, à la fin du loooud). Il y avait aussi l’idée de faire un disque assez brut, qui sonne live alors que l‘autre était destiné à accueillir des choses beaucoup plus « produites » (même si cette ligne de partage c’est un peu floutée au cours de la réalisation). Mélanger les deux n’aurait pas eu grand sens, il me fallait donc faire deux disqblues alexxues.

Comment composez-vous ?
Alexx Wokenschroll : C’est Lionel qui commence en apportant une idée musicale. Pour les textes c’est  essentiellement moi-même si Lionel en signe plusieurs sur cet album. On met ensuite ça en commun pour que ce soit bien, pour trouver un son, une couleur musicale. Mais les textes je les écris la plupart du temps sans me poser la question de savoir si ça collerait sur une musique ou pas, alors quand je reçois une mélodie de Lionel j’essaie de voir si ça peut se mettre dessus. Il m’envoie une ligne mélodique et on voit ce qu’on adapte.
Lionel Riss : Pas vraiment de règles j’essaie souvent de partir d’ambiances, un bout de mélodie pour raconter quelque chose et je construis autour.

Quelles sont vos références dans vos domaines respectifs, comme chanteuses et comme guitaristes ?
LR :
Il y a trois géants qui ont fait bouger les choses d’une manière extraordinaire qui fait que pour moi, ils se détachent des autres : Miles Davis (OK, comme guitariste… mais, bon, qu’importe l’instrument), Hendrix et Van Halen. Ils ont tout bousculé sans tabou. Ils sont pour moi à la musique ce qu’Einstein est à la physique : il y a eu un avant et un après. Après, il y en a des tonnes que j’adore avec une mention particulière aux frères Vaughan.
AW : Paradoxalement, je n’écoute pas beaucoup de chanteuses…Les groupes que j’apprécie ont plutôt des leaders masculins ! Mais pour moi, les 2 références absolues, c’est Piaf, et Grace Slick, du Jefferson Airplane, qu’on ne mentionne pas assez souvent dans les voix les plus importantes du 20ème siècle ! J’apprécie également Janis Joplin, évidemment, mais Slick m’inspire davantage, dans tout ce qu’elle était.

Sur quels genres de guitares joues-tu Lionel ?
Je joue le plus souvent sur une Strat de 90 que j’adore, un modèle un peu spécial avec une sélection des micros un peu particulière. J’utilise aussi une Telecaster toute neuve, et une splendide Martin D18 de 76 dont je suis tombé amoureux. Quand je pose les doigts dessus, j’ai vraiment du mal à m’en défaire. Bon, comme j’hésite toujours un peu à la trimbaler en concert, je joue sur ma vieille Norman B20. Le tout, acoustique comme électrique, branché sur Fender Twin, Blues Deluxe ou Blues Junior en fonction de la place dispo dans le véhicule.

alexx blues

Ce nouveau CD a une tonalité résolument différente des précédents…
Lionel Riss : On n’avait pas envie de refaire un album qu’on avait déjà fait, ça n’aurait pas été très amusant. Les albums précédent sonnent live (surtout le Live... évidemment), d’une part parce qu’ils ont été enregistrés très vite (3 jours pour Things…) , et d’autre part parce qu’ ils avaient aussi une valeur de démo : On est un groupe qui existe d'abord pour faire de la scène, et on voulait surtout montrer ce que ça rendrait sur scène. Là, je m'en suis contre-foutu ! Sur ce nouveau disque, il y a bien sur des morceaux qui sonnent live, qu'on joue en concert, mais il y en a aussi qu'on ne jouera surement jamais sur scène. En gros (mais seulement en gros), le loud est taillé pour la scène, le coool est taillé pour ton salon.

A.M. est un groupe ou un duo avec des musiciens autour ?
Lionel Riss : Un groupe ! Même si Alexx & moi nous formons le noyau dur, qu'on est tous les deux à gérer tous les à côté. On cherche un son de groupe. A la basse, David (Braud) est resté 7 ans et Eric (Litaudon) s’intègre à merveille. Apres, niveau batteur, ça a été pas mal le merdier, c'est vrai. Aurèlie vient, part et revient pour repartir en choisissant toujours le pire moment, mais j’espère que ça va durer des millénaires avec Pascal (Raphard) qui est maintenant le n°1. Après, oui, plein d'invités sur ce disque. Stanley Adler et Olivier Koundouno au violoncelle, Damien Cornelis aux claviers, Jean-Marc Hénaux  à l’harmo, René Mirat au banjo, violon et mandoline, Miss Brumna aux chœurs, Flore Chaval aux claquettes…

Il y a une vraie mise en scène dans la progression des titres. Je suppose que c'est un album très gambergé ?
Lionel Riss : Oui et non... je ne sais pas trop. Je sais qu'on a passé deux ans dessus, et que j'ai bossé comme rarement, et c'est vrai que j'ai essayé de faire à ce que les titres s'enchainent bien pour faire un tout même si tout le monde me disait : « on s'en fout c'est une suite de morceaux, z'ont pas besoin d'une logique d'enchainement ». J’ai ajouté, ou modifié quelques intros, modifié des fins pour aider aux enchainements aussi. On a viré pas mal de morceaux aussi. On n’allait pas faire un triple non plus.

Certains titres sont plutôt abscons. Explications :
L.I.T.O.L.M?
The Loser Is The One Loving More (trop long)
L.I.C.T.T.Y?
Life Is Complete Thanks To You (trop long aussi)
B.I.M.S?
Butterflies In My Stomach (Ce sont les nœuds dans le ventre au début d’une histoire d’amour)
Woofriii?
C’est le bruit du feu! Le wouf au moment où ça prend, le friiiiiiii quand ça crame (le bruitage, c'est celui d'une allumette) mais ce n’est pas une histoire de pyromane, c'est une histoire d'amour aussi (on est de grands sentimentaux, finalement, chez MoOonshiners).
Rhum Eau A Cuba ?
Une connerie. Y’a rien de plus chiant que de trouver un nom à un morceau instrumental.  Alors comme c'était une sorte de rumba, ça fait une sorte de contrepèterie... Bon, il était tard quand on a choisi ce titre.... Apres, on a hésité entre haut et eau... Que veux-tu, en plus d’être des sentimentaux, on est de grands intellectuels assumés...
Emperor's Boogie. Quel empereur ? Celui de La Guerre Des Etoiles ?
Non, c'est une chanson sur l’avènement de la démocratie. Si si, je t'assure.

  blues alexx   

Les groupes français assimilés blues qui laissent passer des touches prog-hard, c'est une nouvelle tendance de la scène hexagonale ? (Blues Power Band, Nina Van Horn, Jesus Volt et même la section rythmique des Shaggy Dogs...)
Lionel Riss : Je ne sais pas si c'est la mode... mais j'aime bien. Ça faisait un moment que je pensais à aller chercher des trucs chez les métaleux.  Les drums surtout. Les grooves de batterie dans le metal me font triper. Trop bon la double pédale ! J’ai essayé de mélanger ça avec du blues, ou plutôt de faire un blues comme ça. Avec mon son habituel de disto bluesy, ça rendait pas fabuleux (en tout cas pas comme je voulais) du coup, j'en ai mis une métal en rythmique et la lead carrément en son clair, et je suis content du résultat. Je crois que je vais m'amuser à préparer une bonne dizaine de morceaux comme ça ! Quand on a trouvé un nouveau jouet, faut pas s'en priver ! C'est une galère pas possible pour le gars qui mixe, mais j'aime vraiment bien le rendu. 

     C'est quoi la double pédale ?
      La double pédale, c'est en fait un ustensile que tous les batteurs metaleux ont (d'autre aussi, mais en métal, c'est quasi indispensable). C'est en fait deux battes sur la même grosse caisse, avec une commande au pied sous chaque pied. C’est effectivement comme si il y avait deux grosses caisses, sauf que les deux battes tapent sur une seule. Ça permet donc d'utiliser aussi le pied gauche pour faire "boum" et donc, on peut faire "boum boum" très vite, ça permet de péter des triples croches à la grosse caisse. C’est ce qu’on entend sur le premier morceau du disque loud, sur le dernier aussi, et sur le dernier du disque cool quand ça s'énerve. Une sorte de roulement de grosse caisse. J’adore ! C’est mon jouet du moment : mélanger ça avec une petite gratte bluesy en son clair.

En dehors du blues et du rock quels genres de musique appréciez-vous ?alexx blues
LR : Pas mal de choses. Ça change selon les périodes, les moments, les humeurs. Du jazz de toutes époques, du hard de mon enfance, du métal, … J’ai du mal avec le rap et l’opéra. Je crois que tout le reste peut me parler.
AW : Je crois qu’il n’y a pas un genre musical qui ne soit pas représenté dans ma discothèque, et les énumérer tous serait très fastidieux, disons que ça va de Piaf à Obituary en passant par NTM, les Kinks, Desmond Dekker, Satie…Comme Lionel le dit, ça change selon les humeurs, je me fais souvent des fixettes sur un groupe ou un album précis un certain laps de temps, puis une autre, etc…

Quels sont vos hobbies en dehors de la musique ?
LR : Avec mon métier d’enseignant, une vie de famille avec 3 enfants jeunes et les concerts, ça laisse peu de temps pour autre chose. Mais c’est très bien comme ça.
     AW: Corriger des copies, boire des bières, dormir, les films en VO et la littérature anglo-saxonne.

Christian Casoni & Gilles Blampain – mai 2013

www.mooonshiners.com