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11/17
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Interview



blues deraime
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« Ashima ! » A fond la caisse, Ca me va bien

Elle chante sur tous les continents et revient cette fois d’une tournée en Inde avec un CD et un DVD. L’ambiance est feutrée, le son est moelleux, et le blues a parfois le velouté de la soul.

Comment t’es-tu retrouvée en Inde ?
En fait je devrais dire merci à Mickey. J’avais été jouer à Euro Disney dans le cadre d’une soirée dédiée aux femmes et il y avait là un groupe indien de soul avec une fort bonne chanteuse. J’ai été très étonnée car je démarche beaucoup de pays mais ne m’attendais pas à ce qu’on joue le blues en Inde. Du coup rentrée chez moi je suis allée voir sur internet, j’ai trouvé le site du groupe Soulmate. J’ai découvert qu’ils avaient une maison de disque, un tourneur, j’ai vu que ce tourneur était le patron du Blue Frog et j’ai envoyé un e-mail à tout hasard. Trois mois plus tard le contrat était bouclé. Une belle surprise.

Zone de Texte:Et donc tu reviens avec Ashima India Tour sous le bras…
L’accouchement a été difficile car j’ai rapporté beaucoup de matériel audio et vidéo, ça faisait donc beaucoup de choses à remettre en forme. Le hasard faisant bien les choses, il s’est avéré que dans ce magnifique club qu’est le Blue Frog il y avait la possibilité d’enregistrer l’audio piste à piste et qu’en plus il y avait des cameramen avec du matériel haute définition, je mes suis donc dit que c’était l’occasion ou jamais de faire un CD et un DVD.

Tu présentes ta production dans un bel emballage comme un batik indien auquel il ne manque que l’odeur d’encens…
Très indien en effet. Pour l’encens tu as raison, si je t’avais vu avant je l’aurais certainement fait. Je me serais débrouillée pour mettre un petit truc à gratter qui sentirait l’encens. Mon emballage est vraiment baba, mais j’assume. Je suis effectivement une ancienne baba cool des sixties.

Au fait ce titre Ashima, qu’est-ce que ça signifie ?
C’est la patronne du club de Bangalore qui me l’a soufflé sans le savoir. Juste avant de monter sur scène elle me dit : « Ashima ! ». Après le show, je lui demande ce que ça veut dire au juste, j’imaginais que ça voulais dire « allez, vas-y ! », en fait ça veut dire « sans limites », donc à fond la caisse et ça me va bien.

 
Zone de Texte:
Ce disque a été entièrement produit par tes soins…
Oui, j’ai cassé ma tirelire sachant qu’on n’est jamais si bien servi que par soi-même. Il est distribué par Mosaic et on le trouve aussi sur les plateformes de téléchargement.

Présente-nous les musiciens qui t’accompagnent.
Slim Batteux est aux claviers, c’est un mec super, calme et d’une gentillesse incroyable. Mais ils sont tous gentils... Julien Audigier est à la batterie, Mashiro Todani, excellent musicien, est à la guitare et Marten Ingle est à la basse et il fait également le maître de cérémonie. Pour le son je tiens également à citer et à remercier David Cook qui nous a fait le mixage au studio Ouistiti à Paris car il a fait un superbe travail.

Comment est le Blue Frog club où ont été enregistrés le CD et le DVD ?
Le club est super et ça a été une grosse surprise. Il n’est pas tellement grand de l’extérieur mais dedans il est immense. C’est une espèce de vaisseau spatial, toutes les tables sont entourées de lumières qui changent de couleurs au fur et à mesure de la soirée, il y a un bar gigantesque au fond qui fait toute la largeur de la salle, plus encore un espace au centre, c’est un endroit qui propose environ 400 à 500 places. Les autres clubs où nous avons joué étaient plus petits, plus cosy, plus anglais, un peu luxueux. Il ne faut pas se leurrer, là-bas les gens qui vont dans ce genre de clubs sont des gens qui ont du pognon. Imagine qu’une paye mensuelle est en moyenne de 60 Euros et qu’une entrée dans ces lieux est à 15 ou 20 Euros, la sélection est vite fait. Ce sont des personnes aisées qui fréquentent ces clubs. D’ailleurs peu avant le spectacle au Blue Frog, on mangeait (et même très bien) et, de temps en temps on entendait des cris, des applaudissements, des flashes d’appareils photos, on a appris que c’étaient des artistes de Bollywood, des vedettes de cinéma qui venaient passer la soirée ici. L’enregistrement dans ce club a été pour nous un peu un moment de folie car on était en plein décalage horaire, on avait à peine dormi 4 heures, mais tout c’est très bien passé.

Le nom du club, c’est un hommage à la France ?
Oui, car la co-manager est une française qui officiellement travaille à l’Alliance Française, qui s’est associée avec un Indien pour gérer ce lieu. C’est elle qui l’a créé de toutes pièces et la salle accueille tous les styles de musique, folk, rock et même hard-rock. Des artistes étrangers et bien sûr des groupes locaux. Et partout où nous sommes passés à Mombai, à Bangalore et ailleurs nous avons rencontré un public de connaisseurs.

Avec ce spectacle tu reprends le concept de Hell Of A Woman avec les chansons de Ma Rainey, Victoria Spivey, Lil Green et autres, mais également des titres plus récents signés Eric Clapton, Neal Black ou Phil Bonin…
Oui, je reprends les chansons de toutes ces femmes du blues de Ma Rainey à Billie Holiday plus des titres plus modernes et il y quelques titres qu’on peut trouver sur le CD et pas sur le DVD, et vice versa.

En parlant de Hell Of A Woman, on peut dire c’est un beau projet qui a vraiment pris corps et qui dépasse peut-être ce que tu imaginais…
Je suis très contente d’avoir initié ce programme sur les femmes du blues parce que je suis allée le chanter partout, des Pays Baltes à l’Inde en passant par l’Afrique. Dans le show je présente toujours les chansons que j’interprète pour que les spectateurs comprennent bien de quoi ça parle. Je dis deux ou trois mots sur la chanteuse qui a créé le titre pour mettre en relief ce que ça signifiait à cette époque de parler d’alcool, de drogue, de racisme ou d’homosexualité. Il faut se rappeler que ça remonte aux années 1920, 1930, c’est incroyable. Zone de Texte:  Je me suis aperçu que ça m’ouvrait des portes absolument partout, car cela va au-delà du show. Les gens sont émus ou amusés. Il y a des sujets graves, mais il y a aussi des choses légères et drôles. A la fin du spectacle les gens viennent me voir pour me féliciter, mais également pour me parler de la condition des femmes. Il y a toujours une personne ou une association qui vient me renconter, c’est comme ça que j’ai découvert la situation de la femme africaine, indienne ou argentine par exemple. Et si ça ne m’enrichit pas le porte-monnaie ça m’enrichit l’intellect. Il y a donc un fil conducteur qui est universel dans mon spectacle. En Inde, on m’a dit : « vous êtes une messagère », c’est un peu solennel, mais c’est un beau compliment.

Je crois savoir que tu t’exportes bien…
En janvier je suis allée en Argentine au premier festival de blues d’été de Buenos Aires. Là j’ai découvert des salles où ça joue et où il y a des groupes de valeur. Je retournerai donc en Amérique du sud en novembre, l’Argentine, le Chili, le Brésil et l’Uruguay. En 2010, j’ai passé deux semaines en attraction à l’hôtel Radisson Blu à Dakar au Sénégal, et cette année ils me reprennent pour trois semaines, après je serai en Norvège. Tous ces voyages sont un peu fatigants mais c’est vraiment excitant.

 

 

 

 

 

Zone de Texte:  En Argentine tu as découvert de bons musiciens…
Oui j’ai découvert une scène blues très vivante et très agréable et j’aimerais faire venir quelques musiciens en France. J’essaye donc de voir comment et avec qui on pourrait monter un tel projet car il y a vraiment de magnifiques artistes en Argentine, au Chili, en Uruguay…et puis on pourrait faire un échange en envoyant des musiciens Français en Amérique du Sud.

Gilles Blampain

www.ninavanhorn.com

 

 

 

 

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