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été 17
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Interview
Blackberry & mr Boo-Hoo
Cette musique est faite pour se laisser aller

blues deraime
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Une guitare, un harmonica et quatre pieds qui tapent. C’est spontané, sans fioritures et bigrement efficace. Blues, boogie, rock. Beats entêtants et riffs percutants, il n’y a aucun temps mort. Bastien est à la guitare, Franck joue de l’harmonica, et pour ce qui est du chant les rôles sont partagés.

Blues Again: Qui êtes-vous Blackberry and Mr Boo-Hoo?
Zone de Texte:Blackberry & Mr Boo-Hoo : Pour répondre à la question posée mille fois sur le nom de notre duo, ça vient de titres de chansons des années 50. Bastien est Blackberry, son nom vient du ‘Blackberry Boogie’ de Tennessee Ernie Ford et Franck est M. Boo-Hoo. ‘Boo Hoo’ est une chanson rockabilly de Marvin Rainwater. On peut qualifier notre musique de primitive. On n’est pas vraiment dans les racines du blues, c’est pour ça qu’on préfère ce terme de primitif. A la base, quand on a commencé, il y avait des réminiscences Caraïbes, après, ça a évolué selon l’inspiration du moment et de ce qu’on écoutait. Maintenant on arrive sur du rockin’ blues, c’est donc un peu plus électrique, avec un son plus actuel par rapport au disque Heaters sorti en 2008. On l’avait enregistré en analogique sur matériel à lampes, sur bandes avec des prises live, à présent on est en train de préparer un nouvel album qui est plus moderne au niveau du son. On enregistre séparément en cabine avec de très bons micros et en numérique. On prend notre temps, on fait ça sur une année. Il sera plus électrique et plus transe, inspiré par les prêcheurs, avec une guitare vraiment minimaliste. On est axé sur le rythme et le chant. On a déjà quelques titres en boîte. Après il faudra chercher un distributeur.

Comment s’est formé votre duo ?
Par le biais d’une connaissance commune, et ça fait 8 ans que ça dure. On s’est rencontré, on a fait quelques répétitions et on s’est fixé des objectifs comme jouer le jour de la fête de la musique. Après on a fait une quinzaine de concerts, et ça a bien marché. Entre nous le courant est passé rapidement.

Zone de Texte:Quand Heaters est paru en 2008, il a eu rapidement une bonne presse…
Oui, le côté vieux son qu’on voulait a été apprécié. Ça faisait partie de l’esprit du duo. Ce son changeait par rapport à ce qu’on trouvait sur d’autres disques. Et puis il y a notre style qui est un peu à part. Certains nous traitent de bourrins, on veut bien endosser le terme, cette remarque ne nous dérange pas. La rythmique au pied ne permet pas les finesses d’une batterie mais on garde ce côté primitif qu’on aime. On a même un morceau en concert où il n’y a que les pieds et la voix… et le public apprécie.

Présentez-nous le matériel.
Il y a deux caissons sur lesquels sont fixées nos chaises. Pour la rythmique Bastien a un caisson type cajon, mais sans le timbre à l’intérieur, ça sonne donc comme une grosse caisse et Franck a une petite planche sur laquelle est fixée une petite chaîne et qui résonne comme une caisse claire. On a des amplis qui ont un design vintage mais qui sont très modernes en fait. Ce sont des amplis Vizi. Bastien joue sur une Gibson LG3 de 1949 pour le côté folk, et pour ce qui est de la partie électrique une Gibson LG. Les harmonicas de Franck sont essentiellement des Lee Oskar et quelques Golden Melody.

Vous composez comment ?
Pour nos compositions tout dépend de l’inspiration. On vient chacun avec une idée, on se balance des informations, on développe en jouant. On se dit « tiens ça c’est bien » et ça prend forme. C’est souvent en répétition que ça vient.  

Et vous jouez essentiellement vos propres compositions…
Oui, essentiellement, mais comme on se produit beaucoup dans les bars pour gagner notre vie et qu’il nous arrive de jouer 3 heures, on fait bien sûr aussi quelques reprises. On doit avoir une trentaine de compositions mais les gens aiment aussi entendre des titres connus. Et quand il y a des jams, que d’autres musiciens se greffent au duo, ils ne connaissent pas notre répertoire alors on se retrouve sur des standards.

Vos chansons sont assez courtes, moins de 3 minutes, pourquoi cette brièveté ?
C’était l’esprit du CD Heaters,dans la veine des années 20 ou 30. Les morceaux étaient assez très brefs en ce temps là. Il n’y avait pas de grands chorus, les textes étaient assez courts. Dans le rock’n’roll des années 50 c’était pareil, les chansons duraient 2 minutes et demie 3 minutes. Mais le prochain disque sera différent il y aura des titres qui dureront 5 minutes. Pour ce prochain album on garde le même état d’esprit de sobriété et de simplicité, par contre on introduit plus le côté transe qui se rapproche de la charge spirituelle de la musique qui, à la base est une rythmique qui doit laisser le corps s’exprimer pour atteindre le bien être de l’âme.

Les gens dansent et bougent durant vos concerts ?
Oui sauf quand les sièges sont fixés au sol. Bien sûr, dans les bars ça bouge, les gens dansent ou tapent du pied ou montent sur les tables, c’est déjà arrivé. Les spectateurs s’expriment assez facilement. Cette musique est faite pour se laisser aller.

Dès vos débuts, vous tournez pas mal en France, mais en plus vous n’hésitez pas à aller vous frotter au public américain. Comment ça s’est fait ?
Effectivement on était bien perçus en France et on s’est dit : « ce serait bien de savoir ce qu’en pensent les Américains ». Vu que certains me reprochent un mauvais accent quand je chante, on s’est dit « allons voir les Américains et voyons ce qu’ils vont dire ». On est donc allé là-bas en touristes, on a auditionné dans pas mal de clubs et le Saloon à San Francisco nous a retenu pour 2 dates et ça s’est super bien passé. Les mecs nous ont dit que c’était bien. Ils étaient contents de savoir qu’en France on joue le blues. On avait aussi envoyé une démo au festival de Monterey, on a reçu en retour un courrier nous disant qu’ils n’avaient pas les moyens, ni la nécessité de faire venir un groupe français pour jouer du blues chez eux, mais que si on était en Amérique ils nous accueilleraient volontiers.

Et si on regarde votre planning, vous repartirez prochainement aux Etats-Unis pour jouer en Alabama…
Zone de Texte:  Dans l’aventure Blackberry & Mr. Boo-Hoo, il ya deux étapes. Disons de la naissance jusqu’à cet été, période durant laquelle on a peaufiné nos trucs, où on se débrouillait tout seuls, et puis la période où on a rencontré Anne. Anne, nous a vu plusieurs fois en concert et elle nous a fait une proposition qui tombait bien car on commençait à fatiguer. Sa proposition était de nous trouver des dates et des lieux de concerts. Avec elle c’est le début de l’aventure américaine. Le président de la Blues Foundation de Memphis avec qui elle était en contact l’a redirigée vers le président de la Magic Blues Society en Alabama. Elle lui a transmis notre CD. Il a écouté, il a adoré et il s’est chargé du booking sur place. On va donc se produire en Alabama. Tout d’abord à Birmingham mi-avril et ensuite au Barbecue and Blues Festival à Bessemer, mais aussi à Memphis, Tennessee. Tout ça dans de bonnes condition, et rémunéré. L’idée est également de descendre sur la Nouvelle Orléans. Il y a environ une dizaine de dates prévues. Après il y aura les Pays-Bas avec un festival à Amsterdam, en mai on sera dans le Nord au Blues Vicq festival, après ce sera Sathonay en juin et Vache de Blues en juillet. Mais il n’y a pas que les gros festivals, on fait aussi pas mal de soirées privées, et puis on joue tous les week-ends.

A part les USA, jouez-vous en  dehors des frontières françaises en Europe ?
Oui, on a joué en Belgique, en Italie, en Espagne.

Vous avez un bon accueil avec le public…
Oui en général le public nous aime bien. Le courant passe. Mais entre le public et les programmateurs, c’est autre chose, car il est évident que quand on a fait un festival une année on ne peut pas y retourner l’année d’après, mais des liens se tissent. On a connu des programmateurs frileux qui nous avaient pris pour voir, et  bien ils n’ont pas été déçus, ils étaient satisfaits après notre passage. Et puis, il faut dire qu’on n’est pas compliqués.

Vous bougez beaucoup, mais où est votre camp de base ?
Nous sommes dans l’Indre.

Quel serait votre rêve pour le duo ?
D’aller le plus loin possible, de faire de belles scènes et d’en vivre surtout. C’est effectivement dur d’en vivre et d’être correctement payé. Il faut aligner les dates. On s’aperçoit que pour tourner, il faut être soutenu par la presse et les radios. Quand on reste trop longtemps hors du lot, on s’épuise, il faut déployer beaucoup d’énergie pour peu de résultats. Dès qu’il y a un petit article dans un média ou un passage à la radio ça aide, il y a quelque chose qui se déclenche, c’est une reconnaissance et ça génère d’autres contacts.

Gilles Blampain

www.myspace.com/blackberrynmisterboohoo

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