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11/17
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Inoxydable
MEMPHIS SLIM - WILLIE DIXON
Aux Trois Mailletz - Polydor 1962


 


En 1960, Memphis Slim et Willie Dixon, de retour d’un séjour dans un club d’Haiffa en Israël, font étape à Paris sans un sou et se produisent aux Trois Mailletz. En 1962 lors de la première tournée de l’American Folk Blues Festival, Memphis Slim décide de s’installer définitivement en France. Il renoue contact avec cet établissement parisien et en fera son port d’attache pour de nombreuses années.

Memphis Slim et Willie Dixon se retrouvent donc au club de la rue Galande fin 1962, et gravent treize titres en deux séances, les 15 et 16 novembre. Ils sont accompagnés pour l’occasion par Philippe Combelle à la batterie. Les deux compères approchent doucement de la cinquantaine mais savent s’entourer de jeunes musiciens, Combelle a tout juste 23 ans.

Le disque s’ouvre avec ‘Rock And Rolling The House’, un titre qui fait monter la température sans tarder. Dixon slappe et Slim rock’n’roule. Difficile de résister à pareil rythme. Le morceau fini, Memphis Slim amuse l’assistance avec deux mots de français et trois d’anglais, puis il enchaîne sur les chapeaux de roue avec ‘Baby Please Come Home’. Le calme revient avec le troisième titre, ‘How Make You Do Me Like You Do’, ballade langoureuse sur laquelle la voix de Memphis Slim se fait charmeuse. On reste dans l’intimiste, et Willie Dixon de sa voix grave chante le titre suivant : ‘The Way She Loves A Man’. La suite est un véritable festival, blues, boogie-woogie, ballade, le duo Dixon-Slim est parfaitement rodé, et les titres sont chantés successivement par l’un ou l’autre, ‘New Way To Love’, ‘Shame Pretty Baby’, ‘Pretty Girl’, ‘Do The Do’… Grosse empathie avec l’auditoire. La petite cave des Trois Mailletz se prête merveilleusement bien à la proximité des musiciens avec les spectateurs. On sent réellement la présence du public sur cet enregistrement, et cette chaleur n’est peut-être pas étrangère à la qualité de ce disque. Avant de clore la session, Memphis Slim entame un titre qu’il a composé en l’honneur de sa nouvelle patrie et de son nouveau public : ‘Pigalle Love’, un thème plein de feeling, cool mais non dénué de swing. Le disque s’achève sur un bref mais très excitant ‘All By Myself’, dans lequel explose le talent de pianiste et de chanteur de Memphis Slim, tandis que Willie Dixon donne une éblouissante démonstration de slapping.

Les deux géants du blues se répartissent les rôles à égalité sur cet enregistrement, mais Polydor a privilégié Memphis Slim sur la pochette. En effet, installé à Paris, Slim jouissait d’une certaine notoriété en France et c’est évidemment avec lui que la maison de disques avait signé un contrat. Cette captation Aux Trois Mailletz est indispensable pour retrouver la connivence qui existait entre ces deux artistes qui ont marqué leur art d’une empreinte énorme.

Gilles Blampain