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05/17
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Inoxydable
JOHN LEE HOOKER
I'm John Lee Hooker - Vee Jay 1959


 


John Lee Hooker est de ces rares musiciens qu’on reconnaît dès la première mesure. S’exprimant avec une grande économie de moyens, il a un jeu simple, un rythme obsédant, des riffs puissants et une voix sombre et prenante. L’intensité de son chant ne peut laisser l’auditeur indifférent. Son tout premier enregistrement paraît le 3 novembre 1948 sur le label Modern : ‘Boogie Chillun / Sally Mae’. Le premier de ces deux titres entre dans les charts en janvier 1949 et y reste 18 semaines d’affilée. Il s’en écoule 1 million d’exemplaires.

Dans les années 50, pour de simples questions de finances, Hooker grave ses chansons sous quantité de noms différents, John Lee Booker, Johnny Hooker, John Cooker ou encore Texas Slim ou Delta John, pour les labels Chess, Chance, King, Regent, United, De Luxe et quelques autres encore. Dès la fin des années 50 et durant les années 60, il enregistre une centaine de titres pour Vee Jay et attache son nom à ce label.

Les sessions d’enregistrements de I’m John Lee Hooker ont lieu à Chicago, dans les studios Universal. L’ingénieur du son a pour nom Bernie Clapper. Le disque s’ouvre sur ‘Dimples’. Le style est enlevé, Hooker est soutenu par un guitariste rythmique, un bassiste et un batteur. Il mélange habilement le son de Detroit au beat de Chicago. Il enchaîne avec ‘Hobo Blues’. Là, seul à la guitare, il scande le rythme avec son pied sur une planche de contreplaqué. C’est sa marque de fabrique. C’est hypnotique, lancinant, envoûtant, en un mot hookerien. Pour les deux titres suivants : ‘I’m So Excited’ et ‘I Love You Honey’, la section rythmique du début revient, agrémentée d’un piano. Le magnétisme cède alors la place au dynamisme. Oublier la transe pour entrer dans la danse. Puis vient ‘Boogie Chillun’. Hooker est à nouveau seul, dans le dénuement et la simplicité qui font sa grandeur. Piano, basse et batterie enjolivent à nouveau son chant profond sur ‘Little Wheel’. Ensuite les plages alternent solo : ‘I’m In The Mood’, et formation : ‘Maudie’, puis solo de nouveau avec le très sensuel et superbe ‘Crawlin’ Kingsnake’. Pour interpréter les titres suivants et terminer le disque, Hooker garde sa formation dans laquelle apparaît une superbe partition d’harmonica : ‘Time Is Marching’.

Quand Hooker débarque pour la première fois en Europe en 1962, avec la tournée de l’American Folk Blues Festival, il recueille largement les faveurs du public. Ce disque a alors un très fort impact sur de jeunes musiciens britanniques. Parmi les bands les plus marquants de cette époque, The Animals, The Yardbirds, Them, Spencer Davis group inscrivent rapidement les titres de Hooker à leurs répertoires respectifs.
Reconnu comme l’un des plus grands, avec un son unique, son style très personnel lui réserve cependant une place un peu à part dans l’univers du blues.

Gilles Blampain