Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash

12/17
Chroniques CD du mois Interview: AUTOMATIC CITY Livres & Publications
Portrait: SCOTT JOPLIN Dossier: ALADDIN RECORDS  
 


Dossier
VOCALION


blues national guitars
blues national guitars







Un label à l’histoire mouvementée qui renferme dans son catalogue de nombreuses pépites blues, jazz, swing et country.
 

Avant d’être un nom collé sur un disque, rappelons que le Vocalion est un orgue à anches comme on en voit dans les chapelles et les églises. A la fin du 19ème siècle, l’inventeur écossais James Baillie Hamilton qui a apporté des améliorationsblues label vocalion techniques à l’orgue présente son instrument à l’International Inventions Exhibition de Londres mais il ne trouve aucun débouché sur le vieux continent. Il décide alors de tenter sa chance en Amérique, et c’est ainsi que l'orgue Vocalion débarque à Worcester, Massachussetts, à la fin de l’année 1885.
La production de Hamilton Vocalion Organ Manufacturing Co. commence en 1886. En 1890, suite à certains accords financiers la société est rebaptisée Mason and Risch, avec des bureaux à Worcester et à New York. Les orgues sont alors vendus par la New York Church Organ Company. En 1903, la société est achetée par un concurrent The Aeolian Piano Company, fabricant d’orgues et pianos mécaniques.
Renommée pour la qualité de ses instruments de musique, en 1916 The Aeolian Company se lance dans la fabrication et la commercialisation de phonographes sous le nom de Aeolian-Vocalion. L'entreprise veut également étendre ces activités à la production de disques, c’est donc en toute logique qu’un an plus tard elle crée son propre label pour distribuer ses enregistrements. Son studio se situe à Aeolian Hall à Manhattan et ses usines de pressage à Meridan dans le Connecticut. Le label produit des disques à une face. Ses premières publications se font avec The Original Dixieland Jazz Band.
En 1921 Aeolian-Vocalion devient simplement Vocalion. En 1925, la société est acquise par Brunswick Records. Au cours des années 1920, Vocalion commence la série de 1000 race records, enregistrements destinés exclusivement à un public Afro-Américains. Mais l’entreprise ne se contente pas du marché américain, elle s’implante sur d’autres continents, en Europe, en Asie, en Australie, The Aeolian Company à Sydney commence à importer des enregistrements Vocalion anglais en 1925. En 1927, sont émis les premiers pressages australiens de matrices anglaises.  
A la fin des années 1920 avec l’avènement du film sonore les cinq plus importantes sociétés de production hollywoodiennes s’intéressent au marché du disque. C’est ainsi qu’en avril 1930, Warner Bros achète Brunswick Records. En décembre 1931, Warner Bros, Brunswick et Vocalion sont référencés à l’American Record Corporation mais Warner garde la licence des productions Vocalion et Brunswick.
American Record Corporation (ARC), également appelé American Record Company ou American Recording Corporation, résulte de la fusion en 1929 de trois sociétés : Cameo Record Corporation (qui possède Cameo, Lincoln et Romeo Records), Pathé Phonograph and Radio Corporation (propriétaire de Pathé, Perfect et Actuelle) et Plaza Music Company (Banner, Domino, Jewel, Oriole et Regal).
ARC utilise Brunswick comme label pour les disques à 75 cents et Vocalion pour ceux à 35 cents. Les nouveaux artistes Vocalion, Dick Himber, Clarence Williams, Leroy Carr contribuent à sa notoriété croissante. À partir de 1935, Vocalion est très populaire grâce à Billie Holiday, Mildred Bailey, Stuff Smith, Putney Dandridge et Red Allen. Suivent d’autres artistes à succès comme Fletcher Henderson, Phil Harris, Earl Hines et Isham Jones, et les parutions de blues et de country font de Vocalion un label qui compte. Son catalogue comprend un nombre impressionnant d’artistes qui passeront à la postérité: Roy Acuff, Albert Ammons, Louis Armstrong, Gene Austin, Count Basie, Bix Beiderbecke, Scrapper Blackwell, Big Bill Broonzy, Glenn Miller, Memphis Minnie, Cow Cow Davenport, Blind Boy Fuller, Bumble Lee Slim, Victoria Spivey, Tampa Red, Big Joe Turner, Casey Bill Weldon, Peetie Wheatstraw, Bukka White, Cootie Williams, Jimmy Yancey…
label vocalion
En octobre 1936, Robert Johnson fait une audition pour le propriétaire de magasin de musique et talent scout H. C. Speir à Jackson, Mississippi. Speir transmet le contact de Johnson à Ernie Oertle, représentant d’ARC Records. Après une deuxième audition, Oertle demande à Robert Johnson de se rendre à San Antonio, au Texas, pour une session d'enregistrement. En trois jours, fin novembre 1936, Johnson enregistre 22 chansons pour ARC. Au cours de la première session, il grave ses compositions les plus intéressantes sur le plan commercial, celles qui reflètent les tendances musicales du moment ‘Terraplane Blues’, ‘Sweet Home Chicago’ et ‘I Believe I Dust My Broom’, qui deviendront des standards du blues. Pour les sessions suivantes, Robert Johnson revient à un répertoire qu’il affectionne, dans le style country-blues de Charley Patton et Son House. ‘Cross Road Blues’ est enregistré lors de la troisième session, le vendredi 27 novembre 1936. Les séances ont lieu dans un studio improvisé dans la chambre 414 de l'hôtel Gunter. Les producteurs d'ARC Art Satherley et Don Law supervisent l'enregistrement et utilisent une machine de découpe de disques portable. La première prise de ‘Cross Road Blues’ avec à son dos ‘Ramblin’ On My Mind’ sort en mai 1937 sur Vocalion Records.  
Quand le label Variety distribué par ARC cesse son activité à la fin de 1937, de nombreux titres sont réédités sur Vocalion et le label continue de publier de nouveaux enregistrements réalisés par des artistes qui travaillaient alors avec Variety comme l’orchestre de Cab Calloway et celui de Duke Ellington composé alors de Rex Stewart, Johnny Hodges, Barney Bigard et Cootie Williams.  
En décembre 1938, ARC est reprise par Columbia Broadcasting System. Columbia met en avant le label OKeh qui lui appartient au détriment de Vocalion. La publicité annonce alors « Instead of Vocalion, just say Okeh » (au lieu de Vocalion, dites simplement Okeh). Brunswick et Vocalion ferment en 1940.
L'abandon de Vocalion et Brunswick annule le de facto le contrat de licence de Warner Bros avec ARC conclu à la fin de 1931. Après des tractations compliquées, Warner Bros récupère les deux labels et les vend rapidement à Decca, mais CBS conserve le contrôle des matrices de des enregistrements Brunswick et Vocalion effectués après 1931. Decca ressuscite Vocalion à la fin des années 1950 aux Etats-Unis comme un label à bas prix pour les rééditions du fond de catalogue mais arrête sa parution en 1973. Cependant en 1975 cinq albums Vocalion paraissent à nouveau sur le marché.
Au Royaume-Uni, Decca utilise Vocalion principalement pour distribuer des artistes américains, en remplacement de son label Vogue qui l’oblige à reverser des droits pour le nom à la société française des disques Vogue.
En 1997, la marque Vocalion renaît avec une nouvelle série de disques compacts produits par Michael Dutton, de Dutton Laboratories, à Watford, en Angleterre. Ce label est spécialisé dans les rénovations sonores des enregistrements effectués entre les années 1920 et 1970, en utilisant sous licence des matrices d’enregistrements réalisées par Decca et EMI.
Gilles Blampain

 

 

 

 


label vocalion