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02/17
Chroniques CD du mois Interview: THE MARSHALS Livres & Publications
Dossier: BLUES & FLAMENCO (suite) Portrait: AC REED Interview: THE STEADY ROLLIN MEN
 


LIVRE
AMERICANA
Ray Davies

 

Les Kinks, la route, le riff parfait

Type d’ouvrage : Autobiographie
Nombre de pages : 348
Prix : 24 euros
Éditeur : Castor Music

Les Kinksmaniacs le savent : ceci n’est pas la première autobiographie de Ray Davies. Sous un titre malicieux (X-Ray : The Unauthorized Autobiography), notre homme proposait dès 94 un premier lot de souvenirs. Mais il avait encore bien des choses à dire : voici donc Americana, proposé sous un angle particulier, soit les relations souvent houleuses entretenues avec les Etats-Unis d’Amérique. De la première tournée désastreuse en 65 ( « Si les Beatles sont présentables, les Kinks sont considérés comme une menace » - n’oublions passid vicious qu’avant de créer quantité de titres d’une grâce absolue, le groupe assénait un rhythm and blues sauvage, quand il n’ouvrait pas la voie au garage rock, voire au hard rock), tournée de 65 donc qui leur vaudra une interdiction de territoire pendant quatre longues années, jusqu’au triomphe dans les stades, même s’il faut bien l’avouer, ce n’était plus vraiment les Kinks ( « Je gagnais du public, mais, ce faisant, je perdais mon âme » : ce n’est pas pour rien qu’un des albums de l’époque s’intitule Give The People What They Want).
Soit. L’affaire démarre comme un thriller : à la Nouvelle Orléans, où le leader, en plein trouble créatif et personnel, imagine retrouver la quintessence de la culture musicale américaine. Victime d’un braquage en pleine rue, il récoltera surtout une bastos dans la jambe… S’ensuivent divers allers-retours dans le temps et l’espace, mais surtout des considérations passionnantes, sur la créativité, le rapport à la célébrité, ou encore l’élaboration d’une chanson. Qu’on ne s’attende pas à un relevé exhaustif : seuls les faits marquants sont relevés, ceux qui poussent à la réflexion. Si l’avertissement de rigueur est bien là (« certains noms ont été modifiés »), on signale par ailleurs  qu’il s’agit parfois de personnages composites ! On croise tout de même, au fil d’anecdotes souvent croustillantes, livrées avec un certain détachement, flegme et humour bien entendu, Joe Frazier, Bowie ou Alex Chilton, le génial interprète de‘ The Letter’, plus tard frontman de Big Star.
S’il reste discret sur certains points (les relations difficiles avec son frère Dave ne sont que suggérées), Ray Davies apporte quelques éclaircissements,  qui raviront ou non les  fans («  J’attachais de l’importance à tout un tas d’aspects traditionnels du passé, associés au conservatisme – mais c’est souvent le cas chez les gens des classes populaires. Quoi qu’il en soit, je suis resté un fervent partisan des travaillistes » - forcément désenchanté dès l’arrivée de Tony Blair).
Même si la traduction et le travail du correcteur ne lui rendent pas toujours justice, voici un ouvrage élégant, érudit, subtil et raffiné, ce qui n’étonnera nullement ceux qui suivent le personnage.
Marc Jansen

« Davies est touchant et sincère quand il parle de ses déboires personnels et artistiques » The New-York Times

« Des souvenirs bercés par les modèles mélodiques et le pouls syncopé de la culture populaire américaine » The Guardian

« Sautant d’une époque à l’autre, les anecdotes du flegmatique chanteur ne se départent jamais de la retenue toute british de la star et malgré des épisodes parfois tragiques, le livre donne la pleine mesure de l’amour et de l’influence que l’Amérique rêvée et l’Amérique vécue on eut sur Davies et les Kinks » Rock & Folk

« De nombreuses rencontres avec Bill Graham, Chrissie Hynde et bien d’autres stars sont relatées avec l’humour caractéristique de l’auteur de “Return To Waterloo”. Un must. » Guitarist Magazine