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06/20
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UNE CHANSON









There is a house in New Orleans
They call the Rising Sun...

Combien de versions de cette chanson existe-t-il ? 200, 300 ? Peut-être plus !
Maison de passe et de jeux, lieu de perdition pour les pauvres garçons et les filles égarées, The House Of The Rising Sun est probablement le bordel le plus célèbre de la planète. Si le titre est devenu mondialement connu au début des années 60, la mélodie remonte à beaucoup plus loin dans le temps.

Il s’agit bien d’un classique qui a vu le jour aux Etats-Unis, mais comme c’est souvent le cas dans le blues et la country-music, la mélodie vient certainement d’une vieille ballade anglaise ou écossaise. Selon Alan Price, la chanson originale daterait du XVIe siècle. Elle parlait d’une maison close londonienne établie à Soho. Une fois les Européens installés en Amérique, et spécialement en Louisiane, cette complainte aurait été adaptée à sa nouvelle géographie.

Blues, folk, country et même psychédélique, metal ou disco, puis, bien plus tard encore, reggae et rap, The House Of The Rising Sun a connu bien des nuances musicales. Traduite en différentes langues, la chanson est devenue : Le Pénitencier, La Casa Del Sol Naciente, Das Alte Haus In New Orleans. Le chanteur cambodgien Sinn Sisamouth en a fait une adaptation khmère, les Russes et les Japonais se sont eux aussi emparés de la mélodie.

Chanté bien avant l’invention du phonographe, cet air-là traînait depuis longtemps dans les campagnes et les faubourgs, de New Orleans aux coins perdus des Appalaches. Il fallut cependant attendre les années 1930 pour que cette rengaine populaire prenne son envol planétaire. La première version qui a pu en être commercialisée a été enregistrée en 1933 par le duo que formaient le banjoïste et guitariste Tom Ashley et l’harmoniciste Gwen Foster. En 1934, la chanson fut reprise par les Callahan Brothers. Zone de Texte:En 1937, Alan Lomax, dans le cadre de ses recherches pour la bibliothèque du Congrès, rencontra, dans le Kentucky, Georgia Turner. C’était une jeune chanteuse de 16 ans. Lomax immortalisa l’expression qu’en donna l’adolescente. En novembre 1938, Roy Acuff grava le titre. En 1941 ce fut le tour de Woody Guthrie, et en 1947 Josh White inscrivit son nom à la liste des interprètes. Leadbelly l’accrocha à son répertoire discographique en 1948. Dans les années 50, Glenn Yarbrough, Pete Seeger et Frankie Laine allongèrent la liste.



Zone de Texte:
En 1960, Miriam Makeba s’appropria The House Of The Rising Sun, puis en 1961 ce fut le tour de Joan Baez, mais c’est la façon bluesy dont Dave Van Ronk la chanta qui séduisit et inspira Bob Dylan, lequel l’enregistra en 1962 sur son premier album. Toujours en 1962, Odetta et Nina Simone en donnèrent des versions passionnées et émouvantes.

 

 

                        
  
     
                       
Zone de Texte:  En juin 1964 The Animals reprirent le titre, arrangé par Alan Price, et le gravèrent chez Columbia. Immédiatement disque d’or en Grande-Bretagne, ils en firent rapidement un hit universel. L’intro à la guitare par Hilton Valentine, la mélodie jouée à l’orgue par Alan Price et la voix rauque et chargée d’émotion d’Eric Burdon, soutenue par la rythmique de Chas Chandler à la basse et John Steel à la batterie, tout concourut à inscrire cet enregistrement au sommet des charts pour un long moment. L’interprétation des Animals, avec cette tension dramatique allant crescendo, fit entrer le titre dans la légende. On peut également dire que le titre contribua au mythe des Animals. Jusque là, The House Of The Rising Sun s’inscrivait plutôt dans le répertoire folk. Avec cette nouvelle interprétation, la chanson fut statufiée dans le blues et cette version en devint pratiquement la référence.
En août 1964, The Ventures en firent une déclinaison purement instrumentale. Mais une telle mélodie peut-elle se passer de ses paroles ? En 1965, The Platters lui apportèrent tout le velouté dont ils étaient capables et, en 1967, les Everly Brothers l’entonnèrent en duo.

And it’s been the ruin of many a-poor boy
And God I know I’m one

Un grand nombre d’interprétations, et non des moindres, sont restées dans l’ombre. Jamais publiés officiellement, il existe pourtant des enregistrements effectués par les Beatles et Pink Floyd. Au fil des ans, le titre a été repris par des artistes aussi différents que Chet Atkins, Marianne Faithfull, Gary Glitter, Dolly Parton, Bon Jovi ou Duran Duran. Citons encore Tangerine Dream, Peter, Paul and Mary, Doc Watson, Scorpions, Toto ou Demis Roussos ! Et, bien sûr, BB King et Eric Bibb. Au début des 70’s le rock-band de Detroit, Frigid Pink, en a fait une variante psychédélique. Dans les années disco le titre a investi les dance-floors. Il a été repris par Cerrone, The Black Baron et Santa Esmeralda. Quelques années plus tard, Tracy Chapman l’a interprété façon jazz et Gregory Isaacs lui a impulsé un rythme reggae. En 1994, Sinnead O’Connor en a donné une version éthérée. En 1997, le guitariste classique danois, Kaare Norge, entouré d’un quatuor à cordes, lui a imprimé une nouvelle couleur. En 2001 le rappeur Wyclef Jean s’en est emparé. En 2002, Muse l’a habillé façon nu metal.

La durée de vie d’une chanson est un vrai mystère. Une saison, une année, une décennie…Si l’on s’en tient à la thèse d’Alan Price, ça fait 400 ans que ça dure. Alors, on peut dire que la mélodie de The House Of The Rising Sun n’est pas prête de tomber dans l’oubli.

Gilles Blampain

         

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The Animals

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