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été 20
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UNE CHANSON




blues see see rider
blues see see rider



Oh Oh Black Betty - Bam Ba-Lam

Black Betty had a child- Bam-Ba-Lam
The damn thing gone wild - Bam-Ba-Lam

Une chanson qui aurait pu sombrer dans l’oubli, mais qui a resurgi au milieu des années 70 et fait le tour du monde grâce à un beat entêtant. Mais qui est Black Betty ? L’histoire donne plusieurs origines à cette complainte, toutes aussi valables : marche militaire, chant de travail, ritournelle festive.

Le nom de Black Betty apparaît dans une marche militaire du XVIIIe siècle, faisant référence à la platine à silex (mécanisme de mise à feu) des fusils de couleur noire utilisés dans les rangs de l’armée américaine, Bam Ba-Lam évoquant le bruit de la fusillade. Une autre source rapporte qu’au XIXe  siècle, une tradition voulait qu’en Pennsylvanie, lors des mariages, deux jeunes amis du futur marié s’affrontent dans une course, dans le but de rapporter une bouteille de whisky au nouvel époux. Black Betty désignait à cette époque une Zone de Texte:bouteille d’alcool. Moins joyeuse, une autre Black Betty vient du début du XXe siècle, aux Etats-Unis : les convicts désignaient sous ce nom le fourgon cellulaire dans lequel ils étaient transférés au pénitencier. Black Betty étant une variante de Black Maria, terme toujours actuel pour désigner les voitures de police en langue anglaise. Une autre version, toute aussi douloureuse, rapporte que Black Betty était le nom donné par les prisonniers au fouet utilisé par les gardes-chiourme pour mâter les récalcitrants.

 


        . Whoa, black Betty (bam-ba-lam)
. She really gets me high (bam-ba-lam)
.You know that's no lie (bam-ba-lam)
Bam Ba Lam


Zone de Texte:En 1933, dans le cadre de ses recherches pour la Bibliothèque du Congrès, Alan Lomax enregistre une première version de la chanson interprétée a cappella par James ‘Iron Head’ Baker, pensionnaire d’une ferme-pénitencier du Texas. En 1939, toujours à l’initiative d’Alan Lomax, à New York, Leadbelly grave le titre sur le 78-tours Negro Sinful Tunes. Après cet enregistrement, Black Betty semble tomber dans l’oubli. Durant les années 40 et 50, on n’en trouve plus traces discographiques. Il faut attendre 25 ans et Odetta pour que la chanson soit remise au goût du jour en 1964 à l’occasion d’un medley sur son disque Odetta Sings Of Many Things. La même année le trio de folk-blues de Minneapolis, Koerner, Ray and Glover reprend ‘Black Betty’ sur le disque Lots More Blues, Rags And Hollers. En 1968, Manfred Mann en fait une adaptation très personnelle, entre jazz et rhythm’n’blues, sous le titre ‘Big Betty’, sur l’album Mighty Garvey. En 1976, Starstruck, un groupe de Cincinnati, en donne une version rock qui ne restera pas dans les annales.

    

. She’s so rock steady (bam-ba-lam)
. She's always ready (bam-ba-lam)
   
  Bam Ba Lam

Zone de Texte:  En 1977, Bill Bartlett, ex-leader de Starstruck, fonde Ram Jam et reprend ce titre qui lui est cher. Bien loin des versions folks entendues jusque là, cette nouvelle interprétation est trempée dans le rock psychédélique en vogue à l’époque. Un beat martelé, des riffs de guitares tranchants, un tempo accéléré. Grâce cette version musclée le band se place rapidement en haut des classements en Amérique, en Europe et en Australie. Ram Jam vend plus d’un million de disques et lie définitivement son nom à la chanson. Le groupe rencontre cependant quelques soucis avec la NAACP (association nationale pour la promotion des gens de couleur) et le Congress Of Racial Equality (organisation visant à faire respecter les droits civiques des Afro-Américains). En effet, quelques lignes qui ne figuraient pas dans le texte originel chanté par James Baker et Leadbelly, font ouvertement allusion à une femme excitante, toujours prête à la bagatelle (She's so rock steady- bam-ba-lam -She's always ready) et qui remue cette ‘chose’ (Well she’s shakin' that thing). Ces associations jugent cela dégradant pour les femmes noires et appellent au boycott du groupe. En 1986, la chanson revient sur le devant de la scène avec Nick Cave and The Bad Seeds. En 1989, le groupe allemand de metal, Mekong Delta, inscrit Black Betty à son répertoire, les Suédois du groupe de funk-metal Electric Boys en font autant en 1994. En 2002, Tom Jones en fait une adaptation disco très sensuelle, deux ans plus tard, le trio rock australien Spiderbait en donne une version explosive. En 2006, le texan Meat Loaf y plante le clou du hard rock. En 2007, But & Memo triture tout ça façon house-music. En 2008, les métallos de Ministry y vont de leur contribution. On peut encore citer Sheryl Crow, Pat Travers et la version electro-house de Die Hoerer & Atomic Playboys. Bien loin des casseurs de cailloux des chain-gangs Black Betty est toujours là.

Gilles Blampain

        

 

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James Baker

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Ram Jam

Tom Jones

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But & Memo