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06/20
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UNE CHANSON









Baby, please don't go, back to New Orleans
You know I love you so

Tout amateur éclairé qui écoute ‘Baby Please Don’t Go’ évoque sans tarder le nom de Big Joe Williams et sa guitare à neuf cordes. Né en 1903 dans le Mississippi, ce musicien connut les tribulations de tous les bluesmen des années 20 traînant leur instrument du Mississippi au Texas ou en Georgie, en passant par la Louisiane. Mais ce titre a-t-il été réellement composé par Big Joe Williams ?
Comptine irlandaise datant du XVIIIe siècle,  Bessie, Done Ye Go’ se transforme en ‘Bessie Don't You Go’ puis en ‘Sinner Don't You Go’. La chanson refait surface dans le Mississippi et en Louisiane un siècle plus tard (Cf. A Hermanstadt : Un vieil Eire de blues). Big Joe Williams s’en empare et lui imprime sa marque personnelle. Il fixe les paroles qui, jusque là, variaient d’un interprète à l’autre, et c’est à ce titre qu’il est reconnu comme le créateur de la chanson. Il en grave une première version en 1935 sur Blue Bird filiale de Victor. Six en plus tard, en décembre 1941, toujours pour Blue Bird, il sort une nouvelle version, plus enlevée, en compagnie de l’harmoniciste John Lee Sonny Boy Williamson.

Before I be your dog

Baby, please don't go
Baby, please don't go
Baby, please don't go, back to New Orleans
You know I love you so

Zone de Texte:Before I be your dog
Before I be your dog
Before I be your dog
I get you way'd out here, and let you walk alone

Turn your lamp down low
Turn your lamp down low
Turn your lamp down low
I beg you all night long, baby, please don't go

You brought me way down here
You brought me way down here
You brought me way down here
'bout to Rolling Forks, you treat me like a dog...

 

Cette histoire d’un homme quitté par sa compagne, seul et paumé et qui l’implore de revenir car la vie n’a plus de sens sans elle, inspirera un grand nombre de bluesmen. De très nombreux interprètes accrochent ce titre à leur répertoire.

           

           Baby please don’t go

La version originale de Big Joe Williams, parue en 1935, est un diamant brut. Un an après Williams, un imitateur de Tampa Red, baptisé Tampa Kid, sort le titre sur le label Decca. C’est l’une des rares traces que laissera ce musicien avant de retomber dans l’anonymat. En 1937, Leonard ‘Baby Doo’ Caston l’enregistre sous son nom avant de fonder The Big Three trio puis The Five Breezes avec Willie Dixon. Avec toute la finesse qui le caractérise, Big Bill Broonzy donne une interprétation grand style de ‘Baby Please Don’t Go’ avec son subtil jeu de guitare et un chant poignant. La version lancinante qu’en donne Fred McDowell est particulièrement envoûtante, celle de Lightnin’ Hopkins est superbe, savoureuse et riche d’un raffinement de style propre au Texas, tout comme celle de Mance Lipscomb. Muddy Waters, qui électrifie le blues du sud pour l’adapter à la vie trépidante de Chicago, lui impulse une puissance inaperçue jusque là. Plus tard, le Genius en personne intègre ce titre à son répertoire et lui donne une autre couleur. Avec un grand orchestre et le chœur des Raelettes, Ray Charles s’approprie en effet ‘Baby Please Don’t Go’ d’une manière très personnelle et très soul. John Lee Hooker, avec son jeu spécifique, semble revenir aux rudiments du blues originel et l’interprète d’une façon basique mais avec une efficacité redoutable qui fait passer le frisson. BB King est nettement plus sophistiqué avec son big band, trompette bouchée et bien sûr son fabuleux doigté. La liste des interprètes est longue. On peut y ajouter Leadbelly, Sam Montgomery, Elmore James, Little Walter, Howlin’ Wolf, Bukka White...

I beg you all night long, baby, please don't go

blues them

La génération suivante reprend également abondamment cette chanson. Dans les années 50, Billy Lee Riley en fait une version rockabilly, sautillante, qui paraît sur le label Sun. Le quintette The Orioles lui fait un lifting Doo Wop avec de belles harmonies vocales et un sax ténor. Bob Dylan, lui, revient à une interprétation plus proche de l’original. En 1964, Them l’adaptent à leur façon, avec la bonne idée de mettre la basse en avant dès l’intro et d’accélérer le rythme, ce qui en fait une chanson sauvage et excitée. Le titre est alors sur une nouvelle rampe de lancement qui le propulse au rang de hit international. The Animals ne se privent pas d’un tel joyau et le reprennent à leur tour. Quelques années plus tard, Gary Glitter lui donne le strass du glam-rock quand Budgie la décline en hard-rock. En 1974 AC/DC en fait une adaptation speedée. Ted Nuggent and The Amboy Dukes, tout comme Thin Lizzy, l’inscrivent eux aussi à leur set list. Retour en Amérique avec Aerosmith qui, en 2004, la rend sensuelle, torride et déjantée. Tim Boykin, musicien d’Alabama, booste le tempo et fait découvrir ‘Baby Please Don’t Go’ aux amateurs de metal. Après des centaines de reprises l’aventure continue.

Gilles Blampain

     

blues

Big Joe Williams

Lightnin' Hopkins

Big Bill Broonzy

Them

AC / DC

Aerosmith

Tim Boykin