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Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection
de CD choisis par l'équipe Blues Again.
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Cyndi Lauper
Memphis Blues
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Genre musical: Blues !
Compositions: 12 reprises
Livret : Bien
Label : MERCER STREET RECORDS
Distributeur : NAÏVE
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L'ancien vibrion de MTV se jette dans le blues, et n'y va pas en touriste. Elle emporte quelques gages comme BB King, héros de Memphis plus décoratif que dynamique, mais caution morale à la présence bienveillante. Par contre, l'harmo Charlie Musselwhite, le pianiste Allen Toussaint, le guitar-hero Jonny Lang, jouent une autre paire de manches : ils dictent les couleurs (Chicago, Louisiane, blues-rock), et plus encore l'orchestre, des vétérans de Stax et de Hi-Records, ingénieurs de la soul sudiste, Skip Pitts (la wah-wah de 'Shaft'), l'excellent batteur Howard Grimes et les pavillons de la Hi Rhythm Section. Ce ne sont plus des gages, c'est un délit d'initié ! Pour le répertoire, Cindy défouraille de tous les côtés, de blues immémoriaux ('Rollin' And Tumblin' ') en reprises de Little Walter, Lowell Fulson ou Wilson Pickett, sans rompre l'unité capiteuse du son. Elle évite le comeback-hommage aux blueswomen d'avant-guerre, un piège dans lequel les vieilles gloires new-yorkaises du folk tombent par chapelets. Pourtant sa voix un poil cartoon, un rien impertinente, l'apparente à cette lignée de chanteuses auxquelles elle ne se réfère que deux fois, une romance de Lil' Green et le titre emblématique d'Ida Cox, 'Wild Women'. Enfin, dernière marque d'une identité parfaitement détendue dans cette pioche séculaire : Cyndi Lauper ne joue qu'à être Cyndi Lauper, elle accroche naturellement ce treizième wagon au train de 'Time After Time'. Il lui manquerait parfois un supplément de coffre pour se dégager de la mêlée orchestrale et pousser le vibrato jusqu'au suraigu… et foire ainsi la reprise de 'Crossroads'.
Christian Casoni
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Dr. John
Tribal
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Genre musical: Soul Blues et plus
Compositions: 16 sur 16
Livret : Simple
Label : PROPER
Distributeur : HARMONIA MUNDI
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Présent depuis près de 50 ans dans le paysage musical et entré de son vivant dans la légende, Dr John est un artiste dont la réputation n’est plus à faire. Le CD s’ouvre avec ‘Feel Good Music’ et ce premier titre annonce la couleur, car c’est bien de cela qu’il s’agit, de musique qui fait du bien. Une ordonnance du bon Doctor John est toujours pleine de remèdes efficaces pour le corps et l’âme. Concoctée dans le creuset néo-orléanais, la potion est un mélange de soul, de jazz, de blues et de ballades ; c’est fluide, léger (sans être puérile), assez aérien pour que l’esprit s’évade et assez terre à terre pour que les pieds battent le rythme. D’une voix claire qui ne s’altère pas avec les ans, Dr John (à l’orgue ou au piano) entre sacré et païen, nous raconte ses histoires de vaudou, d’Indiens, de coups de chance ou de poisse, soutenu par une belle section de cuivres et de superbes percussions, sans parler d’un agréable chœur féminin qui enjolive parfois le tout. Traversé de funk, de rythmes créoles, de pulsions indiennes et de beats sortis de clubs ou venus de la rue, Tribal est un savoureux tourbillon par lequel on se laisse happer sans se débattre. Il est évident qu’avec un musicien de ce gabarit rien n’est laissé au hasard et la production est vraiment parfaite.
Gilles Blampain
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Flyin' Saucers Gumbo Special
The Crawfish Groove
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Genre musical: Rock' N' Roll Louisianais
Compositions: 11 sur 13
Livret : Fun
Label : ANAPURNA PRODUCTION
Distributeur : anapurna@anapurna.net
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Quel disque ! L'équipage aquitano-breton from the outer space allonge maintenant sa palette d'une fronce d'accordéon et s'enracine un peu plus profondément dans le biotope louisianais où un rock'n'roll très soul s'emballe sur un funk moelleux et, dans le sillage des fanfares, le blues rayonne naturellement vers la country et le cajun. Et si le crawfish groove était la danse de l'été ? Ce bouquet dégage tellement de souvenirs et de révélations que son antique modernité semble devoir briller pour tout le monde, quels que soient l'âge, le sexe et le goût des gens. Pas une plage qui ne soit un hit potentiel. Chaque titre a la franchise de l'or et sonne déjà comme un classique. Autour du module principal (chants, guitares, basse, batterie), voici de l'harmonica, du bottleneck et de la planche à laver pour la terre, voici des cuivres et des claviers pour le ciel. Les ufologues Izquierdo, Joussot et Le Goff ont longuement gambergé les plans de cette cinquième soucoupe rock'n'volante, et l'ont mise en boîte en deux coups de cuillères musicales, avec une allégresse pleine de fatalité néo-orléanaise (‘Tsunami Blues’). Des épices qui pimentent leur gumbo, ils prennent le meilleur : la tendresse, l'ironie, l'énergie, l'élégance, la mélodie, mais la sincérité avant tout. Ils regonflent le ‘New Orleans’ de Gary US Bond, ils attrapent le ‘Till It Hurts’ de Lee Rocker et le ralentissent jusqu'à en faire une ballade soul de toute beauté.
Christian Casoni
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Jerry Deewood
… Sings With And From Sherrill Shaun Nielsen & Friends
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Genre musical: Rock' N' Roll et Country Gospelisant
Compositions: 1 sur 8, mais que des créations
Livret : Hem, hem !
Label : JERRY DEEWOOD ENTERPRISES
Distributeur : jbl47454@scarlet.be
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Le gros Elvis devait enregistrer ‘There's A Fire Below’, mais la canicule de l'été 77 décima la population d'éléphants de mer à col deltaplane qui colonisait le Tennessee. Jerry Deewood est un rocker belge qui s'agite depuis les années 60. Il a sympathisé avec l'auteur de la chanson, Shaun Nielsen, qui la lui prête bien volontiers, et lui en fournit d'autres, assez pour garnir cet album au titre imbuvable. Cette voix, ces chœurs, ce son dodu… de l'Elvis dégriffé, un rôle en or pour Benoît Poelvoorde ! Il est trop beau pour être vrai, ce cow-boy de music-hall. On ricane comme ça jusqu'au premier break de guitare : un solo de rock'n'roll irrévocable. Et Jerry Deewood, ainsi défendu par Eddie Webb, devient lui-même irrévocable. On réalise alors qu'on est en train de pénétrer dans le rêve d'un gentleman, un vieux rêve qui monte en beauté à mesure que son innocence se dessine. Jerry chante Shaun Nielsen en 2010 comme il le chantait déjà en 2007 sur l’album précédent, avec la même voix panoramique, enveloppant comme un grand frère, ténébreux comme un homme d'honneur pétri de bondieuseries et de fidélités anachroniques. Shaun a beau être un grand cake du gospel, il se range parmi les choristes et laisse l'homme de Bruges appareiller pour une Atlantide qui s'appelait Memphis. C'est d'ailleurs dans cette ville hantée que Jerry a enregistré l'album. Jerry Deewood a du caractère, il vaut tellement mieux qu’un sosie, ‘There's A Fire Below’, ‘Freedom Demands’, ‘Where Stupid Begins’ deviennent, en un tour de disque, aussi familiers que ‘Don't Be Cruel’ et ‘All Shook Up’.
Christian Casoni
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Jimmy Dawkins Presents
The Leric Story
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Genre musical: Blues de Chicago
Compositions: 5 sur 16
Livret : Succinct mais plein d'infos !
Label : LERIC
Distributeur :DELMARK
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Une initiative comme on aimerait en rencontrer toutes les semaines. Rendez-vous compte : Jimmy Dawkins qui décide de compiler sous son propre label (Leric) des titres d’artistes bluesy du Chicago des années 80 qui n’avaient jamais été gravés sur CD ! Ça donne une galette bigrement riche en vitalité et en énergie. Dès le premier titre, on embarque pour une ‘New Life’ de Little Johnny Christian au rythme endiablé sur fond de saxophone, de piano et guitare boogie, le tout dominé par une voix des plus soul et suave. Et quand on sait que ce mec n’a jamais eu l’occasion de signer avec une major... On le regrette et on enchaîne avec ‘Luv Somebody’ où la guitare fluide de Vance Kelly et le piano d’Erskine Johnson vous donnent envie de vous trémousser. Cette chanson peut d’ailleurs s’acoquiner tranquillement avec les titres de Miss Nora Jean (‘Untrue Love’, ‘Oh My Love’) dont le timbre de voix puissant laisse apparaître des cordes vocales de velours. Et que dire de l’organe de Queen Sylvia Embry qui nous fait penser aux plus grandes voix soul et funk (Dionne Warwick, Marlena Shaw et Sharon Jones). Ecoutez ici l’envoûtant ‘I Know I Ain’t Number One’ mais aussi troublant pour une dame qui mourra dans l’indifférence en 1992. Laissez-vous emballer avec le reste de cette sélection car « oui », il y avait bien une scène dans le west-side de Chicago pendant les années synthé ! Et comme le souligne le critique David Whiteis, « the best music is often found off the beaten track, away from the spotlights. »
Tristan Sicard
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Karen Carroll
Talk to the hand
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Genre musical: Blues de Chicago
Compositions: 7 sur 13
Livret : Une photo, deux pages d'infos
Label : DELMARK
Distributeur : DELMARK
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Un album introspectif que celui-ci. La chanteuse Karen Carroll, pour son deuxième album avec Delmark est allée chercher au plus profond de son âme, de son cœur, de ses sentiments. Dans le mélancolique ‘Please Come Back Home’, elle nous fait part de ses doutes, de sa douleur, de sa souffrance causés par sa solitude. A rapprocher du titre ‘I Need A Friend’ qui fait également part de la nécessité de partager, d’échanger avec un(e) ami(e). Il y a beaucoup de tristesse dans cet album mais heureusement, il y aussi des plages de joie, de bonheur. Témoins des hauts de sa vie, les chansons ‘I’m Glad’ et ‘Tired Of Being Mistreated’ qui malgré le titre incite à réagir face à l’adversité. Il faut ici saluer la performance de Roosevelt Purifoy au piano qui complète à merveille les sentiments mitigés de la fille de Jeanne Carroll, l’une des prêtresses du jazz/blues/gospel (reprise très soul du titre de Nina Simone ‘Do I Move You’). Et que dire du drôlissime titre ‘Neked J Blues’ où, en parlant des sous-vêtements, elle nous indique que « Victoria n’a pas de Secrets » finalement ! Introspectif on vous disait !
Tristan Sicard
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Los Lobos
Tin can trust
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Genre musical: Blues, Blues Rock et Salsa Rock
Compositions: 10 sur 11
Livret : Des paroles, des photos, bref un bon livret
Label : PROPER RECORDS
Distributeur : NON PRECISE
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A l’orée de leur 20e album, Los Lobos font preuve d’une maturité monstre. Tout leur répertoire se trouve ainsi résumé sur cet album : du rock (‘Burn It Down’ avec Madame Susan Tedeschi en backing vocals), du blues (‘27 Spanishes’), du blues-rock (‘Do The Murray’) et des tonalité inclassables hispanophones (‘Yo Canto’) qui donnent envie de festoyer. Témoin ici, le titre ‘Mujer Ingrata’ qui, sur les airs de l’accordéon de David Hidalgo donne des échos de bal musette à cet album. On sent que nos compères américano-mexicains s’en donnent à cœur joie et ne se refusent rien pour partager avec le public tout ce qui fait la richesse de leur groupe multiethnique. De là, on comprend mieux pourquoi ils ont été invités cette année à l’Experience Hendrix Tour et pourquoi ils soutiennent les Barrios Unidos, un institut pour la paix et le développement des communautés. Aller, du coup, ça donne envie de reprendre la route avec leur ballade désabusée ‘All My Bridges Burning’ !
Tristan Sicard
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//LYSE//
Je suis Wallace Hartley
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Genre musical: Rock apocalyptique
Compositions: 10 sur 10
Livret : Beau, bien gambergé
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : contact@lyse-online.com
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La parabole de Wallace Hartley ne dure qu’une trentaine de minutes mais c’est bien suffisant : chaque seconde est un gnon ! On dirait bien que la relève est là, dans ce sprint en dix foulées foudroyantes, fracas d’apocalypse, chant imprécatoire aux vertigineuses montées de folie, succession de ruptures et de ré-embrayages en geysers d’électricité massifs… //LYSE// déploie sa démesure dans l’épaisseur, jamais dans la longueur, avec des titres si intenses qu’ils se retournent sur eux-mêmes, nihilistes comme des rubans de Möbius ! Les trois frères Sims, Dorian (malédictions), Pierre-Antoine (boutoir de larsens), Charles-Alexandre (grosse corde sismique), et leur pote Ronald Doucet (fléaux d’armes), se réclament des Queens Of The Stone Age, mais on pense immédiatement à Noir Désir et à Nirvana (magma de décibels, blocage abrupt, accalmie post-atomique sur vibration de corde basse). Trente ans après les Dogs, //LYSE// écrit la suite d’ ‘Algomania’, et c’est de la fonte ! Ceux de Vannes n’envoient pas du bois, ils balancent la forêt entière sur Harvard, La City et ses élites toxiques. Décryptage. La lyse est un processus de destruction cellulaire due à une nuisance extérieure. Wallace Hartley conduisait l’orchestre du Titanic et faisait donner les violons du bal tandis que le monde sombrait. Le trio instrumental de 2003, devenu un quartet chantant en 2009, a fabriqué sa charge en sept jours et, décidément franc-tireur, la distribue sur les concerts et sur le site contact@lyse-online.com. Avant de plonger dans la centrifugeuse, prévoir un casque intégral, un mobile étanche et la carte d’un bon avocat. Au cas où.
Christian Casoni
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Mary Gauthier
The Foundling
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Genre musical: Country Folk
Compositions: 13 sur 13
Livret : Sombre mais complet
Label : PROPER RECORDS
Distributeur : NON PRECISE
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Quelle vie ! Quelle triste vie ! A la réception du CD, on se dit que l’ambiance ne sera pas des plus joyeuses : livret dans les teintes mauves et noires. Seul le blanc des lettres « égaie » la pochette. Et on comprend tout de suite pourquoi lorsque dès la page d’ouverture on tombe sur ces lignes : « The record is dedicated to all adoptees, birth mothers, birth fathers and adoptive parents who still suffer. May you find peace. » Parce que Mary Gauthier (prononcer « Go-shay ») est une rescapée de l’adoption : abandonnée par sa mère dès sa naissance (le titre ‘March 11, 1962’ le rappelle sous la forme d’une conversation téléphonique), elle fuit sa famille adoptive à l’adolescence avant de sombrer dans l’alcool et la drogue. Elle ouvre ensuite un resto dont le nom (Dixie Kitchen) est celui de son premier album. Ce n’est qu’à la trentaine qu’elle se lance dans la musique, la country music. Bien que cet album s’ouvre sur deux chansons mélancoliques (‘The Foundling’, ‘Mama Here, Mama Gone’), il faut reconnaître que Mary garde espoir et nous sert finalement un opus optimiste. Témoin, cette réjouissante ballade ‘Sideshow’ où le trombone de Danny Ellis vibre, converse avec le piano et le violon dans une délicieuse atmosphère. Et malgré tous ses déboires, Mary continue à croire en l’amour (‘The Orphan King’). Et finalement, en la vie !
Tristan Sicard
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Sophie Kay & Panam' Express
Old- Orléans
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Genre musical: Goualante Rockabillie
Compositions: 11 sur 11
Livret : Simple et bien
Label : DISQUES JANO
Distributeur : ITUNES, VIRGIN, etc..
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De la chanson réaliste rockabillie ? Chez elle, le rock’n’roll c’est pour rire. Sophie est une authentique pousseuse de goualante. Quoi que. C’est peut-être le contraire. Comme son côté peuple. Elle joue les danseuses de carmagnole, mais tout le monde sait bien qu’elle loge au George V et qu’elle préside le fan-club d’Anastasia. Ou alors, elle ruse encore. Sophie s’escamote ainsi sous un remarquable disque de semblants. Rien que sur le premier titre, ‘J’ai Chaud’, elle frôle Catherine Ringer avec sa gouaille aristocratique, un peu Rose Murphy pour l’ingénuité salace des non-dits, un peu Magali Noël pour lier les contraires… un peu Sophie Kay, surprise entre deux masques. Au moins la lycéenne d’Orléans se trahit-elle dans le titre. Old-Orléans. Le temps passe. Il s’agit de ça aussi, quand elle ouvre le trémolo de l’ampli (‘On M’Appelle Madame’). Elle fait sonner presque toutes les guitares de l’album, elle joue des fourberies yéyé sur un shuffle jazz garage et des amortisseurs tangobilly, elle change de micro comme de Kelton, et mélange les contrebassistes et les batteurs. Bernard Lepesan (ex-Coronados), qui sait mixer les guitares comme personne, sculpte l’album avec cette franchise imprudente qui singularisait l’émulsion alternative au milieu des années 80, avant que le rock français ne s’embourbe dans la parodie réaliste. C’est peut-être ici, dans le rock alternatif, qu’elle habite, derrière la réfraction azimutée de son blues et la distance malicieuse de ses textes. Et soudain, ‘Zoltan’. Un marxophone fige aussitôt les sourires. « On peut pas dire que les wagons étaient spacieux, le service aurait pu être mieux. »
Christian Casoni
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Stan Noubard-Pacha
Ready to go
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Genre musical: ROCK' N' ROLL IMAGE
Compositions: 11 sur 11
Livret : Classe
Label : TEMPO
Distributeur : SOCADISC
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Ce sideman militant sort enfin de l'ombre avec une histoire instrumentale faite de chansons sans paroles. Sur ses talons, deux autres vertèbres de la 5e colonne du blues français : Thibaut Chopin (contrebasse) et Simon Boyer (batterie). Dernier muet du sérail au générique : François Fournet, un vénérable guitariste de jazz qui n'a rien contre le blues ni Led Zep. Avec ce comité restreint, Stan tourne un thriller à petit budget. Le Pacha ! Il aime par dessus tout le blues de Chicago et les BO des années 60 et 70, Michel Magne et Lalo Schifrin. Et voilà qu'il enregistre un véritable album de guitariste, mais pas celui qu'on croit malgré quelques solos fulgurants, comme si le manche lui brûlait soudain les doigts. Pas de kermesses héroïques ni de récitations mélodiques ici, mais la mise-en-scène serrée d'une dizaine d'épisodes courts, impeccablement scénarisés, avec des thèmes qui reviennent comme des refrains. Du rock'n'roll pour les 60's, du funky pour les 70's, un rien de jazz pour climatiser l'ambiance, et ces riffs giflants dans l'étau d'une main gorgée de blues, menace permanente qui donne à l'histoire son suspense, à ses personnages une barbe de trois jours, et l'empêchent de s'avachir dans l'easy-listening. Stan polit un miroir qui le réfléchit bien, modeste et intense, brillant d'un éclat pas trop vintage ni trop produit, pas vraiment révolutionnaire mais loin d'être banal.
Christian Casoni
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The Steve Miller Band
Bingo !
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Genre musical: Blues, R'N'B, Rock.
Compositions: 0 sur 14
Livret : Beau digipack avec livret annoté
Label : RODRUNNER
Distributeur :
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Habitué des hit parades soft-rock dans les années 70 et 80, il était absent des studios depuis 17ans. Steve Miller revient aujourd’hui à ses premières amours…le blues. Il a pioché pour l’occasion dans les répertoires de Jimmie Vaughan, Jimmy Reed, Howlin’ Wolf, Lowell Fulson, Earl King, Otis Rush, Elmore James… pour reprendre des morceaux qu’il avait l’habitude de jouer sur scène depuis la fin des années 60. Il s’agit donc à la fois d’une sorte d’hommage et d’une confession. Le jeu de guitare fluide et la douce voix de Miller donnent une nouvelle fraîcheur à des titres dans lesquels il n’hésite pas à introduire parfois quelques percussions latinos. Tous les titres sont brefs, point d’envolée de guitar hero. A noter que Joe Satriani pose un solo de guitare sur deux titres, ‘Rock Me Baby’ et ‘Sweet Soul Vibe’ et que cet enregistrement fut malheureusement le tout dernier de l’harmoniciste Norton Buffalo. Enregistré en moins de 15 jours, Bingo ! est un disque sans esbroufe mais sans surprise non plus, un son clair et entraînant, agréable à écouter et agrémenté d’un riche livret de 12 pages à la très belle iconographie, dans lequel Miller commente chacun des titres.
Gilles Blampain
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Walter Trout
Common ground
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Genre musical: Blues, Rock
Compositions: 12 sur 12
Livret : Avec textes + photos
Label : PROVOGUE
Distributeur : MASCOT
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Afficher sur son CV qu’on a joué avec Big Mama Thornton, Joe Tex, Percy Mayfield, John Lee Hooker, avoir fait partie des Canned Heat et des Bluesbreakers n’est pas à la portée du premier musicien venu. Et de fait, Walter Trout n’est pas le premier venu. Dans le registre ‘Ma Fender se plie à ma volonté’, le bonhomme y va sans retenue. Il a un côté volubile mais sans emphase. Si son style a du punch, il ne manque pas de finesse pour autant. Avec cette nouvelle production qui dévoile une large palette de blues et de ballades rock, il signe 12 titres qui ont du corps et qui accrochent. Il y a de la technique mais la passion est également présente. La formation est restreinte : Kenny Aronoff (batterie), James Hutchinson (basse), Jon Cleary (claviers), Walter Trout (chant, guitare, mandoline et harmonica), mais dégage une puissance phénoménale. C’est carré, solide, sans fioritures inutiles, cependant l’artiste a besoin d’amplitude pour s’exprimer et certains titres s’étirent de 5 à 6 minutes et plus, ce qui n’est pas déplaisant. Ce terrain d’entente (Common Ground) en mettra plus d’un d’accord.
Gilles Blampain
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Willie Buck
The life I love
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Genre musical: Chicago Blues
Compositions: 2 sur 17
Livret : Simple
Label : DELMARK
Distributeur : DELMARK
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La voix est chaude et prenante, l’accompagnement est superbe, la prise de son est bonne : belle réussite. Cet enregistrement a bientôt 30 ans, c’est donc une réédition, mais il n’a pas pris une ride. Du Chicago blues ‘high class’ qui s’inscrit dans la meilleure tradition de la windy city. Willie Buck a fait ses premiers pas dans les clubs chicagoans au début des années 50 et continue de se produire dans le circuit depuis ce temps là, mais son seul disque date de 1982. L’objet est donc unique et nous offre un véritable festival ! Tout est en place ici pour ravir les amateurs car nous avons droit à une rencontre au sommet : les guitaristes se nomment Louis Myers et John Primer, le bassiste n’est autre que Dave Myers, auxquels se joignent Little Mack Simmons et son harmonica ainsi que le pianiste Big Moose Walker. La liste des titres affiche les signatures de Willie Dixon, Muddy Waters, BB King, Jimmy Reed, Al Green, Walter Jacobs, John Lee Williamson. 12 titres ont été enregistrés en studio et 5 autres en live. On ne peut que saluer la démarche des responsable du label Delmark pour avoir sorti de l’ombre un tel artiste en redonnant une deuxième vie à ce disque.
Gilles Blampain
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David Gogo
Different Views
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Genre musical: Blues...
Compositions: 10 sur 12
Livret : Digipack 3 volets couleur
Label : DIXIEFROG
Distributeur : HARMONIA MUNDI
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Avec Different Views, le très prolixe Canadien, David Gogo, nous offre son huitième opus. J’avais un bon souvenir des albums précédents, je pars donc avec un a priori positif. Ce qui est sûr c’est que dès la première écoute, on se dit que cet album porte bien son nom! Tous les morceaux sont vraiment différents aussi bien dans la réalisation que dans le style. C’est pourtant ce qui pour certains sonnera comme l’écho d’une grande diversité, paraîtra pour d’autres assez déroutant. Guitariste émérite, David Gogo ne fait pas toujours preuve de délicatesse dans cet album. Au niveau du son, dans les solos notamment, il utilise systématiquement de grosses saturations, qui dans certains morceaux délicats peuvent paraître décalées. Pour ma part, le meilleur titre de l’album est probablement ‘Where The Devil Won’t Go’, titre où il invite la pointure des harmonicistes canadiens Steve Marriner. Dommage, encore une fois, qu’un solo de guitare fort saturé vienne ternir ce morceau. En plus, il n’est même pas laissé un peu de place pour un solo d’harmonica que j’ai pourtant attendu tout le long de cette composition. Le son de l’harmonica est si exceptionnel que c’est probablement ce qui m’a laissé sur ma faim. Ce disque reste cependant un bon album à écouter car David Gogo demeure un personnage inventif à découvrir…surtout sur scène.
Olivier Raymond
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Jef Lee Johnson Band
The Zimmerman Shadow
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Genre musical: Blues, Jazz, Pop
Compositions: 0 sur 12
Livret : 56 pages, coffret de toute beauté
Label : HOPE STREET
Distributeur : NATO
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L’artiste est unique, l’album se démarque à la première écoute. Il y a du cream et du Ginger Baker de la meilleure veine d’antan, du Hendrix dans la guitare et dans la voix, pas de clone, de redite, ou de décalco, comme une tête de pont, un peu ce que le défunt guitariste aurait pu magnifier aujourd’hui si l’on était devin. On y trouve aussi du Coltrane ou du Metheny, le tout sur des compositions de Bob Dylan revisitées. L’album prend aussitôt une dimension colossale comme un building qui se déplacerait quand on lève la tête en direction du ciel. Le trio est composé du bassiste éthiopien Yohannes Tona et du drummeur Charlie Patierno. Chacun des musiciens est son propre leader, quand l’instrument devient soliste et se révèle dans toute sa complexité. C’est le 2ème album pour le musicien de Philadelphie qui respecte l’intonation, la gouaille et les scansions d’un Dylan aux compositions sujettes à tant de convoitises musicales ‘Highway 61 Revisited’, ‘From A Buick 6’, ‘Blind Willie McTell’... Découvert début 2000, JLJ étonne, détonne et mélange culture pop, blues, soul et jazz avec une faconde déconcertante. L’homme a tracé des arcs en ciel sur le manche de sa guitare en accompagnant Aretha Franklin, David Letterman, participant à la bande originale de ‘Drop Squad’ de Spike Lee ou encore sur des albums de Billy Joel, Huey Lewis, George Duke, Marcus Miller, et des concerts avec Stanley Clarke... et Michel Portal. Et puis il y a la prise de son studio des années 70, les longs morceaux sur un tapis rouge où la guitare flamboyante, façon Jerry Garcia ou Jimi Hendrix caracole librement comme un live déconcertant de maîtrise et de conciliabules. Sur des illustrations de plus de 50 pages à l’aquarelle et en lavis de Stéphane Levallois, sur une histoire de Jean Simmon, l’objet musical devient bien vite un précis éveilleur de sens pour les yeux et une belle réussite pour le producteur Jean Rochard. Un exemple à reconduire et un artiste dont il devient désormais impossible de taire la qualité.
Alain Hermanstadt
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Jimmie Vaughan
Plays blues, ballads and favorites
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Genre musical: Blues, Soul, Etc...
Compositions: 1 sur 15
Livret : Minimaliste
Label : PROPER
Distributeur : HARMONIA MUNDI
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Retrouver Jimmie Vaughan et sa Fender, absents des studios depuis quelques années, est un réel plaisir. Le guitariste d’Austin dispense toujours avec le même brio un blues sudiste nonchalant trempé dans la soul. Le titre Plays Blues, Ballads And Favorites reflète bien le contenu car à part une chanson de sa plume, Jimmie Vaughan reprend des titres de Jimmy Reed (‘Come Love’), Roscoe Gordon (‘Just A Little Bit’), Charlie Rich (‘Lonely Weekends’), Little Richard (‘Send Me Some Lovin’), Willie Nelson (‘Funny How Times Slips Away’) et quelques autres oldies but goodies auxquelles il apporte une touche vraiment très personnelle. Et c’est un vrai festival ! Il a convié pour l’occasion sa garde rapprochée : Kas Kasanoff et Greg Piccolo, respectivement au sax baryton et au sax ténor et Lou Ann Barton au chant sur la moitié des titres. Puisant dans son vaste répertoire acquis en quelques décennies, Jimmie Vaughan n’avait visiblement qu’un seul but : se faire plaisir. Il en est de même pour l’auditeur. Son jeu de guitare n’est plus à commenter mais ses interventions enrobées de saxophones et d’orgue Hammond B3 sont toujours du plus bel effet. Les atmosphères changent d’un titre à l’autre et c’est un vrai juke box.
Gilles Blampain
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Magic Slim
Raising the bar
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Genre musical: Chicago Blues
Compositions: 8 sur 11
Livret : Beau digipack
Label : DIXIEFROG
Distributeur : HARMONIA MUNDI
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En ces temps où les valeurs sûres se font rares, un disque de Magic Slim est un investissement sans risque. Il n’y aura aucune dévaluation, c’est une assurance sur l’avenir et on pourra le réécouter dans 10 ans sans que l’objet paraisse suranné. Magic Slim ne change pas mais ne se démode pas non plus. En formation réduite, guitare rythmique, basse et batterie, il est bigrement efficace et envoie un Chicago blues grand style. Son jeu est percutant, c’est exaltant et séduisant. En plus de ses propres compositions, il nous gratifie de quelques standards ‘Mama Talk To Your Daughter’ (JB Lenoir), ‘Can’t Hold Out’ (Elmore James), ‘Sunny Road Blues’ (Roosevelt Sykes). On est certes en terrain connu, mais c’est l’avantage et la certitude d’une certaine qualité car cette constance apporte une réelle fluidité. Le blues de Magic Slim possède indubitablement force et subtilité tant au niveau musical que vocal. C’est brut et agréable à la fois, à l’image de son interprète, géant débonnaire, dernier pilier historique du Chicago blues. Le bonhomme pourrait se reposer sur ses lauriers, mais comme le dit le titre du CD, Magic Slim met la barre au niveau supérieur.
Gilles Blampain
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Mississippi Heat
Let's live it up !
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Genre musical: Chicago Blues
Compositions: 13 sur 14
Livret : Sobre
Label : DELMARK
Distributeur : DELMARK
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Ce disque dégage une fabuleuse énergie. Pierre Lacocque entraîne tout son monde avec de superbes interventions d’harmonica dans la grande tradition du blues de Chicago dans laquelle il glisse des touches éclatantes de vitalité redonnant ainsi une nouvelle jeunesse à l’idiome de la windy city. Le band distille un blues très dynamique allant du shuffle au jump où viennent parfois se glisser, ici et là, quelques accents gospel ou swing comme pour égayer l’ensemble. Carl Weathersby et John Primer sont à l’image de leur réputation et illuminent les titres sur lesquels ils prennent les solos de guitare, mais Giles Corey n’est pas en reste dans cette partie. Quant aux voix, qu’il s’agisse d’Inetta Visor (10 titres), de Rhonda Preston (1 titre) ou encore de John Primer (3 titres), c’est un vrai festival d’intensité et de feeling, savoureux mélange de force et de suavité. Christopher ‘Hambone’ Cameron, au piano ou à l’orgue, ajoute velouté ou piquant selon les titres, et pour faire bon poids n’oublions pas les percussions, les chœurs et les Chicago Horns qui apportent une touche supplémentaire de chaleur sur 4 chansons. C’est vraiment torride, le band n’usurpe pas son nom et reste fidèle à sa réputation d’excellence.
Gilles Blampain
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North Gospel Quartet
On My Way
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Genre musical: Gospel
Compositions: 0 sur 12
Livret : Beau... sobriétéb très spirituelle
Label : GORGIA EVENEMENTS
Distributeur : myspace.com/northgospelquartet
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Foin des bluesmen diabétiques, des rockers belliqueux, des folkeux dépressifs. Pourquoi pas une parenthèse gospel, histoire d’alléger le chemin de croix ? Le North Gospel Quartet est né dans l’agglomération lilloise, voici quinze ans déjà. Ces quatre agneaux de Dieu ont écumé, depuis, tous les festivals de jazz de la Fille aînée de l’Eglise, et toutes les églises de la Fille aînée des Festivals de jazz… Et ils n’en sont qu’à leur quatrième album. Deux ténors (Stéphane Alaeys et Kader Chikhi), un baryton (Eric Laleu), un baryton basse (Jean-Christophe Beckaert), pas davantage. Quatre voix qui s’épousent a capella, sans effort et sans emphase, avec une grande douceur, une ingénuité pleine de grâce et beaucoup de savoir-faire. L’un chante les paroles, les autres chantent la contrebasse, les accords d’orgue Hammond, parfois le saxo, ou soufflent carrément la section de cuivres. Le quartet à cordes vocales avait démarré sa carrière discographique par le gospel et le jazz, les quatre avaient fait une embardée par la chanson française, ils reviennent fêter leurs trois lustres sur un missel standard : ‘Go Down Moses’, ‘Glory Hallelujah’, ‘Sometimes I Feel Like A Motherless Child’, ‘This Train’ (quelle orchestration vocale !). On n’a pas affaire à un déballage de gospel conceptuel, on n’assiste pas à un prêche grandiloquent confit des trémolos. Juste un alléluia intime, une belle ride sonore qui circule avec une joie simple. Eh bien, Jésus, qu’elle demeure alors !
Christian Casoni
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Willie and the Wheel
Willie and The Wheel
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Genre musical: Western Swing
Compositions: 0 sur 12
Livret : Digipack un peu rétro
Label : PROPER
Distributeur : HARMONIA MUNDI
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Swing! Magnifiquement swing. Willie Nelson & Asleep At the Wheel mettent leurs pas dans les traces de Bob Wills & His Texas Playboys et nous offrent un western swing de la plus belle veine. Une musique qui puise son inspiration au cœur du blues, de la country music et du jazz, avec des airs venus du Texas, de la Louisiane ou du Tennessee. C’est léger, décontracté, joyeux, trépidant, avec un côté joliment rétro. Le CD s’ouvre sur une version d’‘Hesitation Blues’ très enjouée, avec steel guitar, fiddle, trombone, clarinette et un élégant chœur masculin. Tout au long des 12 titres, les guitares sont aériennes, les mandolines comme de la mousseline et les violons vifs et délicats. Le piano est joyeux et les trompettes, les clarinettes et les trombones s’attachent à ajouter encore de l’allégresse. Les titres sont courts, en plus ou moins 3 minutes tout est dit. C’est brillant, alerte et plaisant, l’ensemble donne un sentiment de bien-être et invite à la danse. Cet enregistrement est l’aboutissement d’un projet, qui trottait dans la tête du producteur Jerry Wexler depuis environ 30 ans mais qui ne s’était pas encore concrétisé. Willie Nelson, dont la voix n’est pas altérée par les années, reprend ce répertoire avec un plaisir non feint.
Gilles Blampain
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Yeallow
2891 seconds
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Genre musical: Alternative Pop Rock
Compositions: 12 sur 12
Livret : 4 pages
Label : TRY & DYE
Distributeur : www.myspace.com/yeallow
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Il est vrai que de prime abord, j’ai été un peu surpris de recevoir la deuxième galette fort élégante du groupe strasbourgeois Yeallow…un groupe qui ne fait pas de blues! La sobriété élégante de la pochette de 2891 seconds (c’est le titre de leur album et aussi la durée totale de celui-ci) est en parfaite adéquation avec la musique qui reflète également cette remarquable classe. Vous l’aurez compris, je ne suis pas un expert de ce genre de musique mais j’ai trouvé pour ma part quelques similitudes avec la musique de Pink Floyd, Mike and the Mechanics ou encore de groupes plus actuels comme Radiohead. La musique est bien en place, la production bien léchée et certaines mélodies sont fort bien pensées. Leur musique navigue avec une grande élégance entre guitares rock des années 70 et sons « electro» plus contemporains. Prenez 48 minutes pour écouter ce CD, si vous aimez l’Alternative Pop Rock, vous ne pourrez pas être déçus !
Olivier Raymond
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Janiva Magness
The Devil is an angel too
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Genre musical: Blues Rock, Country Rock
Compositions: 12 sur 12
Livret : Bah !
Label : ALLIGATOR
Distributeur : SOCADISC
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La Canado-Californienne signe encore une fois chez Alligator dont elle est l'une des bouées de sauvetage. Les labels de blues frisant tous le crash phonographique, Bruce Iglauer préfère limiter les risques. Cette production est particulièrement soignée et le son, gonflé à l'intention des DJ. The Devil Is An Angel Too démarre dans la sueur, avec un punch blues-rock et une orchestration assez touffue, décélère en ballades country et retrouve son jarret dans un country-rock de bon aloi, qui cravache juste ce qu'il faut pour faire vibrer le cérumen sans fâcher le tympan. Le chant, musclé sans être agressif, rappelle un peu Kim Carnes dans les blues-rock, un peu Janis Joplin en s'éclaircissant dans la country. Les musiciens sont tous de sérieux toucheurs de bille et de grands doseurs de frappe sauf Zach Zunis, soliste au jeu nerveux, très appuyé, obsessionnel, qui fait merveille dans les climax. Commercial, cet album ? Défaut de personnalité ? Certainement. Les chansons ne sont jamais trop typées. La dernière ('Turn Your Heart In My Direction'), scorie de music-hall country fendue d'un pont de piano comme on n'ose même plus en rêver dans les slows italiens, aurait pu être chantée par Michel Delpech, mais personne n'attend d'Alligator qu'il se laisse couler sans rien tenter. En tout cas, la cible visée est largement atteinte : une écoute agréable, sans autre prétention que le plaisir de la minute qui passe.
Christian Casoni
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Jimmy Thackery & the Drivers
Live in Detroit, big long Buick
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Genre musical: Blues, Rock, Rockabilly
Compositions: 6 sur 10
Livret : Jaquette 8 pans
Label : DIXIEFROG
Distributeur : HARMONIA MUNDI
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1972, Jimmy Thackery rejoint The Nighthawks et participe à la réalisation de 20 albums. 1986, il tourne avec The Assassins et fait du blues, du rock et du r&b. 1991 c’est le moment de monter Jimmy Thackery & The Drivers, power trio musclé, qui enregistrera chez Blind Pig, Telarc, Ryko… Voici aujourd’hui un album réalisé live au Callahan’s Music Hall à Detroit en novembre 2009. On est toujours surpris par l’aspect polymorphe du guitariste de renom qui flirte parfois du côté du rockabilly, blouson en cuir, banane et belles américaines (comme le nom de l’album) avec des guitares acérées et vibratosées, du côté du Dire Straits de Mark Knopfler dans le son velouté et dans la forme… Et puis cerise sur le gâteau, les blues, lents ou rapides, les shuffles, les swings qu’il maîtrise en fin baroudeur avec Russ Wilson (batterie, chant) et Mark Bumgarner (basse). L’artiste n’est pas avare en chorus et solis et change de braquets pour étoffer ces interventions montées comme une belle chantilly. Avec un morceau d’Albert Collins, un autre de Memphis Slim et des compos personnelles qui attisent notre intérêt on se dit que quand on aime le vif et l’enjoué, que diable pourquoi se priver ?
Alain Hermanstadt
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Mark Slim Band
Katrina
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Genre musical: Blues
Compositions: 8 sur 14
Livret : Digipack 3 volets couleur
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : CD BABY
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Mark Slim, Bluesman Italien, a eu l’audace de faire un CD en hommage aux malheureux qui ont subi l’ouragan Katrina. Son Album porte d’ailleurs ce nom là : Katrina. C’est très honorable à plus d’un égard, généreux et probablement le reflet d’une implication forte dans cette catastrophe. Il n’en reste pas moins que c’est un CD de musique blues et qu’il me tarde de l’écouter. J’allume donc ma platine et je monte le son, m’attendant à un son 50’s marqué étant donné ce que ce que j’avais lu dans le courrier qui accompagnait le CD, et là…déception ! Même si on sent l’effort qui a été fait pour aller vers ces sonorités « roots » si alléchantes à priori, c’est sincèrement avec beaucoup de regrets que l’on constate qu’il reste beaucoup de chemin à parcourir au Mark Slim Band pour assurer une bonne prestation, qui de plus est desservie par un chant très médiocre.
Olivier Raymond
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Mountain Men
Spring Time Coming
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Genre musical: Hard-Picking et Rock Agricole
Compositions: 13 sur 14
Livret : Chouette
Label : ECHO PRODUCTIONS
Distributeur : PIAS
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Mountain Men… Les Alpes ou les Appalaches ? Un duo, en tout cas. Mathieu Guillou (Mr. Mat à la scène), guitariste-chanteur au picking cristallin, qui ne rechigne pourtant pas à delta-blouser avec une électricité bien garage. Et son pote Ian Giddey (Barefoot Ianos), un harmoniciste australien hyper-rythmique. Du folk, du blues, de la country, et trois-fois-rien d’un je-ne-sais-quoi n’appartenant pas au biotope sudiste. Mr. Mat : une voix gorgée de tanin, belliqueuse mais sachant nuancer : il tient sans problème les 7’13 du très lent ‘Golden Age’, il transforme une ballade comme ‘My Anger’ en un exercice dévastateur de hard-folk, et s’indigne avec une outrance démesurée, façon Vissotsky, donnant au skip-jamesien ‘Hang Me’ la rage d’un gospel russe ! Barefoot, lui, décroche la timbale quand il scande le chant d’un shuffle sec et frénétique d’harmo. Il peut la jouer passionnel au besoin, mais il traîne la lèvre dans les aigus dès qu’il se prend pour un fiddler. Il faut dire que les titres sont longs, dépouillés, ce qui rend son travail d’autant plus ardu. A l’arrivée, une belle collection de perles à la nostalgie prégnante ou, explosives, à la vitalité désespérée, et… Aïe, ‘Les Marquises’, le totem de l’autre cornichon qu’ils exécutent avec un cabotinage encore plus regrettable ! OK, celle-là, on l’oublie. Méfiez-vous quand même de Spring Time Coming, une œuvre beaucoup plus vicelarde qu’elle n’en a l’air. Sous un picking élégant et un swamp boogie-woogie, vous êtes en train de passer, mine de rien, une véritable épreuve initiatique.
Christian Casoni
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Napoléon Washington
Mud & grace
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Genre musical: Vapeurs de Blues
Compositions: 12 sur 13
Livret : Superbe
Label : DIXIEFROG
Distributeur : HARMONIA MUNDI
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Un musicien un peu à part avec un nom qui ne l’est pas moins. Qu’il joue du Dobro ou du piano sa voix rauque accroche l’oreille. L’artiste helvète inscrit son 3ème CD dans la continuité de ses productions précédentes en proposant un nouvel épisode qui ancre son style dans des ambiances toujours très personnelles. Tempos alanguis et voix profonde nous entraînent dans un univers envoûtant avec des dérives éthérées comme dans des vapeurs de rêves. Les repères se brouillent. Cependant, parfois, fusant de cette torpeur, des flashes d’énergie viennent piquer l’auditeur comme un électrochoc. Pas d’effets sonores superflus ou de distorsions, tout vient de la façon de chanter et de jouer, notamment grâce à l’utilisation judicieuse des cordes et des percussions. Auteur-compositeur, Napoleon Washington s’inspire du blues ou du gospel, qu’il triture, pour en extraire l’essence dont il fait sa musique. Il signe tous les titres qu’il interprète sauf un : ‘Big River’ de Zachary Richard. Egalement habile dans l’art du trait, il est le créateur du graphisme du superbe livret qui accompagne le CD.
Gilles Blampain
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Nina Attal
Urgency
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Genre musical: Soul, Funk
Compositions: 5 sur 5
Livret : Absent
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : www.ninaattal.com
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L’ambiance est résolument soul avec une pointe de funk. C’est pétillant, vif et nerveux, mais non dénué d’une certaine finesse. La voix est agréable, chaude et sexy, les guitares sont brillantes, la rythmique, les claviers et les chœurs sont à l’unisson, sans oublier les cuivres qui sont là à bon escient. Avec ce premier disque Nina Attal, qui ne manque pas de ressort, frappe fort car l’enregistrement a de la force et du charme. L’alliance de la rigueur et de l’émotion donne un son superbe. Le band est bien rôdé et la production est fignolée. Tout a été mis en œuvre pour viser le sans faute et le résultat est là : Excellent ! L’ensemble est bourré d’énergie, de feeling et de sensualité. Les cinq titres, de très belle facture, sont signés Nina Attal et Philippe Devin. Tout a été bouclé en 10 jours de studio. Il y avait urgence à ce qu’on expose notre musique sur un support, dit Nina Attal, d’où le titre du CD, et ces cinq titres ne sont qu’un avant goût d’une très prochaine production plus étoffée. Espérons que cela ne tardera pas, car la brièveté du disque est un peu frustrante et l’on attend avec impatience un enregistrement plus conséquent.
Gilles Blampain
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Plug & Play
Ready for the bounce
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Genre musical: Franchement Rock très Heavy Blues
Compositions: 9 sur 9
Livret : 4 pages ...noir et blanc
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : www.myspace.com/plugnplayband
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Un matin calme…je mets le CD dans ma voiture et là…gros son, voir énorme son, avec tout le charme des guitares saturées à l’ancienne! Pas cette saturation désagréable que vous entendez sur de nombreux disques actuels mais celle bien chaudes des amplis à lampes des années 70. Incontestablement ce groupe a le sens des compositions. Il manie avec style ce subtil mélange de rock sudiste à la Lynyrd Skynyrd, de rock Australien à la AC/DC avec un soupçon de modernité sur quelques riffs rappelant que le groupe doit aussi avoir des influences plus récentes comme White Lion, Queensryche ou encore Extreme. Franchement, Plug & Play a le sens des mélodies accrocheuses, des guitares présentes et efficaces avec quelques très bon soli, le tout soutenu par une mise en place irréprochable et une voix fort bien placée à tout point de vue. Je n’oublie bien évidemment pas la basse et la batterie qui elles aussi font un travail remarquable! On sent immédiatement que ce groupe tourne beaucoup et il me tarde déjà de les voir sur scène tant le show doit être bien rôdé. Ouvrez grand vos esgourdes et ne les ratez pas quand ils passeront prêt de chez vous. They will rock you !
Olivier Raymond
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Roland Tchakounté
Blues Menessen
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Genre musical: Blues, World, Jazz
Compositions: 12 sur 12
Livret : Absent
Label : TUPELO PRODUCTIONS
Distributeur : HARMONIA MUNDI
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Sur des sonorités blues, world music ou jazz, Roland Tchakounté avec sa chaude voix, tour à tour âpre ou soyeuse, nous fait partager son entrain ou sa mélancolie. Exprimé en bamiléké (menessen désigne l’homme noir dans cette langue) et donc hermétique à beaucoup d’auditeurs, l’émotion passe malgré tout. Les commentaires nous apprennent que le propos est empreint de gravité, il évoque les changements qui bouleversent l’Afrique, les rapports humains, l’intolérance, mais aussi l’espoir. Accompagné par Mick Ravassat (guitares) et Mathias Bernheim (percussions) ce disque est comme un voyage à rebours. Il s’ouvre sur un titre lancinant, chargé de la moiteur du Mississippi blues avec une guitare au son légèrement saturé, accompagnée par une batterie et un piano bien présents et se clôt sur des sonorités qui nous transportent du côté de Douala. Entre les deux, Roland Tchakounté nous entraîne dans son voyage musical dans lequel résonnent des rythmes nés des deux côtés de l’Atlantique. Le blues du Delta vibre au rythme des percussions africaines, une mélopée d’Afrique noire est relevée d’un trait de jazz, là, une trompette bouchée soutenue par un piano crée une ambiance jazzy cool, ici une guitare acoustique revient au blues, ailleurs des percussions apportent une nuance funky à un autre titre. Le talent est là, la production est impeccable, il serait vraiment dommage de s’en priver.
Gilles Blampain
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Verbeke & Fils
La P'tite Ceinture
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Genre musical: Folk Rock Louisianophile
Compositions: 10 sur 13
Livret : Bah !
Label : FREMEAUX ET ASSOCIES
Distributeur : SOCADISC
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Le petit segment dynastique rassemble ses gènes dans un exercice où l'un et l'autre excellent : la chanson française américaine, tellement française et tellement américaine qu'elle n'est plus vraiment l'une ni tout à fait l'autre, devenue un genre en soi, un exotisme vernaculaire, rock'n'roll franco-louisianais vaguement folk, tissé de slides subreptices, de trémolos d'ampli, de graves arpèges et de grasses respirations d'harmonica. Deux chants qui sont le jour et la nuit, le fils : voix juvénile, un peu affectée, le père : caverne chantante, voix de rogomme qui grince sur les virgules mélodiques. Steve sort de sa gaufrette des nuées ardentes, des plans de washboard, d'orgue, de lead guitar, de trompette bouchée, des accords musclés d'accordéon… et même des riffs d'harmo ! Patrick, guitariste de proue noueux et mesuré, s'effaçant derrière ses superbes accompagnements pour laisser briller son héritier, comme un qui règle sa succession lors d'un conseil de famille. Fusion culturelle, générationnelle… et métabolique aussi. Les deux titres en tombé de rideau sont éloquents : la bonhomie country de ‘Ragtime Blues’ et ‘Let Me Go Home Whisky’, oraison funèbre enchaînant avec la force et la lenteur dévorante d'un glacier en mouvement. Cet album vibre de toutes ses tôles, comme un compresseur en surtension. C'est le meilleur de l'un et de l'autre.
Christian Casoni
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Yann Lem
Entre blues et granit
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Genre musical: Beizh Blues
Compositions: 11 sur 13
Livret : Avec les textes des chansons
Label : ABSMUSIC
Distributeur : AMAZON
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Ça part sur les chapeaux de roues avec un blues rock au tempo nerveux. Suit un morceau au swing jazzy embellit de jolies phrases d’harmonica. Yann Lem joue le blues dans tous les registres. Hargneux, enjoué, mélancolique, il nous entraîne dans des univers réels ou rêvés, avec des textes bien écrits et chantés d’une voix claire et puissante. Alliage de blues et de chanson française, le résultat est très convaincant. Entouré d’une belle brochette de zicos, Lem mène la danse, soutenu par de puissants riffs de guitares, lourds ou aériens selon les moments, des envolées d’orgue ou de brillants traits d’harmo, quand ce n’est pas par un biniou ou une bombarde, Bretagne oblige. Yann Lem se montre particulièrement excellent dans le registre intimiste et tient un hit avec ‘Pas Encore Mort’. Il signe tous les titres, seul ou en duo avec Patrick Balbin (lead guitar du band), à l’exception de deux reprises ‘Hey Joe’ (version acoustique) de William Moses Roberts Jr. et ‘Baba Boogie’ de Bill Deraime. Deux titres sont doublés, en version raccourcie pour ne pas effrayer les programmateurs de radio, ce qui porte la set list à 15 titres et prolonge un peu l’écoute du CD.
Gilles Blampain
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Bill Deraime - Double CD
Brailleur de fond
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Genre musical: Blues de Bill
Compositions: 24 sur 26
Livret : Superbe avec paroles, photos et commentaires
Label : DIXIEFROG
Distributeur : HARMONIA MUNDI
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Retour sur un parcours de 30 ans de carrière au cours duquel l’artiste a accroché quelques succès teintés de blues, de folk ou de reggae dans notre patrimoine musical. Ceci n’est pas une banale compilation mais plutôt un savoureux coup d’œil (coup de cœur) dans le rétroviseur. Bill Deraime a tenu a réenregistrer toutes ses chansons avec de nouveaux arrangements et surtout avec sa voix qui a mûrie au fil des ans. Auprès de lui il y a bien sûr son vieux compagnon de route, Mauro Serri à la guitare, mais aussi des invités de choix qui avaient déjà posé quelques notes sur d’autres disques, notamment les harmonicistes Pascal Mikaelian, Matthieu Fromont et Vincent Bucher. Sont venus également Boney Fields (trompette), Nadège Dumas et Davyd Johnson (saxophones). C’est un véritable festival : pratiquement deux heures en compagnie d’un artiste dont la sensibilité, l’engagement et la réflexion n’empêchent pas l’humour, car ses combats passent par le cœur et l’esprit. Les chansons de Bill Deraime ce sont l’émotion et la raison mises en musique. Sur les 26 titres présentés, l’homme au béret a tenu à se faire plaisir en rendant hommage à un artiste qui l’a profondément marqué en concluant chaque CD par une chanson de Gary Davis. Cerise sur le gâteau, ce double album présente deux vidéos, une interview et un titre live sur la scène du New Morning.
Gilles Blampain
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Chapel Hill
If these wings should fail
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Genre musical: Songwriting, americana
Compositions: 8 sur 12
Livret : Très bien
Label : COSMOPOLITE RECORDS
Distributeur : contact@cosmopoliterecords.com, www.chapelhillband.com
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Cornaqué par un Yankee distingué, le groupe strasbourgeois signe ici son deuxième album. Hormis quelques arpèges frénétiques, quelques riffs délicats, un poignet plus sec de temps en temps, un quasi-tango (‘Tu Es Mon Faust’), le disque sonne plutôt country acoustique, jusqu'aux versions très scandées de deux célèbres gospels ruraux, chantés avec une rage surprenante : ‘In My Time Of Dying’ et ‘Jesus Is On The Main Line’. La country de Chapel Hill prend des couleurs folk, rock et même tsigane, mais elle habille un genre qu’on pourrait bêtement nommer : chanson d’auteur, une chanson finement composée, portée par une orchestration sans faute de goût ni mégalomanie. Même sous les projos, quand il charge plus rockabilly, le groupe reste au service exclusif de la chanson. Nathan Symes (chant, guitare), Rym Boos (la violoniste), Yves Maillé (le batteur) et Grégory Pernet (contrebasse) évitent soigneusement de se vautrer dans de pathétiques outrances auxquelles se prêterait la dense mélancolie de leurs thèmes, outrances à la Tom Waits quand il s'enlise dans ses propres glaires ! Car ce songwritting justifie bien certaines comparaisons avec Tom Waits, mais eux compensent toujours, heureusement, par une pudeur salutaire. Et bizarrement, c’est Bob Dylan qui entre en résonnance un peu partout, jusqu’au titre ‘Could This Be The End’, rappelant le refrain d’une de ses fameuses charades.
Christian Casoni
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