New Orleans Jazz and Heritage Festival 2009
12 lieux de concerts, 60 concerts par jour

 

 

Le festival qui célèbre la culture louisianaise mêlant la ferveur du gospel et les parades de jazz s’est déroulé cette année les 24, 25, 26 et 30 avril et les 1er, 2 et 3 mai. 40ème anniversaire oblige, la programmation était particulièrement soignée: Robert Cray, Irma Thomas, Etta James, Johnny Winter, Neville Brothers, Joe Cocker, Buckwheat Zydeco, Allen Toussaint, Buddy Guy, lil Ed and the blues Imperials, Bonnie Raitt, Earth Wind and Fire, Ben Harper, Dr John, Marva Wright, John Mayall, CJ Chenier, Solomon Burke, Tab Benoit, Mem Shannon, Sonny Landreth, Roy Rogers, Mavis Staples, Wynton Marsalis, Sharon Jones and The Daps Kings, O'Jays Third World, Emmylou Harris,  Los Lobos ... et des dizaines d'autres.

Evocation d’un trop court week-end, les oreilles grandes ouvertes et le doigt sur le déclencheur de mon appareil photo. D’abord, tout est fait pour agrémenter ce séjour et les choix culinaires sont aussi difficiles que les choix musicaux : gumbo, jambalaya, gator ribs, huîtres, crevettes, écrevisses. Toutes les spécialités louisianaises sont proposées dans les stands et les nombreux bars car il est strictement interdit de pénétrer dans l'enceinte du Jazz Fest avec nourriture et boissons. Mais sachant que le prix d'entrée est fixé à 50 dollars par jour, ça fait rêver quand on connaît le prix des concerts en France.

Vendredi 24 avril - 1er  jour
Acura stage: Mem Shannon and the Membership pour 45 minutes de soul blues. Mem est très à l'aise sur cette grande scène, entouré d’une section de cuivres et d’un orgue hammond.
Dans la Blues tent, Spencer Bohren seul avec sa lap steel enflamme carrément le public.  
Sur la Gentilly stage Amanda Shaw and the Cute Guys distillent un country rock qui met le feu à toute l'assistance. A 18 ans, ce jeune prodige du violon écume les scènes américaines depuis 10 ans. Elle finit son show par une sensationnelle reprise de ‘Should I Stay Or Should I Go’ des Clash en version zydeco.
Dans la Blues tent, c’est le tour de Roy Rogers and the Delta Kings. Roy est un virtuose de la slide guitare. Blues, boogie et même  rock’n’roll et il termine avec Marcia Ball pour une jam finale endiablée.
Sur Gentilly stage, on écoute Booker T Jones sans les MG'S mais avec le groupe sudiste Drive By Truckers.
Dans la blues tent Rockin’ Dopsie Jr attire un public très nombreux et met une ambiance de feu avec son rubboard soutenu par accordéon, batterie, section de cuivres, harmonica, guitares et orgue un Hammond. Vesti Jackson et Tab Benoit le rejoignent sur scène pour une version de ‘Sex Machine’ à tout casser ... Sans conteste, un des meilleurs concerts.
C’est devant 10 000 spectateurs que Joe Cocker donne son show sur Acura stage. On a droit à ‘Come Together’, ‘The Letter’…

Samedi 25 avril – 2ème jour
11 heures du matin, sous la Blues tent Henri Gray and the Cats épaulés par Carol Fran, annoncent la couleur avec un boogie blues de la meilleure cuvée. Concert sympa composé de standards.
Walter Wolfman Washington est sur la grande scène Gentilly avec l'organiste Joe Krown et le batteur Russell Baptiste jr. Trio remarquable avec un super funk blues et la merveilleuse voix soul de Walter. Ovation du public, juste avant le déjeuner.
13h00, les Dixie Cups sont sur la grande scène Acura. La nostalgie envahit le public venu en masse : ‘Iko Iko’, ‘Chapel Of Love’, ‘Stand By Me’ ... Bravo mesdames !
Irma Thomas prend possession des lieux avec son orchestre au grand complet. La soul Queen de New Orleans chante tous ses standards avant de laisser place à Ivan Neville et son funky band Dumptaphunk.
Lil Buck Sinegal puis John Mooney font un show sans surprise sous la Blues tent, avant de laisser la place à la star du jour… Mr Johnny Winter. Il est en forme, il joue toujours assis mais il est arrivée sur scène en marchant. ‘Johnny Guitar’,  ‘Mojo Boogie’, ‘Sugar Coated Love’, ‘Lone Wolf’’.  Il assure, et quand il prend sa mythique Gibson Firebird pour ‘Highway 61’ tout en slide, le public en redemande. Pour sa première participation au Jazz Fest, l'albinos est revenu au top.

Dimanche 26 avril – 3ème jour
Le chanteur guitariste Rockie Charles, accompagné par une section de cuivres qui rappelle le bon vieux son Stax, ouvre la journée sous la Blues tent avec un blues soul très 60's. Vient ensuite Guitar Slim jr qui distille un blues rock tout en puissance
A midi, place à l’accordéoniste Wayne Toups, le Bruce Springsteen cajun comme on le surnomme en Louisiane. Très bon moment qui fait danser le public au son du zydeco.
Sur la grande scène Gentilly le phénomène de la slide guitar : Mr Sonny Landreth. Quelle claque ! Sonny sait tout faire avec son bottleneck et il fait parler sa Stratocaster comme personne. Le public est chaud et on assiste au seul rappel de ce week-end car le timing entre les artistes est très serré. Un rock’n’roll instrumental met le feu aux poudres et Sonny peut regagner les coulisses sous une standing ovation.
Tout ce petit monde est en transe quand le Robert Cray Band fait son apparition et nous gratifie d'un set sans surprise. Robert chante bien avec son timbre soul et joue toujours de magnifiques solos inspirés.
Direction Congo Square stage où Big Monk Boudreaux, le fondateur des Mardis Gras Indians Golden Eagles et ancien des Wild Magnolias fait le spectacle avec ses Indiens qui ont tous revêtus la grande tenue d'apparat. Sous des rythmes louisianais teintés de reggae l'ambiance est festive et tout le monde danse ...Magnifique prestation !
15h00 Gospel tent : Mavis Staples fait frissonner l’auditoire. Elle finit son set avec la reprise de The Band, dont elle a fait un de ses succès, ‘The Weight’.
16h00, la grande scène accueille une autre grande star de ce Jazz Fest : Etta James and the Roots Band. Elle démarre son show avec son tube ‘Come To Moma’. Elle joue avec le public en prenant des poses suggestives et des paroles son souvent à double sens. Le groupe est parfait, Etta est en grande forme. Son show se termine sur un boogie endiablé avec de multiples solos de tous ses musiciens.
Earth Wind And Fire clôture le week-end avec son funk des années 80. Tous les succès du groupe font danser les milliers de spectateurs, ‘Boogie Wonderland’, ‘September’, ‘Fantasy’…
Devant la scène Fais Do Do consacrée au zydeco, Chubby Carrier finit son show. Ça swingue dur et un dernier boogie met fin au week-end.
Il est 19h15 et les 60 000 personnes évacuent le Race Ground en direction des nombreux bus et taxis pour regagner le centre ville.
Le week-end prochain Buddy Guy, Neil Young, Los Lobos, Les Neville Brothers, John Mayall, Bonnie Raitt et beaucoup d'autres se produiront sur les 12 scènes du Jazz Fest. Je ne serai malheureusement plus là, mais je sais que reviendrai l'année prochaine.

En rentrant à l’hôtel j'ai l'agréable surprise de rencontrer et de partager une bière avec Little Willie Littlefield, Dale Hawkins et l'ancien guitariste d'Elvis Presley, James Burton qui sont parmi les invités du Ponderosa Stomp, un concert d'anciennes gloires du rock’n’roll qui se déroule le lendemain à la House Of Blues.
Avant mon départ, je fais une petite visite au magasin de disques Louisiana Music Factory sur Decatur street et j’assiste à un concert de Wiley and the Chekmates, groupe soul r’n’b. Pendant le Jazz Fest, dans ce magasin durant la journée de nombreux artistes se relaient toutes les heures pour des concerts gratuits et la promotion de leur dernier CD.

Serge Martin