Une machine à swinguer bien huilée qui avec la sortie d’un double album (studio + live) fait mouche sur les deux tableaux. Après avoir lâché les chiens, la mécanique rugit encore de plaisir. 5 musiciens remontés comme une horloge.

 

 

Blues Again : Un deuxième album : pas mal de chemin depuis Caroline’s Smile en 2006…
SYH !: Oui et à plus d’un titre. Shake Your Hips! existe depuis maintenant bientôt 5 ans. On avait réalisé un premier album principalement composé de reprises alors on voulait en faire un avec des compositions originales. Mais il y a eu beaucoup de scènes, de travail et le départ de notre ancien bassiste.

Un CD studio et un CD live dans le même album… 
Oui pour montrer les deux aspects du groupe (d’où le titre de l’album), deux facettes de notre personnalité. Tirer profit de notre expérience de la scène d’un côté et de l’autre, le travail de studio. Deux ambiances différentes avec deux CDs complètement différents. On a travaillé avec la même équipe d’ingé-sons sur les deux : Laurent Cruchet et Roger Didier. Beaucoup de travail, tout est multiplié par deux, enregistrement, mixage, packaging, délais de pressage etc… Ce fut une belle aventure musicale et humaine !

Zone de Texte:  Le CD studio est très achevé.
Oui, mais il a été enregistré live… en studio. On souhaitait faire un CD qui ne soit pas un énième disque de blues classique, mais montrer qu’on savait aussi composer des morceaux différents, à base de blues bien sûr, mais avec un côté bien léché et une production aux petits oignons. La réalisation du CD studio nous a fait beaucoup progresser. On a pris le temps au studio Disneyland Paris pour avoir le son et la bonne note au bon moment.

Le CD live c’est pour démontrer votre enthousiasme sur scène ? 
Oui, un enregistrement basé sur l’énergie et notre rapport avec le public. Il a été enregistré à Nantes au festival les Rendez-Vous de l’Erdre. On a eu une approche totalement différente avec un CD brut de décoffrage, sans retouche avec les défauts et les qualités d’un live. Avec l’ambiance et le feeling de cette soirée unique ! On a juste retiré les titres qui étaient déjà sur le premier album et les deux ou trois titres sur lesquels on a eu quelques problèmes techniques.

Pas d’outrances dans les chorus et les solos interminables. 
Sur le CD studio, qui commence par un instrumental, il y a des solos sur tous les titres mais on a vraiment voulu faire un travail soigné, avec juste les bonnes interventions aux bons endroits pour enrichir les chansons. On ne voulait pas étaler la marchandise. Par contre sur le CD live, on s’est quand même beaucoup plus lâchés dans l’improvisation, les riffs et les échanges entre musiciens. On a gagné aussi en maturité.

Toujours aussi rock et blues, mais il y a aussi du r’n’b dans votre fond de commerce.
Notre musique est tout simplement le fruit de nos diverses influences et effectivement, on retrouve un peu tout ça dans notre musique. Le blues, le rock et le r’n’b sont des musiques aux racines communes. Nous écoutons ces styles de musique à longueur de journée…alors à force, il est normal que ça transpire quelque part.

Une nouvelle section rythmique…
Comme on l’a évoqué précédemment, Jérôme Ferrié (le frère du batteur, Olivier) nous a rejoint après le départ de Daniel Boissinot. Il a passé une audition comme d’autres bassistes et tout de suite on a senti une réelle symbiose entre les deux frères qui jouent depuis toujours ensemble.
                             
Une place réservée pour des invités-amis ?
On a d’abord choisi les instruments qu’on voulait entendre et sur quels morceaux on les voulait. On souhaitait aussi un guest,à chaque fois différent, sur un morceau qui serait composé dès le début en pensant à lui, où il aurait une place pour s’exprimer. Pour nous, un invité ne vient pas pour faire joli sur la pochette.
On a choisi des gens qu’on apprécie humainement et dont on est proche. Ils nous ont apporté leurs talents respectifs avec beaucoup de sérieux et d’humilité : Bernard Sellam (Awek) et Pat Boudot-Lamot nous ont gratifiés de très bons soli à la guitare, chacun avec son toucher et un son personnel. Michel Carras, qu’on a rencontré grâce à Bruno Migliano qui le connaît depuis l’époque où il jouait avec Luther Allison, nous a apporté cette couleur si particulière de l’orgue sur le titre certainement le plus r’n’b de l’album. Il s’est mis au service du morceau avec beaucoup de talent. Hervé Bannish Joaquim (Blues Power Band), en plus de sa voix et de son feeling, a été très créatif et force de proposition, du coup le morceau à évolué jusqu’au dernier moment.

Et puis une compositrice particulière pour vos morceaux…
Jean-Marc Henaux : Oui, c’est une de mes amies, Amandine Gaymard qui est comédienne. Lors d’un dîner où je lui parlais de notre futur projet d’album elle a proposé de nous écrire des textes. On s’est dit alors que ce serait intéressant d’avoir un apport extérieur à notre univers blues et de voir ce que cela nous inspirerait. Du coup les sujets traités, avec sa sensibilité féminine, ont été différents de ceux qu’on aurait pu écrire. Freddy Miller, le chanteur, a également composé quatre textes. Dominique Boivin a eu aussi envie de nous écrire une chanson. Et on a aussi marché à l’inverse en composant d’abord des musiques et en écrivant les paroles par la suite, car nous sommes avant tout des musiciens.

Une volonté de surprendre dans vos riffs…
Doit-on prendre ça pour un compliment ? Plaisanterie mise à part, dans le blues, faire quelque chose de différent est souvent un défi… Nombre de groupes sont passés avant nous et ont été plus que productifs avec des riffs efficaces. C’est toujours un enjeu de créer LE riff qui va nous entraîner vers l’écriture d’une chanson, mais je crois qu’effectivement on a essayé de faire des chansons un peu différentes avec notre propre culture blues.

Aujourd’hui quelles sont les influences qui perdurent ?
Je crois que toutes perdurent, qu’elles soient actuelles ou moins récentes. On a beaucoup de respect pour les anciens bluesmen comme Little Walter, Freddie King etc… Mais on suit toujours de prêt des artistes qu’on admire comme  Nico Wayne Toussaint, Greg Zlap ou bien Mason Casey pour l’harmonica. Tommy Castro, Chris Vachon et Buddy Whittington pour la guitare. On est toujours en quête de découvertes, il y a du bon un peu partout, faut juste pouvoir les écouter. Tout cela nous apporte cette richesse musicale.

Une petite place à l’acoustique, une nouvelle ouverture ?
Non, par pour le moment, plutôt un clin d’œil ! Après le 1er album, lors d’une émission de radio nous avons joué en live dans une configuration trio acoustique (chant/harmonica/guitare) et un des animateurs a dit qu’on devrait faire un truc dans ce format car ça sonnait plutôt bien. Du coup on a voulu surprendre aussi par cette approche, mais aussi la réaliser en live. Nous avons encore beaucoup à explorer dans l’électrique. On est avant tout une formation qui revendique le son de Chicago qu’on affectionne tant.

Vers quels horizons vous dirigerez-vous désormais ?
Aujourd’hui on n’est pas fixé sur un horizon bien défini, on préfère laisser les rencontres et surtout nos envies nous faire évoluer.

Alors SYH groupe pop-rock ?
Non, pas du tout ! SYH restera toujours centré sur le blues, parfois blues-rock ou Chicago blues ou r’n’b ou même soul, mais de toute façon on restera fidèle à cette musique qui nous transporte. Elle nous apporte tellement de plaisir à jouer. C’est avec elle qu’on s’exprime le mieux !

Alain Hermanstadt

www.shakeyourhips.fr
http://www.myspace.com/shakeshakeyourhips

Jean-Marc HENAUX               Olivier RAYMOND
Tél : 06 10 12 56 99                Tél : 06 72 99 33 69

Production :
ADORABLUES Association
7, Allée du Château
78720 Cernay la Ville

Discographie :
Caroline's Smile – autoproduction - 2006
Blues Twins – Mosaic - 2010
Participation et Compilations
 One Way - 2007
Trophées Blues-sur-Seine - 2007
Cahors Blues Festival - 2008
Blues-sur-Seine, les 10 ans - 2008

blues: shake your hips