Charlie Fabert
Coup de jeune sur le Blues !

Le sourire, l'ampli, le blues, l'envie. Et puis non, résumer Charlie Fabert en quatre mots ne veut finalement rien dire. Ce grand garçon de 19 ans a déjà ensorcelé tant de publics européens, du bout de ses Fender chéries, qu'il respire, joue et parle de sa musique tel un routard des scènes bleutées. Sa lucidité, sa passion vont forcément le conduire haut, très loin, et pour longtemps.

Tombé dans le chaudron

Au départ, tout est la faute de mon père. Il m'a inoculé les virus led zeppelin , deep purple , le son, l'énergie, surtout cet esprit musical à la richesse insondable. Puis il y eut la découverte de Jimi Hendrix, le dérapage vers les gammes bluesy de Roy Buchanan, Stevie Ray Vaughan, Albert King. Enfin en 2003, j'ai assisté à un concert de Fred Chapellier tout près de chez moi, ce fut l'éclair : « j'ai 15 ans et je jouerai le Blues ».

Six cordes ou rien

La guitare est mon unique instrument. A partir du moment où j'ai entendu ' Stairway To Heaven' , je n'ai pas cherché à essayer autre chose, le magicien venait de réussir son tour. Ma première gratte était une électrique, arrachée à la bonne volonté de mes parents. D'ailleurs, comme on habitait en HLM à l'époque, il était plutôt sage de posséder une bête qu'on peut ne pas brancher, pour respecter le sommeil du voisinage... Aujourd'hui, j'ai une Stratocaster mexicaine bidouillée en micros Kinman, et une Telecaster. Les manches et le grain Fender m'ont toujours vrillé de joie, cela correspond vraiment à mon sens du jeu. Je suis fasciné par les notes qu'on peut en tirer avant même de les raccorder : quand ça sonne avant... ça tonne après ! En revanche, pour composer, j'utilise souvent mon acoustique Blueridge BG-40. A ce propos, je n'ai pas encore eu l'occasion de tester la formule sèche avec mon groupe au complet, mais j'y pense pour l'avenir, cela apporterait une coloration nouvelle sur scène.

Sur la route

J'ai arrêté les études très tôt, car je voulais me consacrer corps et âme à ma passion. Sans prendre de cours, j'ai travaillé et je travaille toujours l'instrument, au gré de mes rencontres avec les autres musiciens. J'ai entamé la tournée des bars en 2005, apprenant à me détendre devant le public. J'y ai rencontré le chanteur Mourad, qui m'a embarqué avec lui sur une tournée de trois semaines en Russie. L'accueil fut magistral, avec les concerts annoncés à la télé, dans la presse, des dizaines de milliers de personnes massées devant les scènes, magnifique !... A mon retour en France, je suis tombé sur Lahcen Bennajem, fondateur et leader de Keur de Sable , un groupe qui mariait le rock et la musique traditionnelle africaine Gnawa. On s'est immédiatement compris, puis retrouvés ensemble sur l'énorme Sziget Festival de Budapest, qui réunit chaque été environ 400 000 visiteurs, une sorte de communion internationale autour des musiques actuelles. Ce fut une super expérience, qu'on a renouvelée lors de l'édition de 2007. Entre temps, j'ai bourlingué en France et en Europe, outre-Rhin surtout.

Max Mercier

... la suite dans Blues Again ! N°15